Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 David, ayant passé en revue le peuple qui était avec lui, établit sur eux des chefs de milliers et des chefs de centaines.
2 David mit le peuple, un tiers aux mains de Joab, un tiers aux mains d’Abisaï, fils de Sarvia, frère de Joab, et un tiers aux mains d’Ethaï, le Géthéen. Et le roi dit au peuple : « Moi aussi je veux sortir avec vous. »
3 Mais le peuple dit : « Tu ne sortiras point ! Car, si nous sommes mis en fuite, ils ne prendront pas garde à nous, et si la moitié d’entre nous succombe, ils n’y prendront pas garde. Mais toi, tu es comme dix mille d’entre nous ; il vaut donc mieux que tu puisses venir de la ville à notre secours. »
4 Le roi leur répondit : « Ce qui vous paraîtra bon, je le ferai. » Et le roi se tint à côté de la porte, pendant que tout le peuple sortait par groupes de cent et par groupes de mille.
5 Le roi donna cet ordre à Joab, à Abisaï et à Ethaï : « Ménagez-moi le jeune homme, Absalom ! » Et tout le peuple entendit que le roi donnait un ordre à tous les chefs au sujet d’Absalom.
6 Le peuple sortit dans la campagne à la rencontre d’Israël, et la bataille eut lieu dans la forêt d’Ephraïm.
7 Là le peuple d’Israël fut battu devant les serviteurs de David, et il y eut là en ce jour un grand carnage ; vingt mille hommes périrent.
8 Le combat s’étendit sur la surface de tout le pays, et ce jour-là la forêt dévora plus de gens que n’en dévora l’épée.
9 Absalom se trouva en présence des serviteurs de David. Absalom était monté sur un mulet, et le mulet s’engagea dans les branches touffues d’un grand térébinthe ; la tête d’Absalom se prit au térébinthe, et il resta suspendu entre le ciel et la terre, et le mulet qui le portait passa outre.
10 Un homme l’ayant vu, vint le rapporter à Joab, disant : « Voilà que j’ai vu Absalom suspendu à un térébinthe. »
11 Joab dit à l’homme qui lui apportait cette nouvelle : « Tu l’as vu ! Pourquoi donc ne l’as-tu pas abattu sur place ? Je t’aurais bien donné dix sicles d’argent et une ceinture. »
12 Cet homme répondit à Joab : « Non, quand je pèserais sur ma main mille sicles d’argent, je n’étendrais pas la main sur le fils du roi ; car à nos oreilles le roi t’a donné cet ordre, à toi, à Abisaï et à Ethaï : Prenez garde chacun de toucher au jeune homme, à Absalom !
13 Et si j’avais perfidement attenté à sa vie, rien n’aurait été caché au roi, toi-même tu te serais dressé contre moi. »
14 Joab dit : « Je ne veux pas m’attarder auprès de toi ; » et ayant pris en main trois javelots, il les enfonça dans le cœur d’Absalom, encore vivant au milieu du térébinthe.
15 Et dix jeunes gens, qui portaient les armes de Joab, entourèrent Absalom, et, le frappant, lui donnèrent la mort.
16 Joab fit sonner de la trompette, et le peuple revint de poursuivre Israël, car Joab retint le peuple.
17 Ayant pris Absalom, ils le jetèrent dans une grande fosse au milieu de la forêt, et on éleva sur lui un très grand monceau de pierres. Et tout Israël s’enfuit chacun dans sa tente.
18 De son vivant Absalom s’était érigé le monument qui est dans la vallée du Roi ; car il disait : « Je n’ai point de fils pour conserver le souvenir de mon nom. » Et il donna son propre nom au monument, et on l’appela la Main d’Absalom, jusqu’à ce jour.
19 Achimaas, fils de Sadoc, dit : « Laisse-moi courir et porter au roi la bonne nouvelle que Yahweh lui a fait justice en le délivrant de la main de ses ennemis. »
20 Joab lui dit : « Tu ne seras pas aujourd’hui le porteur de la bonne nouvelle ; tu la porteras une autre fois, mais tu ne la porteras pas aujourd’hui puisque le fils du roi est mort. »
21 Et Joab dit à un Couschite : « Va, et annonce au roi ce que tu as vu. » Le Couschite se prosterna devant Joab et courut.
