La Bible en ses Traditions

Job 2,1–6,30

M G V S

Or, un certain jour, comme

Vquand les fils de Dieu venaient se tenir debout devant YHWH

Vle Seigneur,

venait aussi Satan parmi eux se présenter devant YHWH

Vet se tenait en sa présence.

Crampon

Et Yahweh dit à Satan : « D’où viens-tu ? » Satan répondit à Yahweh et dit : « De parcourir le monde et de m’y promener. »

Yahweh dit à Satan : « As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’y a pas d’homme comme lui sur la terre, intègre, droit, craignant Dieu et éloigné du mal. Il persévère toujours dans son intégrité, quoique tu m’aies provoqué à le perdre sans raison. »

Satan répondit à Yahweh et dit : « Peau pour peau ! L’homme donne ce qu’il possède pour conserver sa vie.

Mais étends ta main, touche ses os et sa chair, et on verra s’il ne te maudit pas en face. »

Yahweh dit à Satan : « Voici que je le livre entre tes mains ; seulement épargne sa vie ! »

Et Satan se retira de devant la face de Yahweh. Et il frappa Job d’une lèpre maligne depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête.

Et Job prit un tesson pour gratter ses plaies et il s’assit sur la cendre.

Et sa femme lui dit : « Tu persévère encore dans ton intégrité ! Maudis Dieu et meurs ! »

10 Il lui dit : « Tu parles comme une femme insensée. Nous recevons de Dieu le bien, et nous n’en recevrions pas aussi le mal ? » En tout cela, Job ne pécha point par ses lèvres.

11 Trois amis de Job, Eliphaz de Théman, Baldad de Suhé, et Sophar de Naama, apprirent tous les malheurs qui étaient venus sur lui ; ils partirent chacun de leur pays et se concertèrent pour venir le plaindre et le consoler.

12 Ayant de loin levé les yeux, ils ne le reconnurent pas, et ils élevèrent la voix et pleurèrent ; ils se déchirèrent chacun leur manteau, et jetèrent de la poussière vers le ciel au-dessus de leurs têtes.

13 Et ils se tinrent assis à terre auprès de lui sept jours et sept nuits, sans qu’aucun d’eux lui dit une parole, parce qu’ils voyaient combien sa douleur était excessive.

3,1 Alors Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance.

3,2 Job prit la parole et dit :

3,3 Périsse le jour où je suis né, et la nuit qui a dit : « Un homme est conçu ! »

3,4 Ce jour, qu’il se change en ténèbres, que Dieu d’en haut n’en ait pas souci, que la lumière ne brille pas sur lui !

3,5 Que les ténèbres et l’ombre de la mort le revendiquent, qu’un nuage épais le couvre, que l’éclipse de sa lumière jette l’épouvante !

3,6 Cette nuit, que les ténèbres en fassent leur proie, qu’elle ne compte pas dans les jours de l’année, qu’elle n’entre pas dans la supputation des mois !

3,7 Que cette nuit soit un désert stérile, qu’on n’y entende pas de cri d’allégresse !

3,8 Que ceux-là la maudissent, qui maudissent les jours, qui savent évoquer Léviathan !

3,9 Que les étoiles de son crépuscule s’obscurcissent, qu’elle attende la lumière, sans qu’elle vienne, et qu’elle ne voie point les paupières de l’aurore,

3,10 parce qu’elle ne m’a pas fermé les portes du sein, et n’a pas dérobé la souffrance à mes regards !

3,11 Que ne suis-je mort dès le ventre de ma mère, au sortir de ses entrailles que n’ai-je expiré !

3,12 Pourquoi ai-je trouvé deux genoux pour me recevoir, et pourquoi deux mamelles à sucer ?

3,13 Maintenant je serais couché et en paix, je dormirais et je me reposerais

3,14 avec les rois et les grands de la terre, qui se sont bâti des mausolées ;

3,15 avec les princes qui avaient de l’or, et remplissaient d’argent leur demeures.

3,16 Ou bien, comme l’avorton ignoré, je n’existerais pas, comme ces enfants qui n’ont pas vu la lumière.

3,17 Là les méchants n’exercent plus leurs violences, là se repose l’homme épuisé de forces ;

3,18 les captifs y sont tous en paix, ils n’entendent plus la voix de l’exacteur.

3,19 Là se trouvent le petit et le grand, l’esclave affranchi de son maître.

3,20 Pourquoi donner la lumière aux malheureux, et la vie à ceux dont l’âme est remplie d’amertume,

3,21 qui espèrent la mort, et la mort ne vient pas, qui la cherchent plus ardemment que les trésors ;

3,22 qui sont heureux, qui tressaillent d’aise et se réjouissent quand ils ont trouvé le tombeau ;

3,23 à l’homme dont la route est cachée et que Dieu enferme de toutes parts ?

