Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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15 Regardez du ciel et voyez, de votre demeure sainte et magnifique ; Où sont votre zèle et votre puissance, le frémissement de vos entrailles et votre pitié ? Pour moi, ils se sont arrêtés.
16 Car vous êtes notre père ; car Abraham nous ignore, et Israël ne nous connaît pas. Vous, Yahweh, vous êtes notre père ; notre Rédempteur : c’est votre nom dès les âges anciens.
17 Pourquoi, ô Yahweh, nous feriez-vous errer loin de vos voies, endurciriez-vous notre cœur contre votre crainte ? Revenez, pour l’amour de vos serviteurs, et des tribus de votre héritage !
18 Votre peuple saint a possédé le pays bien peu de temps ; nos ennemis ont foulé aux pieds votre sanctuaire.
19 Nous sommes depuis longtemps comme un peuple que vous ne gouvernez pas, sur lequel votre nom n’est pas invoqué. Ah ! si vous déchiriez les cieux, si vous descendiez, — les montagnes seraient ébranlées devant vous ! –
64,1 comme un feu qui embrase le bois sec, comme un feu qui fait bouillonner l’eau, pour manifester votre nom à vos adversaires, de sorte que les nations tremblent devant vous,
64,2 en faisant des choses terribles, inattendues, — vous descendriez, les montagnes seraient ébranlées devant vous ! –
64,3 dont jamais on n’eût entendu parler ! Jamais on n’a entendu, nul œil n’a vu un Dieu autre que vous, agir ainsi pour qui espère en lui.
64,4 Vous venez au-devant de qui pratique avec joie la justice, de qui, marchant dans vos voies, se souvient de vous. Voici que vous étiez courroucé, et nous étions coupables ; — il en est ainsi depuis longtemps : serions-nous sauvés ? –
64,5 Nous étions tous semblables à un homme impur, et toutes nos justices étaient pareilles à un vêtement souillé. Nous étions tous flétris comme la feuille, et nos iniquités nous emportaient comme le vent.
64,6 Il n’y avait personne qui invoquât votre nom, qui se réveillât pour s’attacher à vous. Car vous nous aviez caché votre visage, et vous nous laissiez périr dans nos iniquités.
64,7 Et maintenant, ô Yahweh, vous étés notre père ; nous sommes l’argile, et vous celui qui nous a formés ; nous sommes tous l’ouvrage de votre main.
64,8 Ne vous irritez pas à l’extrême, ô Yahweh : et ne vous souvenez pas à jamais de l’iniquité. Regardez donc : nous sommes tous votre peuple !
64,9 Vos villes saintes sont devenues un désert ; Sion est devenue un désert, Jérusalem une solitude.
64,10 Notre maison sainte et glorieuse, où nos pères célébraient vos louanges, est devenue la proie des flammes, et tout ce qui nous était cher a été dévasté.
64,11 En face de ces maux, vous contiendrez-vous, ô Yahweh ? Vous tairez-vous et nous affligerez-vous à l’excès ?
63,16 tu es notre père TEXTE Incipit d'une des plus célèbres prières de la Synagogue : « Avinou Malkenou »
Cette prière est chantée durant les dix jours de repentance entre Rosh Hashana et Yom Kippour, incluse dans les prières du matin (Shaharit) et du soir (Minha). Depuis le 17e s., la plupart des communautés ashkénazes orientales le récitent aussi tous les jours de jeûne.
La prière est interprétée à plusieurs voix, selon des arrangements différents selon les traditions, certaines alternant intonation des versets par un soliste et répons par la communauté, par exemple.
Dans le rite ashkénaze oriental, l'Arche est ouverte pendant Avinu Malkenu, et refermée à la fin ; dans le rite ashkénaze occidental, l'Arche n'est ouverte que le matin du jour de Rosh Hashana et durant toutes les prières de Yom Kippour, mais pas l'après-midi de Rosh Hashana ni le reste des dix jours de repentance. Dans la tradition séfarade, l'Arche n'est pas ouverte.