22 Achimaas, fils de Sadoc, dit encore à Joab : « Quoi qu’il puisse arriver, laisse-moi courir, moi aussi, après le Couschite. » Et Joab dit : « Pourquoi veux-tu courir, mon fils ? Ce message ne saurait te profiter. »
23 Achimaas reprit : « Quoi qu’il arrive, je courrai. » Et Joab lui dit : « Cours ! » Achimaas courut par le chemin de la Plaine, et il devança le Couschite.
24 David était assis entre les deux portes. La sentinelle alla sur le toit de la porte, au-dessus de la muraille et, levant les yeux, elle regarda et voici un homme qui courait seul.
25 La sentinelle cria et avertit le roi. Le roi dit : « S’il est seul, il y a une bonne nouvelle dans sa bouche. »
26 Pendant que cet homme continuait à approcher, la sentinelle vit un autre homme qui courait.(*26*) La sentinelle cria au portier et dit : « Voici un homme qui court seul. » Le roi dit : « Lui aussi apporte un bonne nouvelle. »
27 La sentinelle dit : « Je vois que la manière de courir du premier est la manière de courir d’Achimaas, fils de Sadoc. » Et le roi dit : « C’est un homme de bien ; il vient pour de bonnes nouvelles. »
28 Achimaas, cria et dit au roi : « Victoire ! » Puis il se prosterna devant le roi la face contre terre, et dit : « Béni soit Yahweh, ton Dieu, qui a livré les hommes qui levaient la main contre mon seigneur le roi ! »
29 Le roi dit : « Tout va-t-il bien pour le jeune homme, pour Absalom ? » Achimaas répondit : « J’ai aperçu une grande foule au moment où Joab envoyait le serviteur du roi et moi, ton serviteur, et j’ignore ce que c’était.
30 Et le roi dit : « Ecarte-toi et tiens-toi ici. » Il s’écarta et demeura là.
31 Et voici qu’arriva le Couschite ; il dit : « Que le roi mon seigneur apprenne une bonne nouvelle ! Aujourd’hui Yahweh t’a fait justice de tous ceux qui s’élevaient contre toi. »
32 Le roi dit au Couschite : « Tout va-t-il bien pour le jeune homme, pour Absalom ? » Le Couschite répondit : « Qu’ils soient comme ce jeune homme, les ennemis de mon seigneur le roi et tous ceux qui s’élèvent contre toi pour te faire du mal ! »
19,1 Le roi, tremblant d’émotion, monta dans la chambre au-dessus de la porte et pleura. Il disait en marchant : « Mon fils Absalom ! Mon fils, mon fils Absalom ! Que ne suis-je mort à ta place ! Absalom mon fils, mon fils ! »
19,2 On vint dire à Joab : « Voici que le roi pleure et se lamente sur son fils. »
19,3 La victoire, ce jour-là, fut changée en deuil pour tout le peuple, car le peuple entendit dire en ce jour-là : « Le roi est affligé à cause de son fils. »
19,4 Ce jour-là le peuple entra dans la ville à la dérobée, comme entrent à la dérobée des gens honteux d’avoir fui dans la bataille.
19,5 Le roi s’était voilé le visage, et le roi criait à haute voix : « Mon fils Absalom ! Absalom, mon fils, mon fils ! »
19,6 Joab vint vers le roi chez lui, et dit : « Tu couvres aujourd’hui de confusion la face de tous tes serviteurs qui ont en ce jour sauvé ta vie et la vie de tes fils et de tes filles, et la vie de tes femmes et la vie de tes concubines.
19,7 Tu aimes ceux qui te haïssent et tu hais ceux qui t’aiment, car tu montres aujourd’hui que chefs et serviteurs ne sont rien pour toi, et je vois aujourd’hui que si Absalom vivait et que nous fussions tous morts en ce jour, cela serait heureux à tes yeux.