3,24 Mes soupirs sont comme mon pain et mes gémissements se répandent comme l’eau.

3,25 Ce que je crains, c’est ce qui m’arrive ; ce que je redoute fond sur moi.

3,26 Plus de tranquillité, plus de paix, plus de repos, et le trouble m’a saisi.

4,1 Alors Eliphaz de Théman prit la parole et dit :

4,2 Si nous risquons un mot, peut-être en seras-tu affligé ; mais qui pourrait retenir ses paroles ?

4,3 Voilà que tu en as instruit plusieurs, que tu as fortifié les mains débiles,

4,4 que tes paroles ont relevé ceux qui chancelaient, que tu as raffermi les genoux vacillants !...

4,5 Et maintenant que le malheur vient à toi, tu faiblis ; maintenant qu’il t’atteint, tu perds courage !...

4,6 Ta crainte de Dieu n’était-elle pas ton espoir ? Ta confiance n’était-elle pas dans la pureté de ta vie ?

4,7 Cherche dans ton souvenir : quel est l’innocent qui a péri ? En quel lieu du monde les justes ont-ils été exterminés ?

4,8 Pour moi, je l’ai vu, ceux qui labourent l’iniquité et qui sèment l’injustice, en moissonnent les fruits.

4,9 Au souffle de Dieu ils périssent, ils sont consumés par le vent de sa colère.

4,10 Le rugissement du lion et sa voix tonnante sont étouffés, et les dents du jeune lion sont brisées ;

4,11 le lion périt faute de proie, et les petits de la lionne se dispersent.

4,12 Une parole est arrivée furtivement jusqu’à moi, et mon oreille en a saisi le léger murmure.

4,13 Dans le vague des visions de la nuit, à l’heure où un sommeil profond pèse sur les mortels,

4,14 une frayeur et un tremblement me saisirent, et agitèrent tous mes os.

4,15 Un esprit passait devant moi... Les poils de ma chair se hérissèrent.

4,16 Il se dressa, —je ne reconnus pas son visage,— comme un spectre sous mes yeux. Un grand silence, puis j’entendis une voix :

4,17 L’homme sera-t-il juste vis-à-vis de Dieu ? Un mortel sera-t-il pur en face de son Créateur ?

4,18 Voici qu’il ne se fie pas à ses serviteurs, et qu’il découvre des fautes dans ses anges :

4,19 combien plus en ceux qui habitent des maisons de boue, qui ont leurs fondements dans la poussière, qui seront réduits en poudre, comme par la teigne !

4,20 Du matin au soir ils sont exterminés, et sans que nul y prenne garde, ils périssent pour jamais.

4,21 La corde de leur tente est coupée, ils meurent avant d’avoir connu la sagesse.

5,1 Appelle donc ! Y aura-t-il quelqu’un qui te réponde ? Vers lequel des saints te tourneras-tu ?

5,2 La colère tue l’insensé, et l’emportement fait mourir le fou.

5,3 J’ai vu l’insensé étendre ses racines, et soudain j’ai maudit sa demeure.

5,4 Plus de salut pour ses fils ; on les écrase à la porte, et personne ne les défend.

5,5 L’homme affamé dévore sa moisson, il franchit la haie d’épines et l’emporte ; l’homme altéré engloutit ses richesses.

5,6 Car le malheur ne sort pas de la poussière, et la souffrance ne germe pas du sol,

5,7 de telle sorte que l’homme naisse pour la peine, comme les fils de la foudre pour élever leur vol.

5,8 A ta place, je me tournerais vers Dieu, c’est vers lui que je dirigerais ma prière.

5,9 Il fait des choses grandes, qu’on ne peut sonder ; des prodiges qu’on ne saurait compter.

M G V S

5,10 Il

Vlui qui verse la pluie sur la Vface de la terre, il envoie les eaux sur les campagnes

V et arrose d'eaux tous les lieux,

Crampon

5,11 il exalte ceux qui sont abaissés, et les affligés retrouvent le bonheur.

5,12 Il déjoue les projets des perfides, et leurs mains ne peuvent réaliser leurs complots.

5,13 Il prend les habiles dans leur propre ruse, et renverse les conseils des hommes astucieux.

5,14 Durant le jour, ils rencontrent les ténèbres ; en plein midi, ils tâtonnent comme dans la nuit.

5,15 Dieu sauve le faible du glaive de leur langue, et de la main du puissant.

5,16 Alors l’espérance revient au malheureux ; et l’iniquité ferme la bouche.

