Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 La parole de Yahweh des armées se fit entendre en ces termes :
2 Ainsi parle Yahweh des armées : Je suis animé pour Sion d’un grand zèle ; je suis animé pour elle d’une grande fureur.
3 Ainsi parle Yahweh : Je suis revenu à Sion et je veux habiter au milieu de Jérusalem ; Jérusalem sera appelée la ville de vérité, et la montagne de Yahweh des armées, montagne de sainteté.
4 Ainsi parle Yahweh des armées : Il y aura de nouveau des vieillards et des femmes âgées assis sur les places de Jérusalem, chacun son bâton à la main, à cause du grand nombre de leurs jours.
5 Les places de la ville seront remplies de jeunes garçons et de jeunes filles jouant sur ses places.
6 Ainsi parle Yahweh des armées : Si cela paraît merveilleux aux yeux du reste de ce peuple, en ces jours-là, cela sera-t-il merveilleux aussi à mes yeux, - oracle de Yahweh des armées ?
7 Ainsi parle Yahweh des armées : Voici que je vais délivrer mon peuple du pays de l’orient et du pays du soleil couchant.
8 Je les amènerai et ils habiteront au milieu de Jérusalem ; ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu, avec vérité et justice.
9 Ainsi parle Yahweh des armées : Que vos mains se fortifient, vous qui entendez en ces jours ces paroles de la bouche des prophètes qui ont parlé au jour où fut fondée la maison de Yahweh des armées, pour que le temple soit rebâti.
10 Car, avant ces jours-là, il n’y avait point de salaire pour les hommes, point de salaire pour le bétail, point de sûreté contre l’ennemi pour ceux qui sortaient et entraient, et j’avais lâché tous les hommes les uns contre les autres.
11 Mais maintenant, je ne suis plus, moi, à l’égard du reste de ce peuple comme aux jours d’autrefois, - oracle de Yahweh des armées.
12 Car la semence prospérera, la vigne donnera son fruit, la terre donnera ses produits, les cieux donneront leur rosée, et je mettrai le reste de ce peuple en possession de toutes ces choses.
13 Et il arrivera : comme vous avez été malédiction parmi les mations, maison de Juda et maison d’Israël, ainsi je vous délivrerai, et vous serez bénédiction ! Ne craignez point, que vos mains se fortifient !
14 Car ainsi parle Yahweh des armées : Comme J’ai eu le dessein de vous faire du mal lorsque vos pères provoquaient ma colère, dit Yahweh des armées, et que je ne m’en suis pas repenti,
15 ainsi j’ai en ces jours-ci, au contraire, le dessein de faire du bien à Jérusalem et à la maison de Juda ; ne craignez point !
16 Voici les paroles que vous observerez : Dites la vérité, chacun à votre prochain rendez la justice dans vos portes selon la vérité et pour la paix ;
17 ne méditez pas dans vos cœurs le mal les uns des autres ; et n’aimez pas le faux serment ; car ce sont là toutes choses que je hais, - oracle de Yahweh.
18 La parole de Yahweh des armées me fut adressée en ces termes :
19 Ainsi parle Yahweh des armées : Le jeûne du quatrième mois, le jeûne du cinquième, le jeune du septième et le jeûne du dixième mois seront changés pour la maison de Juda en réjouissance et en allégresse, et en solennités joyeuses.
20 Ainsi parle Yahweh des armées : Il viendra encore des peuples et des habitants d’un grand nombre de villes.
21 Les habitants de l’une iront à l’autre, en disant « Allons, allons implorer Yahweh et chercher Yahweh des armées ! »
22 -« Moi aussi, je veux aller ! » Des peuples nombreux et de puissantes nations viendront chercher Yahweh des armées à Jérusalem et implorer Yahweh.
23 Ainsi parle Yahweh des armées : En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues des nations saisiront, oui, saisiront le pan de la robe d’un Juif en disant : Nous voulons aller aussi avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous »
19 SYNAGOGUE Le jeûne de Tisha Be-Av Cette prophétie de l'abolition des jeûnes au temps messianiques semble être la source biblique du jeûne de Tisha Be-Av.
Tisha Be-Av signifie littéralement « le 9 du mois de Av (juillet-août) », jour de jeûne et de deuil en mémoire de la première destruction du Temple de Jérusalem. Zacharie ne donne cependant pas la date de ce « jeûne du cinquième mois ». Les Sages le placent au neuvième jour de mois pour commémorer à la fois cinq calamités tombées sur le peuple juif en ce jour. On y a ajouté le souvenir d’autres événements tragiques, en faisant de ce jour le mémorial de toutes les catastrophes de l’histoire du peuple juif. Cf. infra : MYSTAGOGIE.
