La Bible en ses Traditions

1 Rois 21,13

Crampon

13 et les deux hommes, fils de Bélial, vinrent se mettre en face de lui. Ces hommes de Bélial déposèrent contre Naboth devant le peuple en ces termes : « Naboth a maudit Dieu et le roi ! » Puis ils le menèrent hors de la ville et le lapidèrent, et il mourut.

Texte

Vocabulaire

10c.13c dévoué (V) : ou « béni » ? Lexique religieux latin V lit benedixit Deum et regem, qu'il est difficile de traduire « il a béni Dieu et le roi » (à moins d'y voir une sorte d'ironie christique, le prophète se trouvant puni pour avoir fait... le bien ?)

Comme benedicere peut signifier aussi « consacrer », est ici mobilisé le premier sens du verbe « dévouer→ » en français : donner la vie d'une personne ou d'un animal en sacrifice à une divinité. Dévouer, dans ce sens, entre dans les formules imprécatoires. Milieux de vie 1R 21,10c.13c

Contexte

Milieux de vie

10c.13c dévoué (V) Envoûtements antiques  Vocabulaire. Comme benedicere peut signifier aussi « consacrer », doit-on penser que le traducteur latin a en vue les rituels d'envoûtement / « dévouement » par formulation d'imprécation, voire réalisation de « tablettes de défixion », qui étaient courantes dans les cultures méditerrannéennes antiques ? 

Anonyme, Tablette de défixion contre Rhodinè, détail (partie gauche), (inscription sur plomb, milieu du 1er s. av. J.-C.)

Musée national des Thermes, Bains de Dioclétien, Rome

D.R. photo Marie-Lan Nguyen © CC BY 2.5→ 

Les tablettes de défixion

(defixio en latin, κατάδεσμος / katádesmos en grec ancien : percement ou lien), appelées aussi « tablettes de malédiction » ou « d’envoûtement », constituent le témoignage le plus courant de la magie antique : plus de 1600 exemplaires sont recensés, s’étalant du 4e s. av. J.-C. au 6e s. ap. J.-C., dans l’ensemble du monde gréco-romain. Attesté dans la littérature, leur usage consiste littéralement à « clouer », « lier », une personne ou parfois un animal, afin de les soumettre à sa volonté : de les envoûter. Elles sont en plomb, papyrus, bronze, étain ou terre cuite, inscrites en petites lettres, parfois en mots magiques. Elles se divisent en  defixiones iudicariae, tentant de nuire aux adversaires dans le cadre d’un procès ; defixiones amatoriae visent à attirer une personne aimée ; defixiones agonisticae, dans le contexte est du théâtre ou du cirque, ou de la concurrence économiques ; défixions visant un voleur ou un calomniateur. Les imprécations sont généralement adressés à des dieux infernaux ou liminaux tels que Pluton, Charon, Hécate et Perséphone, parfois par l'intermédiaire d'un mort (probablement le cadavre dans la tombe duquel la tablette était déposée).

En usage dans toutes les classes de la société (Tacite Ann. 3,13rapporte que Cn. Calpurnius Pison fut accusé d'avoir utilisé des maléfices contre Germanicus) elles étaient roulées et percées de clous, parfois accompagnées de figurines également percées de clous, puis placées sous terre : soit enterrées dans des tombes ou des tombeaux, jetées dans des puits ou des bassins, dans des sanctuaires souterrains, clouées aux murs des temples ou placées à l'intérieur de la maison de la cible désirée.

La tablette d'envoûtement en plomb contre Rhodinè

Inscription en latin : « De même que le mort enseveli ici ne peut ni parler, ni converser, de même que Rhodinè soit morte auprès de M. Licinius Faustus et ne puisse ni parler, ni converser. De même qu'un mort n'est reçu ni chez les dieux, ni chez les hommes, que Rhodinè trouve un tel accueil chez M. Licinius, et qu'elle ait autant de force que le mort qui est enseveli ici. Pluton, notre père, je te confie Rhodinè, pour qu'elle soit toujours haïe de M. Licinius Faustus. De même [je te confie] Marcus Hedius Amphio. De même Gaius Popillius Apollonius. De même Vennonia Hermiona. De même Sergia Glycinna. »