Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 Qui est comme le sage, et qui connaît comme lui l’explication des choses ? La sagesse d’un homme fait briller son visage, et la rudesse de sa face est transfigurée.
2 Je te le dis : Observe les ordres du roi, et cela à cause du serment fait à Dieu ; ne te hâte pas de t’éloigner de lui.
3 Ne persiste pas dans une chose mauvaise ; car tout ce qu’il veut, il peut le faire ;
4 La parole du roi, en effet, est souveraine, et qui lui dira : « Que fais-tu ? »
5 Celui qui observe le précepte n’éprouve rien de mal, et le cœur du sage connaîtra le temps et le jugement.
6 Il y a en effet, pour toute chose, un temps et un jugement, car il est grand le mal qui tombera sur l’homme.
7 Il ne sait pas ce qui arrivera, et qui lui dira comment cela arrivera ?
8 L’homme n’est pas maître de son souffle, pour pouvoir retenir son souffle, et il n’a aucune puissance sur le jour de sa mort ; Il n’y a pas de dispense dans ce combat, et le crime ne saurait sauver son homme.
9 J’ai vu toutes ces choses, en appliquant mon cœur à toute l’œuvre qui se fait sous le soleil, en un temps où un homme domine sur un homme pour le malheur de celui-ci.
10 Et alors j’ai vu des méchants recevoir la sépulture et entrer dans leur repos, tandis que s’en vont loin du lieu saint et sont oubliés dans la ville des hommes qui ont agi avec droiture ; cela encore est vanité.
11 Parce que la sentence portée contre les mauvaises actions ne s’exécute pas en toute hâte, à cause de cela le cœur des enfants des hommes s’enhardit en eux à faire le mal ;
12 Mais quoique le pécheur fasse cent fois le mal, et prolonge ses jours, je sais, moi, que le bonheur est pour ceux qui craignent Dieu, qui sont dans la crainte en sa présence.
13 Mais le bonheur n’est pas pour le méchant ; et pareil à l’ombre, il ne prolongera pas ses jours, parce qu’il ne craint pas Dieu.
14 Il est une autre vanité qui se produit sur la terre : c’est qu’il y a des justes auxquels il arrive des choses qui conviennent aux œuvres des méchants ; et il y a des méchants auxquels il arrive des choses qui conviennent aux œuvres des justes. Je dis que cela encore est une vanité.
15 Aussi j’ai loué la joie, parce qu’il n’y a de bonheur pour l’homme sous le soleil qu’à manger et à boire et à se réjouir ; et c’est là ce qui doit l’accompagner dans son travail, pendant les jours de vie que Dieu lui donne sous le soleil.
16 Lorsque j’ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse et à considérer la tâche qui s’accomplit sur la terre, car ni le jour ni la nuit l’homme ne voit de ses yeux le sommeil,
17 J’ai vu toute l’œuvre de Dieu ; j’ai vu que l’homme ne saurait trouver l’œuvre qui se fait sous le soleil ; l’homme se fatigue à chercher, et ne trouve pas ; même si le sage veut connaître, il ne peut trouver.
1,1–14,14 SYNAGOGUE Lecture juive à Sûkkôt De nos jours, à la synagogue, de nombreux Juifs lisent Qohélet (l'Ecclésiaste) à la fête des Huttes (Sûkkôt). Le choix de ce livre vient de ce que cette fête célèbre dans la joie (Musique) le souvenir des huttes où Dieu avait fait habiter son peuple après la sortie d’Égypte et du fait que Qo est censé faire la promotion de la joie (Qo 2,24ss ; 3,12.22 ; 5,17ss ; etc.).
Peut-être peut-on aussi voir dans les tentes, les Sûkkôt que construisent les Juifs pour cette fête, et dans laquelle ils vivent durant plusieurs jours, un vivant symbole et un rappel liturgique de la fragilité du séjour de l'homme sur la terre, thème si central dans le livre de Qohélet ?
Simon , « Sukkah in Mea Shearim, Jewish ultra-othordox neighbourhood, Jerusalem », (photographie numérique, 2008)
Le temps de la fête, pieds des immeubles et balcons se transforment, avec des planches, en résidences plus frêles, où revivre l'expérience de la liberté et de la joie des nomades au désert ...
Simon , « Sukkah near Western Wall in Jewish Quarter, Jerusalem », (photographie numérique, 2008)
La proximité des éphémères constructions de Sukkot et du mur occidental, vestige du Temple résidence du Nom sur la terre, donne à méditer, dans l'esprit de l'Ecclésiaste, sur ce qui est stable et sur ce qui passe, dans la relation entre l'homme et Dieu...
1,1–12,14 Liturgie synagogale : une des lectures principales de la fête de Sukkoth (Tentes)
La lecture du Livre de Qohelet au cours de l'office du matin du sabbat de hol hamoëd (« [période] profane du temps fixé » : période de quelques jours mi-chômés entre le début et la fin de la fête de Pâque et de la fête ddes Tentes), ou du premier jour de la fête, si le 15 tishre est un sabbat, est une institution rabbinique tardive visant à maintenir les manifestations de joie à un seuil raisonnable. Les discussions sur la vanité de l'existence et le rappel que l'homme rendra compte de tous ses actes devant Dieu viennent tempérer l'allégresse. Arts visuels Qo 1,1–12,14
1,1–12,14 Questions sur l’inspiration du livre (Séminaire des Sources Chrétiennes — HiSoMA→)
Qo a fait l’objet d’un nombre appréciable de commentaires, d’homélies et de citations chez les auteurs patristiques, qui reconnaissaient généralement le caractère inspiré, et même prophétique, du livre.
Le mot rêmata, « paroles » (Qo 1,1), amène en particulier des réflexions sur l’inspiration de l’Esprit Saint et le caractère prophétique de l’Ecclésiaste, par exemple
Le caractère déroutant de certaines affirmations a de fait conduit certains exégètes à les interpréter comme dites au nom d’autres personnes.
Selon plusieurs, Salomon aurait donc rapporté dans son livre maintes doctrines impies ou hérétiques afin de les combattre. Par exemple :
Cela peut conduire à élargir le propos à toute l’Église, sans remettre en question le bien-fondé des affirmations :
Les témoignages de rejet ou de prudence vis-à-vis du livre sont assez rares :
6,1–8,17 Ma fin est mon commencement
Guillaume (1300-1377), Ma fin est mon commencement
Fairy Consort, label Panidea
"Et quand il vivrait deux fois mille ans, sans jouir du bonheur, tout ne va-t-il pas au même lieu ?" (Qo 6,6).
Guillaume de Machaut est le plus célèbre compositeur et écrivain français du XIVe siècle. Ce Rondeau illustre dans un style médiéval la répétition sans fin du cycle du temps dont parle l'Ecclésiaste.