( ben Yosef attr.), Avinu malkenu
Miguel Sánchez, dir., Canto espiritual judeoespañol (CD, "Ibèrica" HMI 98 7015 Harmonia Mundi "musique d'abord" HMA 195 7015, 1997), avecAlia Musica : Angel Iznaola (voix), Flavio Oliver (voix), Albina Cuadrado (voix), Jose Antonio Carril (voix), Aziz Samsaoui (kanun), Miguel Sánchez (voix, ud), Carlos Garcia (voix, kemanya), Carlos Ghiringhelli (voix, nay, kaval)
© Licence YouTube standard, Notre Père Is 63,16 ; notre roi Is 33,22
La reconstitution médiévale ci-dessus interprète les versets suivants :
Anonyme, Avinu malkenu, fragment : texte chanté sur le CD Canto espiritual judeoespañol, Domaine public © Arrangement BEST aisbl
« Notre Père, notre Roi, écoutez notre voix, ayez pitié et compassion de nous. — Notre Père, notre Roi, faites-le pour vous, sinon pour nous — Notre Père, notre Roi, accepte avec miséricorde et faveur notre prière — Notre Père, notre Roi, nous vous en supplions, ne nous renvoyez pas les mains vides loin de vous ! »
Sur la base de l'anaphore isaïenne, la supplication semble s'être développée librement, jusqu'à des séquences assez longues. Aujourd'hui, la tradition séfarade présente 29 versets ; dans la tradition mizrahi, la version syrienne présente 31 ou 32 versets, la yéménite 27, la salonicienne 53, la tradition ashkénaze a 38 versets, la version polonaise 44, tous avec des séquences différentes.
Le rite hashkenaze→ propose des variantes selon les jours :
La prière, célèbre, a donné lieu à bien des interprétations populaires.
אבינו מלכנו — מלכנו כתבנו —בספר חיים טובים, בספר חיים —אבינו מלכנו — מלכנו כתבנו — בספר גאולה וישועה, בספר גאולה וישועה —— אבינו מלכנו — כתבנו, חתמנו — בספר חיים טובים — אבינו מלכנו — כתבנו, חתמנו — בספר גאולה וישועה —— אבינו מלכנו — מלכנו כתבנו — בספר חיים טובים, בספר חיים טובים — אבינו מלכנו — כתבנו, חתמנו— בספר חיים טובים —— אבינו מלכנו — כתבנו, חתמנו — בספר גאולה וישועה — אבינו מלכנו — כתבנו, חתמנו — בספר חיים טובים — אבינו מלכנו — כתבנו, חתמנו — גאולה וישועה... —— אבינו מלכנו — כתבנו, חתמנו — בספר חיים טובים — אבינו מלכנו — כתבנו, חתמנו — בספר גאולה וישועה— כתבנו, חתמנו — בספר גאולה וישועה —— אבינו מלכנו — כתבנו, חתמנו — בספר חיים טובים — אבינו מלכנו — כתבנו, חתמנו — בספר גאולה וישועה — אבינו מלכנו — כתבנו, חתמנו — בספר חיים טובים — אבינו מלכנו — בספר גאולה וישועה
« Notre père, notre roi — Notre roi, inscris-nous — dans le livre de vie, dans le livre de vie — Notre père, inscris-nous, scelle-nous — dans le livre de vie —— Notre père, notre roi — inscris-nous, scelle-nous — dans le livre de la rédemption et du salut —— Notre père notre roi — inscris-nous, scelle-nous—dans le livre de vie —— notre père notre roi — inscris-nous, scelle-nous — Rédemption et Salut ... —— Notre père, notre roi — notre roi, inscris-nous — dans le livre de vie, dans le livre de vie — Notre père, inscris-nous, scelle-nous — dans le livre de la rédemption et du Salut — notre père notre roi — inscris-nous, scelle-nous — dans le livre de vie —— Notre père notre roi — dans le livre de la rédemption et du salut. »
( ben Yosef attr.), Avinu malkenu
Shulem , UMG Recordings, Inc., 2019
© Licence YouTube standard
63,19 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Verset lu dans les récitatifs d'introduction à la prière journalière du matin.
45,8 ; 64,5–11 ; 16,1 ; 40,1 ; 35,4 ; 41,13s Rorate cæli - Cieux répandez la rosée
, Répons - Rorate cæli desuper
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
© Abbaye du Barroux→, Is 45,8.64,5-11.16,1.40,1.35,4.41,13s Lm 1,9 Ex 4,13 Jr 30,10 Mi 4,9
L'hymne du « Rorate Cæli desuper » est par excellence le chant grégorien du Temps de l'Avent. Son refrain est tiré du Livre d'Isaïe (Is 45,8) : « Cieux, épanchez-vous là-haut, et que les nuages déversent la justice, que la terre s’ouvre et produise le salut ». Cette rosée qui tombe du ciel pour féconder la terre et faire descendre le Juste, c'est-à-dire Dieu Lui-même, c'est le Saint-Esprit, et la terre qui s'ouvre sous cette influence céleste et fait germer le Sauveur, c'est le sein très pur de la Vierge Marie.
