La Bible en ses Traditions

Ecclésiastique 43,1–37

Crampon

L’orgueil des hauteurs, c’est le firmament dans son pur éclat ; et l’aspect du ciel est une vision de gloire.

Le soleil, quand il se montre, glorifie le Seigneur, à son lever ; c’est une merveilleuse créature, l’œuvre du Très-Haut.

A son midi, il dessèche la terre ; qui peut tenir devant ses ardeurs ?

Pour ses travaux, l’artisan active le feu de la fournaise : trois fois plus le soleil échauffe les montagnes. Il embrase les vapeurs de l’air, et, quand il fait resplendir ses rayons, il éblouit les yeux.

Grand est le Seigneur qui l’a fait, et, sur son ordre, il précipite sa course.

La lune aussi est toujours fidèle, à l’heure qui lui est assignée ; elle indique le temps de l’année, et annonce l’avenir.

De la lune vient le signal des fêtes ; sa lumière diminue quand elle est arrivée à son plein.

C’est d’elle que le mois prend son nom ; elle croît merveilleusement dans ses diverses phases. C’est la tente d’un camp dans les hauteurs des cieux ; elle brille au firmament du ciel.

La beauté du ciel, c’est l’éclat des étoiles, parure éclatante dans les hauteurs du Seigneur.

10 Selon l’ordre du Saint, elles se tiennent à la place assignée, et ne se fatiguent pas dans leurs veilles.

11 Vois l’arc-en-ciel et bénis Celui qui l’a fait ; il est bien beau dans sa splendeur !

12 Il embrasse le ciel dans son cercle radieux ; ce sont les mains du Très-Haut qui le tendent.

13 Par son ordre, la neige se précipite, et les éclairs se pressent, exécuteurs de ses jugements.

14 C’est pourquoi ses trésors s’ouvrent, et les nuées volent comme des oiseaux.

15 Par sa puissance, il donne la force aux nuées, et la grêle tombe comme des éclats de pierre.

16 La voix de son tonnerre fait trembler la terre, et, quand il se montre, les montagnes chancellent.

17 A sa volonté, le vent du midi souffle, l’aquilon se déchaîne et le tourbillon fait rage. Il répand la neige comme des oiseaux qui s’abattent ; elle descend comme la sauterelle qui fait halte.

18 L’œil admire la beauté de sa blancheur, et le cœur est émerveillé de sa chute.

19 Il verse le givre sur la terre comme du sel, et la gelée le durcit en pointes d’épines.

20 Le vent froid du nord se met à souffler, et l’eau se durcit en glace ; cette glace s’étend immobile sur tout amas d’eau, et revêt l’eau comme d’une cuirasse.

21 Le Seigneur dévore les montagnes et embrase le désert, il brûle la verdure comme le feu.

22 De tous ces maux le remède est un nuage qui arrive rapidement ; une rosée qui survient console de la chaleur brûlante.

23 Selon son dessein, il a dompté l’abîme, et il y a planté des îles.

24 Ceux qui naviguent sur la mer en racontent les périls, et, en entendant leurs récits, nous sommes étonnés.

25 Là sont des créatures étranges et merveilleuses, des animaux de toutes sortes et la race des monstres marins.

26 Par le Seigneur, toute chose marche heureusement à sa fin, et tout subsiste par sa parole.

27 Nous pourrions dire beaucoup, et nous ne l’atteindrions pas ; le résumé de notre discours : Il est le tout.

28 Voulant le louer, où en trouverions-nous la force ? Il est le Tout-Puissant, supérieur à toutes ses œuvres.

29 Le Seigneur est terrible et souverainement grand, et merveilleuse est sa puissance.

30 En louant le Seigneur, exaltez-le tant que vous pourrez, car il sera toujours plus haut encore. Pour l’exalter, rassemblez toutes vos forces ; ne vous lassez pas, car vous ne pourrez l’atteindre.

31 Qui l’a vu et pourrait en discourir ? Qui est capable de le louer tel qu’il est ?

32 Beaucoup de merveilles cachées sont plus grandes encore, car nous ne voyons qu’un petit nombre de ses œuvres.

33 Le Seigneur a tout fait, et il donne la sagesse aux hommes pieux.

Texte

Critique textuelle

25 des îles  // G—Si 43,23 : Variante grecque

  • L'édition Rahlfs 2006 de l'Ecclésiastique selon la Septante lit dans le verset parallèle à V-Si 43,25  : kai ephuteusen en autê nêsous  (« et et y a planté des îles »).
  • Cependant, les grands codices lisent : iêsous.

La variante s'explique par la proximité graphique avec le terme grec nêsous, pour « îles ».

scribe anonyme, Codex Sinaïticus, (manuscrit à onciales sur parchemin, ca 400 p., 38 X 34,5 cm, milieu du 4e s. ap. J.-C.), détail

 British Library, folio 181

Domaine public © Digitalisation→ the British Library, Leipzig University Library, Monastère St Catherine du Sinaï, National Library of Russia,

Translittération : λογιϲμω αυτου · εκοπαϲεν αβυϲϲο · και εφυτευϲεν αυτην ιϲ  : « Par sa pensée-parlée il a calmé l'abîme, et il l'a planté, Jésus ».

Contexte

Milieux de vie

21 tribule (V) FLORE Vulgairement :  « clou de vigne » Le mot tribulus, qui en latin réfère la chausse-trape, piège à plusieurs pointes, décrit l'aspect du fruit d'une plante appelée couramment en français « croix-de-Malte, clou de vigne, escarbot, tribule terrestre, saligot terrestre, herse, ou : croix de chevalier ». De fait, vu du dessous, le fruit a l'allure d'une croix de Malte, à cinq branches. 

Fruit de la tribule terrestre

CC BY-SA 3.0 © photo Stan Shebs→

Tribule terrestre (Tribulus terrestris, famille des Zygophyllaceae)

CC BY-SA 4.0 © photo Juan Carlos Fonseca Mata→

Plante annuelle très velue à poils plus ou moins argentés, elle pousse des tiges rampantes atteignant 90 cm de longueur, feuillage et fleurs ne montent pas à plus de 5 cm. Après la floraison, d'avril à septembre, elle donne un fruit étoilé, capsule a cinq carpelles verruqueux portant chacun deux longues épines et deux plus petites. Celles-ci permettent à l'espèce de se propager à l'aide d'animaux dans les pattes desquels ces épines peuvent se planter. Le fruit peut aussi se déplacer en flottant sur de courtes distances lors de forts orages. (Wikipédia)

Réception

Arts visuels

25b Jésus (V) Christologisation de la contemplation des éléments Comme en Si 24,12, le traducteur latin de l'Ecclésiastique entend dans le texte des préfigurations de l'Évangile. 

James Tissot (1836-1932), Jésus calmant la tempête (gouache sur graphite sur papier gris, entre 1886 et 1894),  12.7 x 18.4 cm

Brooklyn Museum, New York — 00.159.102, Domaine public © Wikicommons→Mc 4,35-41 ; Lc 8,22-25 ; Mt 8,23-27

C'est assez récemment que les artistes représentent le moment où Jésus apaise la tempête. Les anciens retinrent plutôt son spectaculaire sommeil sur le coussin au milieu des éléments déchaînés, ou bien le représentent, sur la même mosaïque ou sur la même icône, dormant sur son coussin, et apostrophant la tempête.