Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 En ce temps-là, Ezéchias fut malade à la mort. Le prophète Isaïe, fils d’Amos, vint auprès de lui et lui dit : « Ainsi dit Yahweh : Donne tes ordres à ta maison, car tu vas mourir, et tu ne vivras plus. »
2 Ezéchias tourna son visage contre le mur et pria Yahweh ; il dit :
3 « Souvenez-vous, ô Yahweh, que j’ai marché devant votre face avec fidélité et intégrité, et que j’ai fait ce qui est bien à vos yeux ! » Et Ezéchias versa des larmes abondantes.
4 Et la parole de Yahweh fut adressée à Isaïe en ces termes :
5 « Va, et dis à Ezéchias : « Ainsi dit Yahweh, le Dieu de David, ton père, : J’ai entendu ta prière, j’ai vu tes larmes ; voici que j’ajouterai à tes jours quinze années.
6 Je te délivrerai, toi et cette ville, de la main du roi d’Assyrie ; je protégerai cette ville.
7 Et voici pour toi le signe donné par Yahweh, auquel tu connaîtras que Yahweh accomplira cette parole qu’il a dite :
8 Voici que je vais faire reculer l’ombre en arrière, des degrés qu’elle a descendus sur les degrés d’Achaz sous l’influence du soleil, soit de dix degrés. Et le soleil recula de dix degrés sur les degrés qu’il avait descendus.
9 Ecrit d’Ezéchias, roi de Juda, lorsqu’il fut malade et qu’il guérit de sa maladie :
10 Je disais : Dans la paix de mes jours je m’en vais aux portes du schéol ; je suis privé du reste de mes ans !
11 Je disais : Je ne verrai plus Yahweh, Yahweh sur la terre des vivants ; je ne verrai plus les hommes, parmi les habitants du silencieux séjour !
12 Ma demeure est enlevée, emportée loin de moi comme une tente de bergers. Comme un tisserand, j’ourdissais ma vie ; il me retranche du métier ! Du jour à la nuit tu en auras fini avec moi !
13 Je me suis tu jusqu’au matin ; comme un lion, il brisait tous mes os ; du jour à la nuit tu en auras fini avec moi !
14 Comme l’hirondelle, comme la grue, Je crie ; je gémis comme la colombe ; mes yeux se sont lassés à regarder en haut « Yahweh, on me fait violence ; sois mon garant !
15 Que dirais-je ? Il m’a dit, il l’a fait. Je marcherai humblement pendant toutes mes années, me souvenant de l’amertume de mon âme.
16 Seigneur, c’est en cela qu’est la vie, en tout cela est la vie de mon esprit. Vous me guérissez, vous me rendez la vie : voici que ma suprême amertume se change en paix !
17 Vous avez retiré mon élue de la fosse de perdition ; vous avez jeté derrière votre dos tous mes péchés.
18 Car le schéol ne vous célèbre pas, la mort ne chante pas vos louanges ; ceux qui descendent dans la fosse n’espèrent plus en votre fidélité.
19 Le vivant, le vivant, c’est lui qui vous célèbre, comme je le fais en ce jour ; père fera connaître à ses enfants votre fidélité.
20 Yahweh a été prompt à me sauver ; nous ferons résonner les cordes de ma harpe ; tous les jours de notre vie, devant a maison de Yahweh.
21 Isaïe dit : « Qu’on apporte une masse de figues, et qu’on l’applique sur l’ulcère et que le roi guérisse ! » Et Ezéchias dit : « A quel signe connaîtrai-je que je monterai à la maison de Yahweh ? »
10s A porta inferi
Ténèbres au tombeau - Laudes: Antienne et Cantique "A porta inferi" cantique d'Isaïe 38, (CD, 2005)
Dom Jean Claire, chœur des moines de l'abbaye de Solesmes
12 ma vie a été découpée comme par un tisserand Symbolisme anthropologique du tissage La plasticienne contemporaine Nicole Dufour renouvelle la méditation du poète inspiré, elle explore les virtualités symboliques du tissage dans des sortes de gammes visuelles
Nicole (1957-) Jours sur toile, variations, (papier tressé, encre de Chine, vernis, 2004-5), 40 x 70 cm chacune, Kyoto (Japon), coll. de l’artiste,
D.R. Nicole Dufour→ © BEST aisbl Jb 7,6 ; Is 38,12
Ici se donnent à voir le temps, la patience et l’habileté du filage, la durée et la complication du tissage, les stoppages, reprisages ou ravaudages comme autant de symboles des (més-)aventures de la chair.
1 Mets en ordre ta maison car tu vas mourir et tu ne vivras pas Un memento mori de Jean-Sébastien Bach : son Actus Tragicus (BWV 106) Isaïe annonce à Ézéchias au nom de Dieu qu'il va mourir. La sentence tombe comme un couperet : « Mets en ordre ta maison car tu vas mourir et tu ne vivras pas ». Le roi entend prononcer pour lui par le prophète ce terrible cran d'arrêt mis à la vie humaine, le décrêt de châtiment irrévocable attaché à la consommation du fruit de l'arbre défendu : « Tu mourras de mort (môt tāmût) » (Gn 2,17).
Cette parole joue un rôle-clé dans la cantate de Jean-Sébastien Bach nommée Actus Tragicus (BWV 106). Au mouvement 2c, le chœur chante : « Bestelle dein Haus, denn du wirst sterben und nicht lebendig bleiben », qui est exactement l'oracle de Dieu qu'Isaïe dit à Ézéchias en Is 38,1. Cette cantate est l'une des premières de Bach, composée à Mühlhausen entre septembre 1707 et juin 1708, alors qu'il était âgé d'à peine vingt-deux ans.
Johann Sebastian (1685-1750), Cantate Gottes Zeit..., dite 'Actus Tragicus' - BWV 106, 1707-1708,
Enregistré le 16 mai 2015, Oostkerk, Middelburg, Pays-Bas . Jos Van Veldhoven dir. ; Netherlands Bach Society : Dorothee Mields, soprano ; Alex Potter, alto ; Charles Daniels, tenor ; Tobias Berndt, basse) — Plus d'informations sur BWV 106 et cette production ici→
© Licence YouTube standard, Gn 2,17 ; Is 38,1 ; Lc 2,29-32 ; Lc 23,43 ; Ap 22,20
0:00 Sonatine — 2:42 Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit (Chœur) — 4:49 Ach, Herr, Lehre uns bedenken (Arioso) — 7:06 Bestelle dein Haus (Aria) — 8:11 Es ist der alte Bund (Chœur et arioso) — 12:00 In deine Hände (Aria) — 14:19 Heute wirst du mit mir im Paradies sein (Arioso) — 17:55 Glorie, Lob, Ehr und Herrlichkeit (Chœur).
Elle comprend deux parties : la première envisage la mort du point de vue de l'Ancien Testament ; la seconde, du point de vue du Nouveau. La séparation de l'ancienne et de la nouvelle alliance détermine la structure symétrique de la cantate.