R. Roráte caeli désuper, et nubes pluant iustum.
R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le Juste.
1. Ne irascáris, Dómine, ne ultra memíneris iniquitátis:
1. Ne te mets pas en colère, Seigneur, ne garde plus souvenir de l’injustice.
ecce cívitas Sancti tui facta est desérta:
Voici, la cité sainte est devenue déserte,
Sion desérta facta est : Ierúsalem desoláta est:
Sion a été désertée, Jérusalem est en désolation,
domus sanctificatiónis tuae et glóriae tuae, ubi laudáverunt te patres nostri
la maison de ta sanctification et de ta gloire, où nos pères avaient dit tes louanges.
2. Peccávimus, et facti sumus tamquam immúndus omnes nos,
2. Nous avons péché et sommes devenus impurs. et cecídimus quasi fólium univérsi
Nous sommes tombés comme des feuilles mortes
et iniquitátes nostrae quasi ventus abstúlerunt nos :
et nos iniquités nous ont balayés comme le vent.
abscondísti fáciem tuam a nobis, et allilísti nos in manu iniquitátis nostrae.
Tu as détourné de nous ta face, et nous as brisés sous le poids de nos fautes.
3. Vide Dómine, afflictiónem pópuli tui
3. Vois, Seigneur, l’affliction de ton peuple,
et mitte quem missúrus es :
et envoie celui que tu dois envoyer :
emítte agnum dominatórem terrae, de petra desérti, ad montem fíliae Sion :
envoie l’Agneau, le maître de la terre, de Pétra dans le désert jusqu’à la montagne de ta fille Sion,
ut áuferat ipse jugum captivitátis nostrae
afin qu’il ôte le joug de notre captivité.
4. Consolámini, consolámini, pópule meus, cito véniet salus tua.
4. Consolez-vous, consolez-vous, mon peuple : votre salut viendra vite,
Quare mærore consúmeris, quare innovávit te dolor ?
Pourquoi es-tu consumé dans l’affliction, pourquoi la douleur se renouvelle-t-elle en toi ?
Salvábo te, noli timore; Ego enim sum Dóminus Deus tuus,
Je te sauverai, n’aie pas peur, moi, je suis le Seigneur Dieu,
Sanctus Israël Redémptor tuus.
Le Saint d’Israël, ton Rédempteur.
64,7 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Ce verset est cité dans les rogations des prières journalières du matin.
64,3 Promesses des temps messianiques
63,19 si vous déchiriez les cieux, si vous descendiez L'icône comme intention de l'invisible : le regard de l'icône déchire les cieux
64,1–12 La prière d'Isaïe
, Entre la nuit et l'aurore (enluminure, 10e s.)
in Psautier de Paris, ms. gr.139, f.435v, Constantinople
Bibliothèque Nationale de France→, Paris, © Domaine public
Alors qu'Isaïe prie Dieu de déchirer les cieux, la main divine apparaît, exauçant la prière du prophète.
63,15 Ô Seigneur, regarde du ciel
Jonathan (1738-1801), O Lord Look Down From Heaven, 1765
The Choir of New College, Oxford
© Licence YouTube standard, Is 63,15
Look down from heaven, and behold from the habitation of thy holiness and of thy glory: where is thy zeal and thy strength, the sounding of thy bowels and of thy mercies toward me? are they restrained? (Is 63,15)
Jonathan (mai 1738-10 décembre 1801) était un compositeur anglais, un claviériste et un ténor de concert. Il a commencé sa carrière en tant que compositeur en écrivant de la musique de théâtre, mais s'est ensuite consacré à travailler comme organiste et compositeur pour l'Église d'Angleterre. Il est considéré comme l'un des grands compositeurs anglais de musique sacrée du XVIIIe siècle et on se souvient surtout aujourd'hui de son hymne en sept parties Call to Remembrance, qui a longtemps survécu dans les répertoires des chœurs de la cathédrale.
64,8 Ne t'irrite pas trop, Seigneur Ne irascaris Domine
William (ca. 1540/1543-1623), Ne irascaris Domine, 1589
Choir of Durham Cathedral
Ne irascaris Domine satis, et ne ultra memineris iniquitatis nostrae. Ecce respice populus tuus omnes nos. Civitas sancti tui facta est deserta. Sion deserta facta est, Jerusalem desolata est. (Is 64,9s)
William est un compositeur et organiste anglais de la Renaissance. Son importance pour la musique anglaise est aussi grande que la musique d'orgue de pour la musique italienne.