La Bible en ses Traditions

Job 13,1–14,22

Crampon

Voilà que mon œil a vu tout cela, mon oreille l’a entendu et compris.

Ce que vous savez, moi aussi je le sais, je ne vous suis en rien inférieur.

Mais je veux parler au Tout-Puissant, je veux plaider ma cause avec Dieu.

Car vous n’êtes que des charlatans, vous êtes tous des médecins inutiles.

Que ne gardiez-vous le silence ! Il vous eût tenu lieu de sagesse.

Ecoutez, je vous prie, ma défense, soyez attentifs au plaidoyer de mes lèvres.

Parlerez-vous mensonge en faveur de Dieu, pour lui, parlerez-vous tromperie ?

Ferez-vous pour Dieu acception de personnes, vous constituerez-vous avocats ?

Vous en saura-t-il gré, s’il sonde vos cœurs ? Le tromperez-vous comme on trompe un homme ?

10 Certainement il vous condamnera, si vous faites en secret acception de personnes.

11 Oui, sa majesté vous épouvantera, ses terreurs tomberont sur vous.

12 Vos arguments sont des raisons de poussière, vos forteresses sont des forteresses d’argile.

13 Taisez-vous, laissez-moi, je veux parler ; il m’en arrivera ce qu’il pourra.

14 Je veux prendre ma chair entre les dents, je veux mettre mon âme dans ma main.

15 Quand il me tuerait, que je n’aurais rien à espérer, je défendrai devant lui ma conduite.

16 Mais il sera mon salut, car l’impie ne saurait paraître en sa présence.

17 Ecoutez donc mes paroles, prêtez l’oreille à mon discours.

18 Voici que j’ai préparé ma cause, je sais que je serai justifié.

M
G S
V

19 Qui est celui qui plaidera contre moi ? Car maintenant je me tais et je meurs

19 ...

19 Qui est celui qui plaidera contre moi ? Qu'il vienne ! Pourquoi me consumerais-je en me taisant ? 

Crampon

20 Seulement épargne-moi deux choses, ô Dieu, et je ne me cacherai pas devant ta face :

21 éloigne ta main de dessus moi, et que tes terreurs ne m’épouvantent plus.

22 Après cela, appelle, et je répondrai ; ou bien je parlerai d’abord, et tu me répondras.

23 Quel est le nombre de mes iniquités et de mes péchés ? Fais-moi connaître mes transgressions et mes offenses.

M V
G S

24 Pourquoi caches-tu ta face et me considères-tu comme ton ennemi ?  

24 ...

Crampon

25 Veux-tu donc effrayer une feuille agitée par le vent, poursuivre une paille desséchée,

26 pour que tu écrives contre moi des choses amères, pour que tu m’imputes les fautes de ma jeunesse,

27 pour que tu mettes mes pieds dans les ceps, que tu observes toutes mes démarches, que tu traces une limite à la plante de mes pieds,

M
G S
V

28 et lui, il se décompose comme un arbre mort la mite le dévore comme un vêtement.

28 ...

28 Moi qui suis consumé comme une chose putréfié et comme un vêtement qui est rongé par une teigne.

Crampon

14,1 L’homme né de la femme vit peu de jours, et il est rassasié de misères.

14,2 Comme la fleur, il naît, et on le coupe ; il fuit comme l’ombre, sans s’arrêter.

14,3 Et c’est sur lui que tu as l’œil ouvert, lui que tu amènes en justice avec toi !

14,4 Qui peut tirer le pur de l’impur ? Personne.

14,5 Si les jours de l’homme sont comptés, si tu as fixé le nombre de ses mois, si tu as posé un terme qu’il ne doit pas franchir,

14,6 détourne de lui tes yeux pour qu’il se repose, jusqu’à ce qu’il goûte, comme le mercenaire, la fin de sa journée.

14,7 Un arbre a de l’espérance : coupé, il peut verdir encore, il ne cessera pas d’avoir des rejetons.

14,8 Que sa racine ait vieilli dans la terre, que son tronc soit mort dans la poussière,

14,9 dès qu’il sent l’eau, il reverdit, il pousse des branches comme un jeune plant.

14,10 Mais l’homme meurt, et il reste étendu ; quand il a expiré, où est-il ?

14,11 Les eaux du lac disparaissent, le fleuve tarit et se dessèche :

14,12 ainsi l’homme se couche et ne se relève plus, il ne se réveillera pas tant que subsistera le ciel, on ne le fera pas sortir de son sommeil.

14,13 Oh ! Si tu voulais me cacher dans le séjour des morts, m’y tenir à couvert jusqu’à ce que ta colère ait passé, me fixer un terme où tu te souviendrais de moi !

14,14 Si l’homme une fois mort pouvait revivre ! Tout le temps de mon service j’attendrais qu’on vînt me relever.

14,15 Tu m’appellerais alors, et moi je te répondrais ; tu languirais après l’ouvrage de tes mains.

14,16 Mais hélas ! Maintenant, tu comptes mes pas, tu as l’œil ouvert sur mes péchés ;

14,17 mes transgressions sont scellées dans une bourse, et tu mets un enduit sur mes iniquités.

M
G S
V

14,18 Pourtant la montagne s'effondre en tombant, le rocher quitte sa place 

18 ...

18 La montagne disparaît en s'écroulant et le rocher est détaché de son lieu,

Crampon

14,19 les eaux creusent la pierre, leurs flots débordés entraînent la poussière du sol : ainsi tu anéantis l’espérance de l’homme.

14,20 Tu l’abats sans retour, et il s’en va ; tu flétris son visage, et tu le congédies.

14,21 Que ses enfants soient honorés, il n’en sait rien ; qu’ils soient dans l’abaissement, il l’ignore.

M
G S
V

14,22 Cependant sa chair souffre pour lui et son âme se lamente sur lui. 

22 ...

22 Toutefois sa chair, tant qu'il vivra, souffrira, et son âme pleurera sur lui.