Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 La vie de l’homme sur la terre est un temps de service, et ses jours sont comme ceux du mercenaire.
2 Comme l’esclave soupire après l’ombre, comme l’ouvrier attend son salaire,
3 ainsi j’ai eu en partage des mois de douleur, pour mon lot, des nuits de souffrance.
4 Si je me couche, je dis : « Quand me lèverai-je ? Quand finira la nuit ? » et je suis rassasié d’angoisses jusqu’au jour.
5 Ma chair se couvre de vers et d’une croûte terreuse, ma peau se gerce et coule.
6 Mes jours passent plus rapides que la navette, ils s’évanouissent : plus d’espérance !
7 O Dieu, souviens-toi que ma vie n’est qu’un souffle ! Mes yeux ne verront pas le bonheur.
8 L’œil qui me regarde ne m’apercevra plus ; ton œil me cherchera, et je ne serai plus.
9 Le nuage se dissipe et passe ainsi, celui qui descend au shéol n'en remontera pas ;
9 ...
9 Comme le nuage se dissipe et passe, ainsi celui qui sera descendu aux enfers n'en remontera pas ;
10 il ne retournera plus dans sa maison ; le lieu qu’il habitait ne le reconnaîtra plus.
11 C’est pourquoi je ne retiendrai pas ma langue, je parlerai dans l’angoisse de mon esprit, j’exalterai mes plaintes dans l’amertume de mon âme.
12 Suis-je la mer ou un monstre marin, pour que tu poses une barrière autour de moi ?
13 Quand je dis : « Mon lit me soulagera, ma couche calmera mes soupirs, »
14 alors tu m’effraies par des songes, tu m’épouvantes par des visions.
15 Ah ! Mon âme préfère la mort violente, mes os appellent le trépas.
16 Je suis en proie à la dissolution, la vie m’échappe pour jamais. Laisse-moi, car mes jours ne sont qu’un souffle.
17 Qu’est-ce que l’homme, pour que tu en fasses tant d’estime, que tu daignes t’occuper de lui,
18 que tu le visites chaque matin, et qu’à chaque instant tu l’éprouves ?
19 Quand cesseras-ru d’avoir le regard sur moi ? Quand me laisseras-tu le temps d’avaler ma salive ?
20 Si j’ai péché, que puis-je te faire, ô Gardien des hommes ? Pourquoi me mettre en butte à tes traits, et me rendre à charge à moi-même ?
21 Que ne pardonnes-tu mon offense ? Que n’oublies-tu mon iniquité ? Car bientôt je dormirai dans la poussière ; tu me chercheras, et je ne serai plus.
6 mes jours s'en vont plus vite que n'est coupé le fil du tisserand et les voici consumés Tissage et tressage symboles de la condition humaine Éclose non seulement dans les cours, mais aussi dans les ateliers des artisans, la sagesse biblique détecte dans les travaux manuels de nombreux symbolismes existentiels profonds. Elle est sensible en particulier à ceux qui émergent des activités de fil et d’aiguilles, où doivent s’allier patience et dextérité, du côté de l’artisan, et où la solidité de l’étoffe doit triompher de la fragilité du fil, du côté de la toile. En résultent de beaux symboles, depuis l’image du Dieu tisserand, jusqu’à celle de la condition humaine, alternance de bonheurs et de malheurs où l’homme se sent filé, tressé, brodé, ou usé, troué, stoppé, reprisé, ravaudé, raccomodé…
Nicole (1957-),,,,),, Jours sur toile, variations, (papier tressé, encre de Chine, vernis, 2004-5), 40 x 70 cm chacune, Kyoto (Japon)
Coll. de l’artiste D.R. Nicole Dufour→ © BEST aisbl, Jb 7,6 ; Is 38,12
La plasticienne contemporaine Nicole Dufour renouvelle cette méditation. Elle explore les virtualités symboliques du tissage dans des sortes de gammes visuelles où se voit le temps, la patience et l’habileté du filage, le temps et la complication du tissage, les stoppages, reprisages ou ravaudages comme autant de symboles des (més-)aventures de la chair.