La Bible en ses Traditions

Esther 8,1–19

Crampon

Ce même jour, le roi Assuérus donna à la reine Esther la maison d’Aman, l’ennemi des Juifs, et Mardochée se présenta devant le roi, car Esther avait fait connaître ce qu’il était pour elle.

Le roi ôta son anneau, qu’il avait repris à Aman, et le donna à Mardochée ; et Esther établit Mardochée sur la maison d’Aman.

Ensuite Esther parla de nouveau en présence du roi ; se jetant à ses pieds, elle le supplia avec larmes d’écarter les effets de la méchanceté d’Aman, du pays d’Agag, et des projets qu’il avait formés contre les Juifs.

Le roi tendit le sceptre d’or à Esther, qui se releva et se tint debout devant le roi.

« Si le roi le trouve bon, dit-elle, et si j’ai trouvé grâce devant lui, si la chose paraît convenable au roi et si je suis agréable à ses yeux, qu’on écrive pour révoquer les lettres conçues par Aman, fils d’Amadatha, du pays d’Agag, et écrites par lui dans le but de faire périr les Juifs qui sont dans toutes les provinces du roi.

Car comment pourrais-je voir le malheur qui atteindrait mon peuple, et comment pourrais-je voir l’extermination de ma race ? »

M V
G
S

Le roi Assuérus dit

Vrépondit à la reine Esther et au Juif Morᵉdŏkay

VMardochée : — Voici, la

VLa maison d'Hāmān

VAman, j’ai l'ai donné à Esther et il a été pendu au bois

Vj'ai ordonné que lui-même fût attaché à la croix, pour avoir porté  la main contre les Juifs.

Et le roi s'adressa à Esther : — Si j'ai donné toutes les possessions d'Aman, que je t'ai gratifiée et que je l'ai pendu au bois, parce qu'il a porté la main sur les Juifs, que cherches-tu encore à obtenir ?

...

Crampon

Vous, écrivez en faveur des Juifs comme il vous plaira, au nom du roi, et scellez avec l’anneau du roi ; car une lettre écrite au nom du roi et scellée avec l’anneau royal ne peut être révoquée. »

Les secrétaires du roi furent alors appelés, le vingt-troisième jour du troisième mois, qui est le mois de Sivan, et l’on écrivit, conformément à tout ce qu’ordonna Mardochée, aux Juifs, aux satrapes, aux gouverneurs et aux chefs des provinces, des cent vingt-sept provinces situées de l’Inde à l’Ethiopie, à chaque province selon sa langue, et aux Juifs selon leur écriture et selon leur langue.

10 On écrivit au nom du roi Assuérus, et l’on scella avec l’anneau royal. On expédia les lettres par l’intermédiaire de courriers à cheval, montés sur des coursiers de l’Etat, provenant des haras du roi.

11 Par ces lettres, le roi permettait aux Juifs, en quelque ville qu’ils fussent, de se rassembler et de défendre leur vie, de détruire, de tuer et de faire périr, avec leurs petits enfants et leurs femmes, les troupes de chaque peuple et de chaque province qui les attaqueraient, et de livrer leurs biens au pillage,

12 et cela en un seul jour, dans toutes les provinces du roi Assuérus, le treizième jour du douzième mois, qui est le mois d’Adar.

M V S
G

12a  

12a Ce qui suit est une copie de cette lettre :

Crampon

12b Assuérus, le grand roi, aux satrapes et aux chefs des cent vingt-sept provinces, de l’Inde à l’Ethiopie, et à tous ceux qui ont à cœur nos intérêts, salut !

12c Plusieurs, après avoir été comblés de distinctions par la grande bonté des princes leurs bienfaiteurs, deviennent arrogants. Non seulement ils prennent à tâche d’opprimer nos sujets, mais, incapables de porter le poids des honneurs, ils ourdissent des trames contre ceux qui les en ont revêtus.

12d Ce n’est pas assez pour eux de bannir la reconnaissance du milieu des hommes ; enflés par le fastueux éclat d’une fortune inaccoutumée, ils vont jusqu’à se persuader qu’ils pourront échapper à la justice vengeresse de Dieu, qui toujours voit toutes choses.

12e Maintes et maintes fois, le langage artificieux des hommes que l’amitié des princes avait chargés d’administrer les affaires, a engagé dans d’irrémédiables maux ceux qui étaient à la tête des empires, en les rendant complices de l’effusion du sang innocent ;

12f les fallacieux mensonges de la malice trompant ainsi la bienveillante simplicité des gouvernants.

