La Bible en ses Traditions

Exode 39,2–7

Crampon

On fit l’éphod d’or, de pourpre violette, de pourpre écarlate, de cramoisi et de lin retors.

On étendit l’or en lames et on les coupa en fils, que l’on entrelaça dans la peinture violette, la pourpre écarlate, le cramoisi et le fin lin ; ouvrage de dessin varié.

On fit des épaulettes pour le joindre, et ainsi il était joint à ses deux extrémités.

La ceinture pour attacher l’éphod en passant dessus faisait corps avec lui et était du même travail ; elle était d’or, de pourpre violette, de pourpre écarlate, de cramoisi et de lin retors, comme Yahweh l’avait ordonné à Moïse.

On fit les pierres d’onyx enchâssées dans des chatons d’or. sur lesquelles on grava les noms des fils d’Israël,

comme on grave les cachets. On les plaça sur les épaulettes de l’éphod comme pierres de souvenir pour les enfants d’Israël, comme Yahweh l’avait ordonné à Moïse.

Contexte

Milieux de vie

28,6–14 ; 29,5 ; 39,2–7 éphod Un nom polysémique pour un objet énigmatique

Théo Truschel, Évocation du grand prêtre revêtu des ornements sacrés (image numérique, 2020)

D.R. Theo Truschel © BEST aisbl

Métonymie

L'hébreu biblique applique le nom d'éphod (étymologie incertaine) à plusieurs réalités différentes :

  • l'antique vêtement des prêtres : l'éphod bad, sorte de « pagne de lin », couvrant peu le corps, que portaient les ministres du culte, cf. 1S 2,18 ; 22,18 ;  2S 6,14.20) ; 
  • l'éphod instrument de culte (Jg 8,27 ; 17,5 ; 18,14.17.20), utilisé pour des pratiques divinatoires, espèces de sorts sacrés visant à consulter Dieu (cf. 1S 2,28 ; 14,3.18 ; 21,10 ; 23,6-11 ; 30,7) ;
  • l'éphod du grand prêtre, sorte de corselet rebrodé en fils précieux, maintenu par une ceinture et des bretelles formant épaulettes, sur lesquelles sont sertis deux gemmes gravés aux noms des tribus d'Israël.

À ce corselet est attaché

Approximations

De toute évidence, les auteurs antiques eux-mêmes sont dans une certaine confusion :

  • Même dans l'« histoire sainte » racontée par l'Écriture, l'usage de l'éphod divinatoire, avec les sorts sacrés, n'est plus attesté après David.­ 
  • en Pr 16,33 l'éphod-pectoral placé sur la poitrine du grand prêtre en Ex 28,6 est assimilé à l'éphod-réceptacle des sorts sacrés, 1S 2,28 ;
  • Flavius Josèphe A.J. 3.214-18 conçoit l'éphod comme un outil de divination sans bien distinguer entre les douze pierres du pectoral (Milieux de vie Ex 28,15–30) et les deux pierres du scapulaire peut-être identifiables au Urim et auThummim (Milieux de vie Ex 28,29s).