Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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10 La parole de Yahweh fut adressée à Samuel, en ces termes :
11 « Je me repens d’avoir établi Saül pour roi, car il s’est détourné de moi, et il n’a pas exécuté mes paroles. » Samuel s’attrista, et il cria vers Yahweh toute la nuit.
12 Samuel se leva de bon matin pour aller à la rencontre de Saül ; et on avertit Samuel en disant : « Saül est allé à Carmel, et voici qu’il s’est élevé un monument ; puis il s’en est retourné et, passant plus loin, il est descendu à Galgala. »
13 Samuel vint vers Saül, et Saül lui dit : « Sois béni de Yahweh ! J’ai exécuté la parole de Yahweh. »
14 Samuel dit : « Qu’est-ce donc que ce bêlement de brebis à mes oreilles, et ce mugissement de bœufs que j’entends ? »
15 Saül répondit : « Ils les ont amenés de chez les Amalécites, car le peuple a épargné le meilleur des brebis et des bœufs pour les sacrifier à Yahweh, ton Dieu ; le reste, nous l’avons voué à l’anathème. »
16 Samuel dit à Saül : « Assez ! Je vais te faire connaître ce que Yahweh m’a dit cette nuit. » Et Saül lui dit : « Parle ! »
17 Samuel dit : « Est-ce que, lorsque tu étais petit à tes propres yeux, tu n’es pas devenu le chef des tribus d’Israël, et Yahweh ne t’a-t-il pas oint pour roi sur Israël ?
18 Yahweh t’avait envoyé dans le chemin en disant : Va, et dévoue à l’anathème ces pécheurs, les Amalécites, et combats-les jusqu’à ce qu’ils soient exterminés.
19 Pourquoi n’as-tu pas écouté la voix de Yahweh, et t’es-tu jeté sur le butin, et as-tu fait ce qui est mal aux yeux de Yahweh ? »
20 Saül dit à Samuel : « Mais oui, j’ai écouté la voix de Yahweh, et j’ai marché dans le chemin où Yahweh m’envoyait. J’ai amené Agag, roi d’Amalec, et j’ai voué Amalec à l’anathème.
21 Et le peuple a pris, sur le butin des brebis et des bœufs, les prémices de l’anathème, pour les sacrifier à Yahweh, ton Dieu, à Galgala.
22 Samuel dit : « Yahweh trouve-t-il du plaisir aux holocaustes et aux sacrifices, comme à l’obéissance à la voix de Yahweh ? L’obéissance vaut mieux que le sacrifice et la docilité que la graisse des béliers.
23 Car la rébellion est aussi coupable que la divination, et la résistance que l’idolâtrie et les théraphim. Puisque tu as rejeté la parole de Yahweh, il te rejette aussi pour que tu ne sois plus roi. »
10 Advint alors à Samuel le verbe du Seigneur (V) FRANÇAIS BIBLIQUE
Le nom verbum, omniprésent dans les Écritures, signifie mot, énoncé, parole(s) et beaucoup plus encore. Il assume les significations des mots hébreu dabar, et grecs rhèma et →logos, cristallisant la méditation sur la coexistence d'un transcendant « langage » avec le Créateur, participé dans la création. Cet usage culmine dans le Nouveau Testament pour désigner le mystère personnel de Jésus désigné comme Logos ou Verbum de Dieu.
L'expression verbum Domini, en particulier, crée donc un fil continu de révélation, de livre en livre. Pour les scribes latins :
Autant que possible, nous traduisons donc verbum par « verbe », le plus souvent sans majuscule, parfois avec.
Drapeau de la francophonie→ © Domaine public
10 Advint alors à Samuel le verbe du Seigneur Symbolisations visuelles d'une telle advenue Les anciens artistes se sont plus à représenter de diverses manière le v/Verbe advenant aux prophètes, par exemples :
Martin (1670-1733) d'après le dessin de Samuel (1641-1707), Jérémie, (gravure sur bois), illustration d'une édition de la Bible de Luther, Leipzig, 1716
© Domaine public ; Digital image courtesy of Pitts Theology Library→
Le prophète porte ses attributs (ici Jérémie avec un bâton et un collier ou une ceinture), mais surtout, il est enveloppé des rayons de l'inspiration du Verbe qui tombent du Ciel.
Sophonie recevant sa prophétie, (gravure sur bois), illustration dans Biblia cu[m] concordantijs veteris & noui testamenti ex sacrorum canonum, 1521
© Domaine public. Digital image courtesy of Pitts Theology Library→
De telles images se comprennent au mieux en regard des représentations visuelles de l'incarnation du Verbe lors de l'Annonciation (cf. Arts visuels Lc 1,1–38), qu'elles préparent, d'une certaine façon, en même temps qu'elles en bénéficient.