12g Et ce n’est pas seulement dans les anciennes histoires (comme nous venons de le rappeler), que vous pourrez voir des actes impies dus à l’influence pestilentielle de ceux qui exercent indignement le pouvoir ; vous le pourrez mieux encore en examinant ce qui se passe auprès de vous.

12h Il nous faut donc pourvoir à l’avenir, afin d’assurer, en faveur de tous, la tranquillité et la paix du royaume ;

12i opérant les changements nécessaires et jugeant avec prudence les choses qui se présentent à nous, afin d’y faire face avec une constante équité.

12k Vous savez en effet comment Aman, fils d’Amadatha, un Macédonien, vraiment étranger à la race des Perses et fort éloigné de notre mansuétude, ayant été recueilli par notre hospitalité,

12l éprouva les effets de la bienveillance que nous portons à tous les peuples, jusqu’à être appelé notre père et à voir tout le monde se prosterner devant lui, comme possédant la dignité la plus proche du trône royal.

12m Mais incapable de porter dignement une si haute fortune, il s’étudia à nous priver de la royauté et de la vie.

12n Par toutes sortes d’artifices et de mensonges, il s’efforça de perdre et Mardochée, qui nous a sauvé et toujours utilement servi, et Esther, la compagne irréprochable de notre royauté, avec leur peuple tout entier.

12o De cette manière il espérait nous surprendre dans l’isolement et livrer l’empire des Perses aux Macédoniens.

12p Mais ces Juifs, voués à la mort par le plus scélérat des hommes, nous avons reconnu qu’ils n’étaient coupables d’aucune faute, mais qu’ils obéissent à des lois très justes,

12q et qu’ils sont les enfants du Dieu très haut, très grand et éternellement vivant, lequel, pour nous comme pour nos ancêtres, conserve ce royaume dans l’état le plus florissant.

12r C’est pourquoi vous ferez bien de ne pas tenir compte des lettres envoyées par Aman, fils d’Amadatha, attendu que l’auteur de ces crimes a été pendu au bois, avec toute sa maison, devant les portes de Suse ; Dieu, Maître souverain de toutes choses, lui ayant infligé sans retard le châtiment mérité.

12s Qu’une copie de la présente lettre soit publiquement exposée en tous lieux : permettez aux Juifs de suivre leurs lois en toute liberté, et prêtez-leur assistance, afin qu’ils puissent repousser l’attaque de ceux qui, durant les jours d’oppression, se sont élevés contre eux ; et cela, le treizième jour du douzième mois, appelé Adar, en un même jour.

12t Car Dieu, le Maître de toutes choses, a changé, pour la race choisie, ce jour de malheur en un jour d’allégresse.

12u Vous donc, célébrez aussi ce grand jour avec toutes sortes de réjouissances, comme une de vos fêtes solennelles, afin qu’il soit, maintenant et dans l’avenir, pour nous et pour tous ceux qui sont affectionnés aux Perses, un gage de salut, et qu’il rappelle au contraire la ruine de ceux qui complotent contre nous. 

12x Toute ville, et généralement toute contrée qui n’aura pas suivi ces prescriptions, sera dévastée par la fureur du fer et du feu, de telle sorte qu’elle soit à jamais non seulement inaccessible aux hommes, mais encore abhorrée des bêtes sauvages et des oiseaux.

13 : ’’ Voir le texte de l’édit, fragment VIII, ch. 16, 1-24. ’’

14 Une copie de l’édit, qui devait être publié comme loi dans chaque province, fut adressée ouverte à tous les peuples, afin que les Juifs fussent prêts ce jour-là à se venger de leurs ennemis.

15 Aussitôt les courriers, montés sur des coursiers de l’Etat, partirent en toute hâte, d’après l’ordre du roi. L’édit fut aussi publié dans Suse, la capitale.

16 Mardochée sortit de chez le roi avec un vêtement royal bleu et blanc, une grande couronne d’or, et un manteau de byssus et de pourpre ; et la ville de Suse témoignait sa joie par des cris d’allégresse.

17 Il n’y avait pour les Juifs que bonheur et joie, jubilation et gloire.

18 Dans chaque province et dans chaque ville, partout où arrivaient l’ordre du roi et son édit, il y eut pour les Juifs de la joie et de l’allégresse, des festins et des fêtes. Et beaucoup de gens d’entre les peuples du pays se firent Juifs, car la crainte des Juifs les avait saisis.