Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
Pour nous apporter votre aide, cliquer ici
1 Après ces choses, le roi Assuérus éleva en dignité Aman, fils d’Amadatha, du pays d’Agag ; il l’éleva et plaça son siège au-dessus de tous les chefs qui étaient auprès de lui.
2 Tous les serviteurs du roi, qui se tenaient à sa porte, fléchissaient le genou et se prosternaient devant Aman, car ainsi l’avait ordonné le roi à son sujet. Mais Mardochée ne fléchissait point le genou et ne se prosternait point.
3 Les serviteurs du roi, qui se tenaient à sa porte, dirent à Mardochée : « Pourquoi transgresses-tu l’ordre du roi ? »
4 Comme ils le lui répétaient chaque jour et qu’il ne les écoutait pas, ils en informèrent Aman, pour voir si Mardochée persévérerait dans sa résolution, car il leur avait dit qu’il était Juif.
5 Aman vit que Mardochée ne fléchissait pas le genou et ne se prosternait pas devant lui, et Aman fut rempli de fureur.
6 Mais il dédaigna de porter la main sur Mardochée seul, car on lui avait appris de quel peuple était Mardochée ; et Aman voulut détruire le peuple de Mardochée, tous les Juifs qui se trouvaient dans tout le royaume d’Assuérus.
7 Au premier mois qui est le mois de
Vdont le nom est
Squi est nisan,
dans la douzième année du roi
Vrègne d’Assuérus, on jeta le pur,
Vle sort dans une urne,
Sles sorts, devant Hāmān
VAman
jour par jour et mois par mois,
V[pour savoir] en quel jour et en quel mois la nation des Juifs devrait être tuée,
jusqu’au douzième [mois] qui est le mois d’adar
Vet le douzième mois en sortit, qui est appelé adar
Sdans le douzième mois qui est adar
7 Et il fit un décret
dans la douzième année du règne d'Artaxerxès et il jeta les sorts
jour après jour et mois après mois
pour faire périr en un seul jour la race de Mardochaios
et le sort tomba sur le quatorzième du mois qui est Adar.
8 Alors Aman dit au roi Assuérus : « Il y a dans toutes les provinces de ton royaume un peuple dispersé et vivant à part parmi les autres peuples, ayant des lois différentes de celles de tous les autres peuples, et n’observant pas les lois du roi. Il n’est pas de l’intérêt du roi de le laisser en repos.
9 Si le roi le trouve bon, qu’on écrive l’ordre de les faire périr, et je pèserai dix mille talents d’argent entre les mains des fonctionnaires, pour qu’on les porte au trésor du roi. »
10 Le roi ôta son anneau
Vl'anneau dont il se servait de son doigt
Vsa main et le remit à Hāmān
V Aman, fils d’Hamᵉdātā’, l'Agagite
VAmadath, de la descendance d'Agag, l'adversaire
Vl'ennemi des Juifs.
10 Et le roi, ôtant l'anneau, le donna dans la main d'Aman pour qu'il appose le sceau sur les lettres contre les juifs.
11 « L’argent t’est donné et ce peuple aussi, pour que tu en fasses ce qui te paraîtra bon. »
12 Les secrétaires du roi furent appelés le treizième jour du premier mois, et l’on écrivit, conformément à tous les ordres d’Aman, aux satrapes du roi, aux gouverneurs de chaque province et aux chefs de chaque peuple, à chaque province selon son écriture, et à chaque peuple selon sa langue. Ce fut au nom du roi Assuérus que l’on écrivit, et on scella l’édit avec l’anneau royal.
13 Des lettres furent envoyées par les courriers dans toutes les provinces du roi, pour qu’on détruisit, qu’on égorgeât et qu’on fît périr tous les Juifs, jeunes et vieux, petits enfants et femmes, en un seul jour, le treizième du douzième mois, qui est le mois d’Adar, et qu’on pillât leurs biens.
13a Voici une copie de cette lettre : Assuérus, le grand roi, aux satrapes et aux gouverneurs des cent vingt-sept provinces, de l’Inde à l’Ethiopie, lesquels sont soumis à ses ordres, mande ce qui suit :
13b Quoique je commande à un très grand nombre de nations et que j’aie soumis tout l’univers, je veux, non pas abuser de ma puissance pour m’enorgueillir, mais, par un gouvernement toujours clément et doux, assurer continuellement à mes sujets une vie sans trouble ; et, procurant à mon royaume le calme et la sécurité jusqu’à ses extrêmes frontières, faire refleurir la paix chère à tous les mortels.
13c Ayant donc demandé à mes conseillers de quelle manière mes intentions pouvaient être réalisées, l’un d’eux, nommé Aman, supérieur à tous les autres en sagesse et en fidélité, et le premier après le roi,
13d m’a fait connaître qu’il y a un peuple mal intentionné, mêlé à toutes les tribus qui sont sur la terre, et se mettant en opposition avec les coutumes de tous les peuples, méprisant continuellement les commandements des rois, de façon à empêcher la parfaite harmonie de l’empire que nous dirigeons.
13e Ayant donc appris que ce seul peuple, en contradiction perpétuelle avec tout le genre humain, pervertissant les mœurs par des lois étrangères et mal affectionné à nos intérêts, commet les derniers excès et empêche ainsi la prospérité du royaume,
13f nous avons ordonné que ceux qui vous sont désignés dans les lettres d’Aman, lequel est à la tête de toutes les affaires et honoré comme notre second père, soient tous, avec femmes et enfants, radicalement exterminés par le glaive de leurs ennemis, sans miséricorde ni clémence, le quatorzième jour du douzième mois, le mois d’adar, de la présente année ;
13g afin que ces hommes, autrefois et maintenant encore hostiles, descendant le même jour, par mort violente, aux enfers, rendent pour l’avenir à notre royaume une prospérité et une paix parfaites.
14 : ’’ Voir le texte de l’édit, fragment IV, chapitre 13, 1-7 ’’
15 Une copie de l’édit, qui devait être publié comme loi dans chaque province, fut adressée ouverte à tous les peuples, afin qu’ils fussent prêts pour ce jour-là.
16 Les courriers partirent en toute hâte, d’après l’ordre du roi. L’édit fut aussi publié dans Suse la capitale ; et, tandis que le roi et Aman étaient assis à boire, l’agitation régnait dans la ville de Suse.