19,8 Lève-toi donc, sors et parle selon le cœur de tes serviteurs ; car je jure par Yahweh que, si tu ne sors pas, pas un homme ne passera avec toi cette nuit ; et ce sera pour toi un mal pire que tous les maux qui te sont arrivés depuis ta jeunesse jusqu’à présent. »
19,9 Alors le roi se leva et il s’assit à la porte. On l’annonça à tout le peuple en disant : « Voici que le roi est assis à la porte. » Et tout le peuple vint devant le roi. Israël s’était enfui chacun dans sa tente.
19,10 Tout le peuple, dans toutes les tribus d’Israël, s’accusait, en disant : « Le roi nous a délivrés de la main de nos ennemis ; c’est lui qui nous a sauvés de la main des Philistins ; et maintenant il a dû fuir du pays devant Absalom.
19,11 Or Absalom, que nous avions oint pour régner sur nous, est mort dans la bataille : pourquoi donc ne parlez-vous pas de faire revenir le roi ? »
19,12 Le
VOr le roi David envoya à Sadoq
VSadoc et Ébyatar
VAbiathar, les prêtres, en disant :
— Parlez aux anciens de Juda en disant :
— Pourquoi seriez-vous les derniers à
Vvenez-vous en dernier pour faire revenir le roi dans sa maison ?
Et la parole de tout Israël parvint au roi, dans sa maison.
12 ...
19,13 Vous êtes mes frères, vous êtes mes os et ma chair : pourquoi seriez-vous les derniers à ramener le roi. »
19,14 Vous direz aussi à Amasa ; « N’es-tu pas mon os et ma chair ? Que Dieu me traite dans toute sa rigueur, si tu ne deviens pas devant moi pour toujours chef de l’armée à la place de Joab ! »
19,15 Et David fléchit le cœur de tous les hommes de Juda comme d’un seul homme ; et ils envoyèrent dire au roi : « Reviens, toi et tous tes serviteurs ».
19,16 Le roi revint et arriva jusqu’au Jourdain ; et Juda se rendit à Galgala pour aller au-devant du roi et faire passer au roi le Jourdain.
19,17 Séméï, fils de Géra, Benjamite, de Bahurim, se hâta de descendre avec les hommes de Juda à la rencontre du roi David.
19,18 Il avait avec lui mille hommes de Benjamin, et Siba, serviteur de la maison de Saül, et ses quinze fils et ses vingt serviteurs ; ils se précipitèrent au Jourdain devant le roi.
19,19 Déjà le bateau qui devait transporter la maison du roi et se mettre à sa disposition, était passé. Séméï, fils de Géra, se jeta aux pieds du roi, au moment où celui-ci allait passer le Jourdain,
19,20 et il dit au roi : « Que mon seigneur ne m’impute point d’iniquité, et ne se souvienne pas de l’offense de ton serviteur, le jour où le roi mon seigneur sortait de Jérusalem, pour y prêter attention, ô roi !
19,21 Car ton serviteur reconnaît que j’ai péché ; et voici que je viens aujourd’hui le premier de toute la maison de Joseph pour descendre à la rencontre du roi mon seigneur. »
19,22 Abisaï, fils de Sarvia, prit la parole et dit : « Au contraire, Séméï ne doit-il pas être mis à mort pour avoir maudit l’oint de Yahweh ? »
19,23 Mais David dit : « Qu’ai-je à faire avec vous, fils de Sarvia, que vous vous faites aujourd’hui mes adversaires ? Un homme serait-il mis à mort en ce jour en Israël ? Ne sais-je donc pas que je deviens roi aujourd’hui sur Israël ? »
19,24 Et le roi dit à Séméï : « Tu ne mourras point » ; et le roi le lui jura.
19,25 Miphiboseth, petit-fils de Saül, descendit aussi à la rencontre du roi. Il n’avait pas lavé ses pieds ni arrangé sa moustache, il n’avait pas lavé ses vêtements depuis le jour où le roi était parti jusqu’au jour où il revenait en paix.
