La Bible en ses Traditions

1 Timothée 6,3–10

Crampon

Si quelqu’un enseigne des doctrines étrangères et ne s’attache pas aux saines paroles, celles de Notre Seigneur Jésus-Christ, et à l’enseignement conforme à la piété,

c’est un orgueilleux qui ne sait rien, qui a la maladie des recherches et des disputes de mots, d’où naissent l’envie, les querelles, les propos injurieux, les mauvais soupçons,

les discussion sans fin d’hommes pervertis d’esprit et dépourvus de la vérité, qui pensent que la piété est une affaire profitable.

C’est bien une grande affaire profitable que la piété unie au désintéressement,

car nous n’avons rien apporté en ce monde, comme nous n’en pouvons rien emporter.

Si nous avons nourriture et vêtement, nous nous en contenterons.

Pour ceux qui veulent devenir riches, ils tombent dans la tentation, le piège et une foule de convoitises insensées et funestes, qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition.

10 Car la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent, et certains, dans cette convoitise, se sont égarés loin de la foi et se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de tourments.

Propositions de lecture

1,1–6,21 Introduction →Timothée et Tite

Réception

Arts visuels

1–21 un grand avantage que la piété Foi et mépris des richesses 

Allégorie

Simon Vouet (1590-1649), La Richesse (huile sur toile, ca. 1640), 170 x 124 cm

Musée du Louvre, Paris (France) © Domaine Public→

Une femme imposante se tient assise devant un décor architectural ; vêtue de riches drapés aux couleurs chaudes, elle porte une couronne de laurier sur la tête et de grandes ailes d'ange. Certains y voient la figure allégorique de la foi.

Elle entoure fermement de ses bras un enfant posé sur ses genoux. D'un air presque boudeur, celui-ci regarde le ciel qu'il désigne de sa main potelée : il symbolise l'attachement aux réalités célestes. Les yeux résolument tournés vers le sol, la jeune femme semble cependant sous le charme d'un petit angelot qui, à sa droite, lui tend deux colliers de perles et de pierres précieuses, allégorie des richesses et biens terrestres. Les mots de Paul résonnent avec force : « car la racine de tous les maux, c'est l'amour de l'argent, et certains, dans cette convoitise, se sont égarés loin de la foi » (1Tm 6,10). 

À ses pieds, gisent deux natures mortes. À gauche, des vases d'orfèvrerie dont l'un est orné de l'histoire d'Apollon et Daphné, comme pour rappeler la vanité des plaisirs terrestres. À droite est posé un livre ouvert : est-ce une Bible ou un livre de prière, faisant écho à l'enfant désignant les réalités célestes ? Ou bien un livre profane symbolisant la vanité du savoir livresque au regard de la foi ?

9s Un emblême contemporain de la cupidité Le peintre dominicain contemporain, Jacek Hajnos OP, tire ce passage rarement représenté dans l'histoire de l'art une saisissante image :

Jacek Hajnos, OP (1989-), Chciwość [Cupidité], gravure à l'eau-forte, 2011, 34 x 25,5 cm, coll. priv. © D.R. J. Hajnos→ 

La cupidité est ici une série de bouches qui s'avalent (ou se vomissent ?) l’une après l’autre, ou comme ce qui sort de l’homme pour saisir et pour avaler. Comme en 1Tm 6 , c'est une source monstrueuse de chaos dans le monde.