5,17 Heureux l’homme que Dieu châtie ! Ne méprise donc pas la correction du Tout-Puissant.

5,18 Car il fait la blessure, et il la bande ; il frappe, et sa main guérit.

5,19 Six fois il te délivrera de l’angoisse, et, à la septième, le mal ne t’atteindra pas.

5,20 Dans la famine, il te sauvera de la mort ; dans le combat, des coups d’épée.

5,21 Tu seras à l’abri du fouet de la langue, tu seras sans crainte quand viendra la dévastation.

5,22 Tu te riras de la dévastation et de la famine, tu ne redouteras pas les bêtes de la terre.

5,23 Car tu auras une alliance avec les pierres des champs, et les bêtes de la terre seront en paix avec toi.

5,24 Tu verras le bonheur régner sous ta tente ; tu visiteras tes pâturages, et rien n’y manquera.

5,25 Tu verras ta postérité s’accroître, et tes rejetons se multiplier comme l’herbe des champs.

5,26 Tu entreras mûr dans le tombeau, comme une gerbe qu’on enlève en son temps.

5,27 Voilà ce que nous avons observé : c’est la vérité ! Ecoute-le, et fais-en ton profit.

6,1 Alors Job prit la parole et dit :

6,2 Oh ! S’il était possible de peser mon affliction, et de mettre toutes ensemble mes calamités dans la balance !...

6,3 Elles seraient plus pesantes que le sable de la mer : voilà pourquoi mes paroles vont jusqu’à la folie.

6,4 Car les flèches du Tout-Puissant me transpercent, et mon âme en boit le venin ; les terreurs de Dieu sont rangées en bataille contre moi.

6,5 Est-ce que l’onagre rugit auprès de l’herbe tendre ? Est-ce que le bœuf mugit devant sa pâture ?

6,6 Comment se nourrir d’un mets fade et sans sel, ou bien trouver du goût au jus d’une herbe insipide ?

6,7 Ce que mon âme se refuse à toucher, c’est là mon pain, tout couvert de souillures.

6,8 Qui me donnera que mon vœu s’accomplisse, et que Dieu réalise mon attente !

6,9 Que Dieu daigne me briser, qu’il laisse aller sa main et qu’il tranche mes jours !

6,10 Et qu’il me reste du moins cette consolation, que j’en tressaille dans les maux dont il m’accable : de n’avoir jamais transgressé les commandements du Saint !

6,11 Quelle est ma force, pour que j’attende ? Quelle est la durée de mes jours, pour que j’aie patience ?

6,12 Ma force est-elle la force des pierres, et ma chair est-elle d’airain ?

6,13 Ne suis-je pas dénué de tout secours, et tout espoir de salut ne m’est-il pas enlevé ?

6,14 Le malheureux a droit à la pitié de son ami, eût-il même abandonné la crainte du Tout-Puissant.

6,15 Mes frères ont été perfides comme le torrent, comme l’eau des torrents qui s’écoulent.

M
G S
V

6,16 Assombris à cause de la glace, la neige se cache sur eux.

16 ...

16  Ceux qui craignent la gelée, la neige se précipitera sur eux.

Crampon

6,17 Au temps de la sécheresse, ils s’évanouissent ; aux premières chaleurs, leur lit est desséché.

6,18 Dans des sentiers divers leurs eaux se perdent, elles s’évaporent dans les airs, et ils tarissent.

6,19 Les caravanes de Théma comptaient sur eux ; les voyageurs de Saba espéraient en eux ;

6,20 ils sont frustrés dans leur attente ; arrivés sur leurs bords, ils restent confondus.

6,21 Ainsi vous me manquez à cette heure ; à la vue de l’infortune, vous fuyez épouvantés.

6,22 Vous ai-je dit : « Donnez-moi quelque chose, faites-moi part de vos biens,

6,23 délivrez-moi de la main de l’ennemi, arrachez-moi de la main des brigands ? »

6,24 Instruisez-moi, et je vous écouterai en silence ; faites-moi voir en quoi j’ai failli.

6,25 Qu’elles ont de force les paroles équitables ! Mais sur quoi tombe votre blâme ?

6,26 Voulez-vous donc censurer des mots ? Les discours échappés au désespoir sont la proie du vent.

6,27 Ah ! Vous jetez le filet sur un orphelin, vous creusez un piège à votre ennemi !

6,28 Maintenant, daignez vous retourner vers moi, et vous verrez si je vous mens en face.

6,29 Revenez, ne soyez pas injustes ; revenez, et mon innocence apparaîtra.

6,30 Y a-t-il de l’iniquité sur ma langue, ou bien mon palais ne sait-il pas discerner le mal ?