19,26 Lorsqu'il vint
GIl advint, lorsqu'il vint
VEt alors qu'il était venu à Jérusalem à la rencontre du roi, le roi lui dit :
— Pourquoi n’es-tu pas venu avec moi, Meribbaal
VMiphiboseth ?
26 ...
19,27 Et il répondit : « Mon seigneur le roi, mon serviteur m’a trompé ; car ton serviteur s’était dit : Je ferai seller l’ânesse, je monterai sur elle et j’irai avec le roi ! Car ton serviteur est boiteux.
19,28 Et il a calomnié ton serviteur auprès de mon seigneur le roi. Mais mon seigneur le roi est comme un ange de Dieu ; fais ce qui te semblera bon.
19,29 Car toute la maison de mon père n’est faite pour mon seigneur le roi que de gens dignes de mort ; et cependant tu as mis ton serviteur au nombre de ceux qui mangent à ta table. Quel droit puis-je encore avoir de crier encore vers le roi ? »
19,30 Le roi lui dit : « Pourquoi tant de paroles ? Je l’ai déclaré : toi et Siba, vous partagerez les terres. »
19,31 Et Miphiboseth dit au roi : « Qu’il prenne même le tout, puisque mon seigneur le roi est rentré en paix dans sa maison. »
19,32 Berzellaï le Galaadite descendit de Rogelim et passa vers le roi au Jourdain pour l’accompagner au fleuve.
19,33 Berzellaï était très vieux, âgé de quatre-vingt ans ; il avait fourni des aliments au roi pendant son séjour à Mahanaïm, car c’était un homme fort riche.
19,34 Le roi dit à Berzellaï :
— Toi, passe avec moi je t'entretiendrai auprès de
Gj'entretiendrai ton vieil âge auprès de
Vtu te reposeras en sécurité avec moi à Jérusalem.
19,35 Mais Berzellaï répondit au roi : « Combien d’années ai-je encore à vivre, pour que je monte avec le roi à Jérusalem ?
19,36 Je suis aujourd’hui âgé de quatre-vingt ans. Puis-je distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais ? Ton serviteur peut-il savourer ce qu’il mange et ce qu’il boit ? Puis-je encore entendre la voix des chanteurs et des chanteuses ? Et pourquoi ton serviteur serait-il encore à charge à mon seigneur le roi ?
19,37 Ton serviteur passera un peu au delà du Jourdain avec le roi. Et pourquoi le roi m’accorderait-il cette récompense ?
19,38 Laisse, je t’en prie, ton serviteur s’en retourner, et que je meure dans ma ville, près du sépulcre de mon père et de ma mère. Mais voici ton serviteur Chamaam ; qu’il passe avec le roi mon seigneur, et fais pour lui ce que tu trouveras bon. »
19,39 le roi dit : « Que Chamaam passe avec moi, et je ferai pour lui tout ce qui te plaira ; et tout ce que tu désireras de moi, je te l’accorderai. »
19,40 Et quand tout le peuple eut passé le Jourdain, le roi le passa aussi, et le roi baisa Berzellaï et le bénit, et celui-ci retourna chez lui.
19,41 Le roi passa à Galgala, et Chamaam passa avec lui ; et tout le peuple de Juda, ainsi que la moitié du peuple d’Israël escortèrent le roi.
19,42 Mais voici que tous les hommes d’Israël vinrent auprès du roi et lui dirent : « Pourquoi nos frères, les hommes de Juda, t’ont-ils enlevé, et ont-ils fait passer le Jourdain au roi, à sa maison et à tous les gens de David avec lui ? »
19,43 Tous les hommes de Juda répondirent aux hommes d’Israël : « C’est que le roi me tient de plus près ; pourquoi te fâches-tu de cela ? Avons-nous vécu aux dépens du roi ? Ou bien en avons-nous reçu quelque chose ? »
19,44 Les hommes d’Israël répondirent aux hommes de Juda, en disant : « J’ai dix parts sur le roi, et même David m’appartient plus qu’à toi. Pourquoi m’as-tu fait cette injure ? Ma parole n’a-t-elle pas été la première pour rétablir mon roi ? Et le langage des hommes de Juda fut plus dur que celui des hommes d’Israël.