Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
Pour nous apporter votre aide, cliquer ici
22 Mais efforcez-vous de la mettre en pratique, et ne vous contentez pas de l’écouter, en vous abusant vous-mêmes par de faux raisonnements.
23 Car, si quelqu’un écoute la parole et ne l’observe pas, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir le visage qu’il tient de la nature :
24 à peine s’est-il considéré, qu’il s’en est allé, oubliant aussitôt quel il était.
25 Celui, au contraire, qui fixe son regard sur la loi parfaite, la loi de liberté, et qui l’y lient attaché, n’écoutant pas pour oublier aussitôt, mais pratiquant ce qu’il a entendu, celui-là trouvera son bonheur en l’accomplissant.
26 Si quelqu’un s’imagine être religieux sans mettre un frein à sa langue, il s’abuse lui-même et sa religion est vaine.
27 La religion pure et sans tache devant notre Dieu et Père, n’est pas autre qu’avoir soin des orphelins et des veuves dans leur détresse, et se préserver pur des souillures de ce monde.
23 il sera comparé à un homme observant le visage de sa naissance dans un miroir La parole comparée au miroir : le « miroir » comme genre littéraire ? Dans ce verset, l'auteur compare celui qui écoute la parole sans la mettre en pratique à un homme qui se regarde dans un miroir.
Le lien entre parole (éventuellement parole écrite et consignée dans un livre, d'où elle peut ensuite être proclamée) et miroir dans lequel on peut s'évaluer soi-même, a pu jouer un certain rôle dans la naissance du genre littéraire du speculum, ou « miroir », terme souvent employé dans le titre d'ouvrages d'édification religieuse et morale.
On songe en particulier au « miroirs aux princes », traités médiévaux destinés aux dirigeants pour leur rappeler leurs devoirs moraux et les valeurs chrétiennes qu'ils devaient incarner dans leur conduite personnelle et leur gouvernance. L'image du miroir, dans les deux cas, suggère auto-examen et engagement. Pour Jacques, le croyant doit mettre en œuvre la parole de Dieu ; pour les auteurs des « miroirs aux princes », le dirigeant doit traduire en actes les idéaux de justice, de piété et de vertu.
Les « miroirs aux princes », apparus à l'époque carolingienne, s'inspirent des rois de l'Ancien Testament (Ézéchias, Josias, David et Salomon) et des empereurs chrétiens tels que Constantin ou Justinien pour offrir aux princes de cette époque des modèles à imiter. Ils s’inscrivent dans une longue tradition littéraire.
Alors virent le jour les Miroirs les plus célèbres :
Il ne s'agit pas vraiment d'un genre littéraire, car ces Miroirs forment un ensemble d’œuvres sans unité formelle à proprement parler, mais avec une certaine unité de contenu par leurs prétentions morale, politique, religieuse et historiographique.
, Page décorée avec armes de Guillaume de Cambrai, (pigments naturels sur codex imprimé, 15e s.)
dans Vincent , Speculum historiale, f.004, inc. 234, t. I, Bibliothèque Municipale→, Bourges
© CC Initiales →
Etienne (16e s., 1523-1541 attesté), Jean de Salisbury discourant devant une foule, (pigments naturels sur parchemin, ca. 1520-1525), 35 cm x 23,5 cm
dans Jean , Policratique, f.003, n°1145, Bibliothèque Sainte-Geneviève→, Paris
© CC Initiales→