La Bible en ses Traditions

Genèse 49,29–33

Crampon

29 Puis il leur donna cet ordre : « Je vais être réuni à mon peuple ; enterrez-moi avec mes pères dans la caverne qui est dans le champ d’Ephron, le Héthéen,

30 dans la caverne du champ de Macpéla, en face de Mambré, au pays de Chanaan : c’est la caverne qu’Abraham a acquise d’Ephron, le Héthéen, avec le champ, pour avoir un sépulcre qui lui appartienne.

31 C’est là qu’on a enterré Abraham et Sara, sa femme, c’est là qu’on a enterré Isaac et Rebecca, sa femme, et c’est là que j’ai enterré Lia. »

32 Le champ et la caverne qui s’y trouve ont été acquis des fils de Heth.

33 Lorsque Jacob eut achevé de donner ses ordres à ses fils, ayant retiré ses pieds dans le lit, il expira et fut réuni à ses pères.

Propositions de lecture

1–33 Jacob fut le père des douze tribus d'Israël Quel est le rapport entre Jacob, Israël et le Judaisme ?

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En 2012, lors de leur concert à Paris-Bercy, Kanye West et Jay-Z jouent douze fois leur titre Ni**as in Paris. Oui vous avez bien lu : 12 fois ! Alors pourquoi une telle répétition ? Parce que le public le réclamait bien sûr…

Jay-Z & Kanye West, Ni**as In Paris, performance à Paris-Bercy, 2012 © Licence YouTube standard

Mais aussi parce que les deux rappeurs sont fascinés par les symboles bibliques : et quoi de plus symbolique, dans les Écritures, que le nombre 12 ?

Douze fils et douze tribus d'Israël

Jacob est le patriarche à qui Dieu donne son nom d'« Israël » au moment de son fameux combat avec l'Ange, en Gn 32. Ici, nous nous intéressons aux douze fils de Jacob, de qui naquirent les douze tribus d’Israël.

Anonyme (cercle de Bartolomé Estéban Murillo), Jacob et Rachel au puits, (huile sur toile, 17e s.), 930 x 1492 cm

Dulwich Picture Gallery, Londres © Wikicommons→, Ct 2

Dès le livre de la Genèse, ce nombre 12 détermine la répartition légendaire du territoire d’Israël entre les 12 fils qui formeront autant de tribus.

Partage du pays de Canaan entre les 12 tribus d'Israël, (numérique, 2022), Jérusalem,

M.R. Fournier © BEST AISBL, Jos 13-21 

Le livre de la Genèse détermine la répartition légendaire des 12 tribus telle qu'elle est décrite par le  Jos1,1-24,34. Or, la ville de Bethléem se trouvait dans le territoire de la tribu de Judah. Et ce n'est pas un détail !

Le fils et la tribu le plus célèbre : Juda

Dans le texte de Gn 49, Jacob prononce 12 bénédictions. Nous n’avons retenu qu’un seul des 12 bénédictions que prononce Jacob, celle pour son fils Juda (Gn49,8-12). Pourquoi ? Parce que sa postérité historique est incroyable. Deux exemples :

  • Son nom « Juda » se transmet à chaque membre de sa tribu qu'on appelle « Judéen », en grec Ἰουδαίος (Ioudaios) qui a donné le terme français juif ou anglais Jewish. Ce terme qui désigne les membres du judaïsme trouve donc son ancrage scripturaire dans ce nom du fils de Jacob-Israël. Un Juif est donc au sens biblique du terme « fils d’Israël ».
  • Le territoire de la tribu de Juda comprend une sacrée petite ville : Bethléem. À Bethléem naquirent deux personnages centraux des Écritures : le roi David et Jésus. Or, le roi David et Jésus-Christ sont en ligne directe héritiers de la tribu de Juda et de leur père Israël. On rappelle qu'Israël est fils d’Isaac et petit-fils d’ Abraham (l’arbre généalogique commence à bien prendre forme !).

à la famille !

Qu'est-ce que le Judaïsme ?

Le judaïsme et Israël ont donc un lien indissociable dans l'Écriture. Et c'est l'Israélien et le religieux dominicain que fut Marcel Dubois qui offre la conclusion :

  • « Israël, est-ce la communauté, la loi, la liturgie, la langue, la terre, le pays actuel ? Ces réalités sont diversement liées les unes aux autres : Israël, pour moi, c’est un dialogue avec Dieu à travers ce langage culturel complexe. Je crois que si on est conscient de l'origine biblique d'Israël, la formule de saint Augustin Memoria sui memoria Dei (« Se souvenir de soi-même c’est se souvenir de Dieu ») devient plus exigeante pour un Juif que pour tout autre. Si je fais mémoire de ce que je suis comme juif, j'appartiens au vouloir de Dieu, par conséquent cette mémoire me conduit à Dieu. » (O.-T. Venard, M.-J, Dubois et A. Laurent, Nostalgies d’Israël, entretiens avec le P. M.-J. Dubois, « L’Histoire à vif », Cerf, Paris, 2006, p.153).

Réception

Liturgie

1–33 ; 50,15–26 Liturgie catholique latine