La Bible en ses Traditions

Sagesse 1,16–2,20

Crampon

16 Mais les impies appellent la mort du geste et de la voix ; la regardant comme une amie, ils se passionnent pour elle, ils font alliance avec elle, et ils sont dignes, en effet, de lui appartenir.

2,1 Ils se sont dit, raisonnant de travers : « Il est court et triste le temps de notre vie, et, quand vient la fin d’un homme, il n’y a point de remède ; on ne connaît personne qui délivre du séjour des morts.

2,2 Le hasard nous a amenés à l’existence, et, après cette vie, nous serons comme si nous n’avions jamais été ; le souffle, dans nos narines, est une fumée, et la pensée, une étincelle qui jaillit au battement de notre cœur.

2,3 Qu’elle s’éteigne, notre corps tombera en cendres, et l’esprit se dissipera comme l’air léger.

2,4 Notre nom tombera dans l’oubli avec le temps, et personne ne se souviendra de nos œuvres. Notre vie passera comme une trace de nuée ; elle se dissipera comme un brouillard, que chassent les rayons du soleil, et que la chaleur condense en pluie.

G V
S

2,5  Car notre temps est le passage d’une ombre

et notre fin n'a pas de retour

parce qu'elle est scellée et nul ne revient.

Vreviendra.  

...

Crampon

2,6 « Venez donc, jouissons des biens présents ; usons des créatures avec l’ardeur de la jeunesse,

2,7 enivrons-nous de vin précieux et de parfums, et ne laissons point passer la fleur du printemps.

2,8 Couronnons-nous de boutons de roses avant qu’ils ne se flétrissent.

2,9 Qu’aucun de nous ne manque à nos orgies, laissons partout des traces de nos réjouissances ; car c’est là notre part, c’est là notre destinée.

2,10 « Opprimons le juste qui est pauvre ; n’épargnons pas la veuve, et n’ayons nul égard pour les cheveux blancs du vieillard chargé d’années.

2,11 Que notre force soit la loi de la justice ; ce qui est faible est jugé bon à rien.

2,12 Traquons donc le juste, puisqu’il nous incommode qu’il est contraire à notre manière d’agir, qu’il nous reproche de violer la loi, et nous accuse de démentir notre éducation.

2,13 Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et se nomme fils du Seigneur.

2,14 Il est pour nous la condamnation de nos pensées, sa vue seule nous est insupportable ;

2,15 car sa vie ne ressemble pas à celle des autres, et ses voies sont étranges.

G V
S

2,16  Il nous considère comme futiles

Vune chose altérée

il s'écarte de nos voies comme d'immondices

il proclame heureux

Vpréfère les derniers [temps] des justes

et se glorifie que Dieu soit son

Vd’avoir Dieu pour père.

16 ...

Crampon

2,17 Voyons donc si ce qu’il dit est vrai, et examinons ce qu’il lui arrivera au sortir de cette vie.

2,18 Car si le juste est fils de Dieu, Dieu prendra sa défense, et le délivrera de la main de ses adversaires.

2,19 Soumettons-le aux outrages et aux tourments, afin de connaître sa résignation, et de juger sa patience.

2,20 Condamnons-le à une mort honteuse, car, selon qu’il le dit, Dieu aura souci de lui. »

Contexte

Milieux de vie

2,8 FLORE Rose de Jéricho Deux espèces pouvant correspondre aux caractéristiques de la rose de Jéricho présentée dans la Bible ont été retenues par les botanistes :

  • le laurier-rose
  • la rose de Phénicie.

Remarque : la plante Anastatica hierochuntica, boule desséchée capable de reverdir et fleurir dès qu’on lui donne de l’eau, et qui est appelée communément « rose de Jéricho » aujourd'hui, n’est pas la rose de Jéricho de la Bible.

Nerium oleander

Photo : Jean Tosti, 2005 © CC-BY-SA-3.0→ 

Rose de Jéricho : G—Si 24,14 ; Rose : G—Est 1,6 ; Sg 2,8 ; G—Si 39,13 ; 50,8

Le laurier-rose

Identification

Nombreux sont les auteurs qui reconnaissent le laurier-rose comme étant la rose de Jéricho :

  • Le laurier-rose se nomme en grec rhodo-dendron, or le mot grec employé en Si 24,14 est phuton rodon  qui signifie « plante à roses ».
  • En G—Si 39,13 cette plante à roses pousse près de l’eau, ce qui correspond mieux au laurier-rose (Cf. Les plantes dans la Bible, guide de la flore en Terre Sainte, Solange et Jean Maillat, p. 235).
Classification
  • Famille : apocynaceae
  • Genre : nerium
  • Espèce : oleander
Localisation

Plante très présente sur le bassin méditerranéen.

Description
  • Hauteur de l’arbuste entre 1 et 6 m.
  • Feuilles vertes foncées au-dessus, pâles en-dessous, longues, fusiformes et persistantes.
  • Fleurs à 5 pétales soudées, de couleurs variées (rouge, rose, jaune, mauve…). Elles sont réunies en corymbes sur la partie terminale des rameaux. La floraison a lieu de juin à septembre.
  • Les fruits sont des gousses contenant des graines.
  • Plante très résistante à la sécheresse (elle pousse dans les régions du Néguev).
  • Toutes les parties de cette plante sont toxiques.
Usage
Médical
  • Cette plante contient un principe actif qui a un effet tonicardiaque. On l'utilise pour traiter l'hyposystolie, la tachycardie, certains cancers et des maladies de peau. 
Usage ornemental 
Histoire

En 1808, lors de la guerre d’Espagne, des soldats de Napoléon, en faisant cuire de la viande en brochettes sur des branches de laurier-rose, ont été intoxiqués.

 Rosa phoenicia

Photo : Eitan F., 2009 © CC-BY-SA-3.0→

La rose de Phénicie 

Identification

La rose de Phénicie (rosa phoenicia) est l'autre espèce retenue par les botanistes pouvant correspondre aux caractéristiques de la rose de Jéricho de la Bible.

Classification
  • Famille : rosaceae
  • Genre : rosa
  • Espèce : phoenicia
Localisation

Originaire du Proche-Orient (Turquie, Syrie, Liban, Israël). Son écosystème est difficile à définir car on la retrouve à la fois dans des zones chaudes et humides et dans des zones montagneuses à hiver rigoureux comme le mont Taurus .

Description
  • Tiges grimpantes ou formant de petits arbustes dans les haies.
  • Feuilles lustrées à 3 ou 5 folioles dentées.
  • Panicules portant plusieurs dizaines de fleurs blanches teintées de rose, à cinq pétales (2 à 5 cm de diamètre).
  • Petits fruits orangés, ellipsoïdes, d’environ 1 cm.

Réception

Arts visuels

2,2 comme si nous n’avions pas été Art contemporain

  • Katarzyna Homoncik: "De l’être humain entre les ténèbres et la lumière. De la recherche. Du voir et de ne pas voir. Bien que les travaux soient basés sur des mots spécifiques tirés du Livre de la Sagesse, ils peuvent conduire à des considérations universelles sur l'existence humaine. De l'homme. Un homme un peu perdu, parfois dans le noir, en quête de quelque chose encore indéfini, mais présent dans l'intuition. D'un homme qui a besoin avant tout de la Sagesse de Dieu, capable d'extraire son essence même des ténèbres les plus sombres."

Katarzyna Homoncik (1996-), Tamquam non fuerimus [Comme si nous n’avions pas été], (acrylique, crayon, feutre sur le papier, 2020), 29 x 21 cm,

Coll. part., courtesy Vera Icon→