La Bible en ses Traditions

1 Corinthiens 11,24–34

Crampon

24 et après avoir rendu grâces, le rompit et dit : « [Prenez et mangez] ; ceci est mon corps, [qui sera livré] pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. »

25 De même, après avoir soupé, il prit le calice et dit : « Ce calice est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi. »

26 Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez ce calice, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.

27 C’est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira le calice du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur.

28 Que chacun donc s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice ;

29 car celui qui mange et boit [indignement], sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit son propre jugement.

30 C’est pour cela qu’il y a parmi vous beaucoup de gens débiles et de malades, et qu’un grand nombre sont morts.

31 Si nous nous examinions nous-mêmes nous ne serions pas jugés.

32 Mais le Seigneur nous juge et nous châtie, afin que nous ne soyons pas condamnés avec ce monde.

33 Ainsi, mes frères, lorsque vous vous réunissez pour le repas, attendez-vous les uns les autres.

34 Si quelqu’un a faim qu’il mange chez lui, afin que vous ne vous réunissiez pas pour votre condamnation. Je réglerai les autres choses quand je serai arrivé chez vous.

Réception

Arts visuels

23ss le Seigneur Jésus, la nuit où il était livré prit du pain Contemplation

Mémorial de la Cène et du lavement des pieds à Port Royal

Philippe de Champaigne (1602–1674), La dernière Cène (huile sur toile, 1652), 158 x 233 cm, département des peintures salle 913 — 1124 and MR 613

Musée du Louvre, Paris (France)  © Domaine public→, Jn 13,5-14 ; Mc 14,17-26 ; Mt 26,26-28 ; Lc 22,19-20

Réalisée pour le maître-autel de l'église de l'abbaye de Port-Royal-des-Champs puis transféré à Port-Royal de Paris, le tableau montre l’étonnement des apôtres au soir de la dernière Cène. L’aiguière au premier plan rappelle le lavement des pieds précédant l’institution de l’Eucharistie (Jn 13,5) : le peintre lie étroitement le service des autres au sacrement, selon la volonté du Christ lui-même (Jn 13,14).

La gestuelle des apôtres traduit leur étonnement devant les paroles et les gestes de Jésus « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » (Lc 22,19 //). Jean esquisse un mouvement de retrait, deux autres se le montrent du doigt ; main sur le cœur, Pierre se penche vers le Christ... L’émotion palpable est contenue par des visages pleins de dignité. Judas, reconnaissable à son vêtement jaune orangé, du jaune symbolisant la trahison, n'a pas le regard fuyant de maintes représentations : il a le regard fixé sur son Maître. Mais la main sur la hanche, bourse en main, il semble osciller entre scepticisme et moquerie.

Jésus le sait (Lc 22,21), mais il demeure totalement tourné vers le Père: il vient de consacrer et se donne à jamais comme pain de Vie.