D’après le même livre de Zacharie, quand le gouverneur Cyrus autorise les juifs à rentrer à Sion pour reconstruire le temple, une délégation est envoyée de Jérusalem pour consulter les prêtres et les prophètes sur une question de pratique rituelle : Faut-il ou non continuer d’observer le jeûne pour la destruction du premier temple, puisqu’on est en train de reconstruire le second ? (Za 7,3). Le prophète répond sans trancher leur question sinon en rappelant le sens du jeûne, mais en mentionnant le fait que ce jeûne est pratiqué depuis soixante dix ans, c’est-à-dire, vers l’an 588, date du siège de Jérusalem par les Babyloniens, plus précisément, de l’incendie de la ville, du palais du roi et du Temple au mois d’Av 586 ou 587.
On peut en déduire qu’à l’époque perse et tant qu’il y eut un temple à Jérusalem, l’observance de ce jeûne pouvait constituer une marque de piété pour certains fidèles mais n’était pas obligatoire. Il n’est d’ailleurs plus mentionné dans les sources antiques pendant sept cent ans.
L’association faite entre la destruction des deux temples (la destruction du premier par Nabuchodonosor, et le jour de l’incendie du second par Titus) et le 9 Av pose un problème de datation. Même les passages bibliques ne s’accordent pas sur la date de la chute du premier temple :
Flavius Josèphe mentionne le 10 Av :
Les sources rabbiniques résolvent la difficulté ainsi :
Le 9 Av se distingue des autres jeûnes de l’année juive : il commence la veille au soir pour durer vingt-cinq heures comme le jour du Kippour, et on y observe les mêmes prescriptions : le fidèle doit s’abstenir de manger, de boire, de s’oindre, de porter des chaussures en cuir, de se laver, de se couper les cheveux et d’avoir des relations sexuelles (cf. Liturgie Lv 16,3–34).
Dans les synagogues, la Tora est dépouillée de ses ornements et l’éclairage diminué.
On lit
, Tisha B'Av: Reading the Megillah of Eicha, (2017) vidéo
D.R. Rabbi Noam Lesser, lecteur © Licence YouTube standard
On étudie
De plus, dès la fin de l’Antiquité, on composa des poèmes liturgiques spécifiques méditant sur les calamités survenues lors de ce jour, nommés Qinot (« élégies »)
, Double élégie en la lune d’Ab,
Peter Nahon, dans Syllabes divines: mystère sur la prophétie de Jérémie (2017)
D.R. Peter Nahon © BEST A.I.S.B.L., Za 8,19
Ces deux élégies hébraïques — quinoth — anonymes, composées en Espagne au Moyen Âge, sont récitées traditionnellement lors de l’office matinal du 9 de la lune d’Ab, jour d’affliction et de jeûne lors duquel les Israélites rappellent la mémoire de la destruction des deux temples de Jérusalem ainsi que des expulsions des juifs de France (1394) et d’Espagne (1492) qui eurent lieu toutes deux en ce jour. Ces deux pièces, entonnées par le ministre officiant au moment de la sortie des rouleaux de la Loi
En plus de la destruction du Temple par les Babyloniens, la Mishna assigne à cette même journée la mémoire de quatre autres calamités :
La première, l'interdiction pour la génération de l'Exode de rentrer en terre d'Israël est une sorte de faute originelle : puisque les Israélites ont pleuré en vain un 9 av, Dieu leur promet de leur donner une raison valable de pleurer désormais à chaque année!
Trois d’entre elles sont des événements historiques du 1er et 2e s. de notre ère.
À partir du moyen âge, le jeûne s’est enrichi de la mémoire de toute une série d’événements historiques successifs ayant eu de graves conséquences pour de nombreuses communautés juives et réputés avoir également eu lieu le 9 Av : l’appel à la première croisade (1095), l’autodafé du Talmud à Paris (1242), les expulsions successives des juifs d’Angleterre (1290), de France (1306) et d’Espagne (1492), le déclenchement de la Première guerre mondiale (1914) ou encore le début des déportations au ghetto de Varsovie (1942).
À travers les vicissitudes de l'histoire, la prière continue,
, Jews Mark Tisha B'Av at Western Wall, vidéo, 2022
© Licence YouTube standard
Acheinu [nos frères], Tisha B'Av 5775, vidéo le 26 juil. 2015, Mur occidental, dit « mur des Lamentations », ou Kotel, Jérusalem
© Licence YouTube standard
La prière est grosse des espérances d'un peuple marqué par les servitudes : les Juifs demandent à Dieu de libérer tous ceux qui sont retenus captifs.
« Nos frères, toute la maison d'Israël, qui sont en détresse et captifs, qui errent sur mer et sur terre – que Dieu ait pitié d'eux et les fasse passer de la détresse au réconfort, des ténèbres à la lumière, de l'esclavage à la rédemption, maintenant, vite et bientôt. »