Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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2 C’est pourquoi vous châtiez avec modération ceux qui tombent, et, quand ils pèchent, vous les avertissez et vous les reprenez, afin que, renonçant à leur malice, ils croient en vous, Seigneur.
3 Vous aviez en haine les anciens habitants de votre terre sainte,
4 parce qu’ils se livraient à des œuvres détestables de magie,
5 à des cérémonies impies, et à des meurtres cruels d’enfants, dévorant des chairs humaines et s’abreuvant de sang. Ces initiés à d’abominables mystères,
6 ces parents meurtriers d’êtres sans défense, vous vouliez les détruire par la main de nos pères,
7 afin que cette terre que vous honorez entre toutes reçût une digne colonie d’enfants de Dieu.
8 Cependant, comme ils étaient hommes, vous avez usé de clémence, et vous avez envoyé, comme avant-coureurs de votre armée, des frelons pour les faire périr peu à peu.
9 Non qu’il vous fût impossible de faire tomber ces impies, dans une bataille rangée, sous la main des justes, ou de les exterminer d’un seul coup par des bêtes féroces, ou par un ordre rigoureux
10 mais, en exerçant vos jugements par degré, vous leur donniez lieu de faire pénitence, quoique vous sussiez bien qu’ils étaient une race perverse, que leur malice était innée, et que leurs pensées ne changeraient jamais ;
11 car c’était une race maudite dès l’origine. Ce n’est pas non plus par crainte de personne que vous vous êtes montré indulgent pour leurs péchés.
12 Qui en effet pourrait vous dire : « Qu’avez-vous fait ? » Qui pourrait s’opposer à votre jugement ? Qui vous accuserait de faire périr les nations que vous avez faites ? Qui viendrait plaider contre vous la cause d’hommes impies ?
13 Car il n’y a pas d’autre Dieu que vous, qui prenez soin de toutes choses, afin de montrer que vous ne jugez pas injustement.
14 Il n’y a ni roi ni tyran qui puisse se lever contre vous, pour la défense de ceux que vous avez châtiés.
15 Mais, comme vous êtes juste, vous réglez tout avec justice, et vous regardez comme une chose contraire à votre puissance de condamner aussi celui qui ne mérite pas de châtiment.
16 Car votre puissance est le fondement de la justice, et c’est parce que vous êtes le Seigneur de tous que vous usez d’indulgence envers tous.
17 C’est à ceux qui ne croient pas à votre toute-puissance que vous montrez votre force, et vous confondez l’audace de ceux qui la connaissent.
18 Maître de votre force, vous jugez avec douceur, et vous nous gouvernez avec une grande indulgence, car la puissance est avec vous quand vous le voulez.
19 En agissant ainsi, vous avez appris à votre peuple que le juste doit être humain, et vous avez inspiré à vos enfants la joyeuse espérance que, s’ils pèchent, vous leur accordez le temps du repentir.
20 Si, en effet, vous avez puni, avec tant de ménagement et d’indulgence, les ennemis de vos serviteurs, bien qu’ils fussent dignes de mort, leur donnant le temps et l’occasion de se convertir de leur malice,
21 avec quelle circonspection jugez-vous vos enfants, dont les pères ont reçu de vous des serments et des alliances, jointes à de magnifiques promesses !
22 Quand vous nous corrigez, vous flagellez nos ennemis mille fois plus fort, pour nous apprendre, quand nous jugeons, à songer à votre bonté, et, quand nous sommes jugés, à espérer en votre miséricorde.
4ss Comble de l'abomination : les parents mangeant leurs enfants La défaite des Cananéens est ici expliquée par leur pratique des sacrifices d'enfants : cf. Dt 12,29-31. C'est un objet d'épouvante qui revient en diverses circonstances au fil des Écritures.
(1806-1875), Destruction de Jérusalem (détail) (gravure, 19e s.)
Library of Congress, Washington (États-Unis) © Domaine public→
Il s'agit d'une malédiction annoncée en cas de désobéissance à l'alliance : Lv 26,22.29 ; Dt 28,53-57
Elle est réalisée lors du siège de Samarie (2R 6,26-30) et lors du siège de Jérusalem par Babylone (Lm 2,20 ; 4,10). Le motif de la mère dévorant son enfant se retrouve dans le récit du siège de Jérusalem de 70 : cf. → B.J. 6.3.4 [201-213].
Elle est dénoncée par les prophètes (Ez 5,9).
La même abomination en vient à caractériser le culte illicite des idoles locales : interdiction (Lv 18,21 ; 20,2-3) et dénonciation par les hagiographes et les prophètes (2R 23,10 ; Jr 32,35).
, Sacrifice à Moloch (gravure, 1897)
in Bible Pictures and What They Teach Us © Domaine public→
Une légende accompagne la gravure :
« Ceci est une idole nommée Molech. Un grand nombre de personnes avaient l'habitude de prier cette idole. Il avait une tête de veau et était en laiton. Il était creux à l'intérieur. Il y avait un endroit sur le côté pour y faire du feu. Quand il faisait très chaud, les méchants mettaient leurs petits enfants dans ses bras. Les petits enfants ont été brûlés vifs là-bas. L'homme de l'image est sur le point de mettre un petit enfant dans les bras de l'idole. D'autres hommes sonnent des trompettes, battent du tambour et font beaucoup de bruit pour que personne ne puisse entendre le pauvre petit enfant pleurer. »
(1757-1827), Le vol de Moloch (stylo et aquarelle sur papier vélin, ca. 1815), 16 x 12,5 cm
Bibliothèque Huntington (États-Unis) © Domaine public→
Rien d'étonnant à ce que ces scènes de dévoration anthropophage soient projetées dans la représentation du mal par excellence qu'est le diable :
(Florence, 1265-Ravenne, 1321), Le diable dévoreur (enluminure, 14e s.)
Codex Altonensis, f.48r, Bibliotheca Gymnasii Altonani, Hamburg (Allemagne) © Domaine public→
Dans la mythologie grecque, Chronos, pour éviter que ne s'accomplisse la prédiction selon laquelle il serait détrôné par l'un de ses fils, dévore chacun d'eux à leur naissance.
(1746-1828), Saturne dévorant son fils (peinture murale à l'huile transférée sur toile, ca. 1819-1823), 143 cm × 81 cm
Musée National du Prado, Madrid (Espagne) © Domaine public→
Cette peinture fait partie de la série Black paintings que l'artiste espagnol a peintes directement sur les murs de sa maison entre 1819 et 1823.
Ce motif du parent dévorant son enfant est profondément à l'œuvre dans le récit du massacre des innocents : Hérode assassine tout petit qui pourrait lui succéder.