La Bible en ses Traditions

Romains 4,1–25 ; 9,1–33

Crampon

Quel avantage dirons-nous donc qu’Abraham, notre père, ait obtenu selon la chair ?

Si Abraham a été justifié par les œuvres, il a sujet de se glorifier. Mais il n’en a pas sujet devant Dieu.

En effet, que dit l’Écriture ? « Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice. »

Or, à celui qui fait une œuvre, le salaire est imputé, non comme une grâce, mais comme une chose due ;

et à celui qui ne fait aucune œuvre, mais qui croit en celui qui justifie l’impie, sa foi lui est imputée à justice.

C’est ainsi que David proclame la béatitude de l’homme à qui Dieu impute la justice indépendamment des œuvres :

Heureux ceux dont les iniquités sont pardonnées, et dont les péchés ont été couverts !

Heureux l’homme à qui le Seigneur n’impute pas son péché ! »

Ce bonheur n’est-il que pour les circoncis, ou est-il également pour les incirconcis ? Car nous disons que la foi fut imputée à justice à Abraham.

10 Comment donc lui fut-elle imputée ? Etait-ce en l’état de circoncision, ou en l’état d’incirconcision ? Ce ne fut pas dans l’état de circoncision, il était encore incirconcis.

11 Il reçut ensuite le signe de la circoncision comme sceau de la justice qu’il avait obtenue par la foi quand il était incirconcis, afin d’être le père de tous ceux qui ont la foi bien qu’incirconcis, pour que la justice leur soit aussi imputée,

12 et le père des circoncis, de ceux qui ne sont pas seulement circoncis, mais qui marchent en même temps sur les traces de la foi qu’avait notre père Abraham lorsqu’il était incirconcis.

13 En effet, ce n’est point par la Loi que l’héritage du monde a été promis à Abraham et à sa postérité ; c’est par la justice de la foi.

14 Car si ceux qui ont la Loi sont héritiers, la foi est vaine et la promesse est sans effet,

15 parce que la loi produit la colère, et que là où il n’y a pas de loi, il n’y a pas non plus de transgression.

16 Donc c’est bien par la foi, afin que ce soit par grâce, pour que la promesse soit assurée à toute la postérité, non seulement à ceux qui relèvent de la Loi, mais encore à ceux qui relèvent de la foi d’Abraham, notre père à tous,

17 selon qu’il est écrit : « Je t’ai fait père d’un grand nombre de nations. » Il l’est devant celui auquel il a cru, devant Dieu, qui donne la vie aux morts et qui appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient.

18 Espérant contre toute espérance, il crut, en sorte qu’il devint le père d’un grand nombre de nations, selon ce qui lui avait été dit : « Telle sera ta postérité. »

19 Et, inébranlable dans sa foi, il ne considéra pas que son corps était déjà éteint, puisqu’il avait près de cent ans, ni que le sein de Sara était épuisé.

20 Devant la promesse de Dieu, il n’eut ni hésitation ni défiance ; mais puisant sa force dans la foi, il rendit gloire à Dieu,

21 pleinement convaincu qu’il saura accomplir la promesse qu’il a faite.

22 Et voilà pourquoi sa foi lui fut imputée à justice.

23 Or ce n’est pas pour lui seul qu’il est écrit qu’elle lui fut imputée à justice,

24 mais c’est aussi pour nous, à qui elle doit être imputée, pour nous qui croyons en celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus-Christ, Notre-Seigneur,

25 lequel a été livré pour nos offenses, et est ressuscité pour notre justification.

9,1 Je dis la vérité dans le Christ, je ne mens point, ma conscience m’en rend témoignage par l’Esprit-Saint :

9,2 j’éprouve une grande tristesse et j’ai au cœur une douleur incessante.

9,3 Car je souhaiterais d’être moi-même anathème, loin du Christ, pour mes frères, mes parents selon la chair,

9,4 qui sont Israélites, à qui appartiennent l’adoption, et la gloire, et les alliances, et la Loi, et le culte, et les promesses,

9,5 et les patriarches, et de qui est issu le Christ selon la chair, lequel est au-dessus de toutes choses, Dieu, béni éternellement. Amen !

9,6 Ce n’est pas que la parole de Dieu ait failli. Car tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas le véritable Israël,

9,7 et pour être la postérité d’Abraham, tous ne sont pas ses enfants ; mais « C’est la postérité d’Isaac qui sera dite la postérité »,

9,8 c’est-à-dire que ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité d’Abraham.

9,9 Voici en effet les termes d’une promesse : « Je reviendrai à cette même époque, et Sara aura un fils. »

9,10 Et non seulement Sara ; mais il en fut encore ainsi de Rebecca qui conçut deux enfants d’un seul homme, d’Isaac notre père ;

9,11 car, avant même que les enfants fussent nés, et qu’ils eussent rien fait, ni bien ni mal, — afin que le dessein électif de Dieu fût reconnu ferme,

9,12 non en vertu des œuvres, mais par le choix de celui qui appelle, — il fut dit à Rebecca : « L’aîné sera assujetti au plus jeune, »

9,13 selon qu’il est écrit : « J’ai aimé Jacob, et j’ai haï Esaü. »

9,14 Que dirons-nous donc ? Y a-t-il de l’injustice en Dieu ? Loin de là !

9,15 Car il dit à Moïse : « Je ferai miséricorde à qui je veux faire miséricorde, et j’aurai compassion de qui je veux avoir compassion. »

9,16 Ainsi donc l’élection ne dépend ni de la volonté, ni des efforts, mais de Dieu qui fait miséricorde.

9,17 Car l’Écriture dit à Pharaon : « Je t’ai suscité, pour montrer en toi ma puissance, et pour que mon nom soit célébré sur toute la terre. »

9,18 Ainsi il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut.

9,19 Tu me diras : De quoi donc Dieu se plaint-il encore ? Car qui peut s’opposer à sa volonté ?

9,20 Mais plutôt, ô homme, qui es-tu pour contester avec Dieu ? Est-ce que le vase d’argile dit à celui qui l’a façonné : Pourquoi m’as-tu fait ainsi ?

9,21 Le potier n’est-il pas maître de son argile, pour faire de la même masse un vase d’honneur et un vase d’ignominie ?

9,22 Et si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère, formés pour la perdition,

9,23 et s’il a voulu faire connaître aussi les richesses de sa gloire à l’égard des vases de miséricorde qu’il a d’avance préparés pour la gloire,

9,24 envers nous, qu’il a appelés, non seulement d’entre les Juifs, mais encore d’entre les Gentils, où est l’injustice ?

9,25 C’est ainsi qu’il dit dans Osée : « Celui qui n’était pas mon peuple, je l’appellerai mon peuple et celle qui n’était pas la bien-aimée, je l’appellerai bien-aimée. »

9,26 « Et dans le lieu où il leur fut dit : Vous n’êtes pas mon peuple, là même on les appellera fils du Dieu vivant. »

9,27 D’autre part, Isaïe s’écrie au sujet d’Israël : « Quand le nombre des fils d’Israël serait comme le sable de la mer, un faible reste seulement sera sauvé. »

9,28 Car accomplissant sa parole pleinement et promptement, il l’exécutera sur la terre [en toute justice].

9,29 Et comme Isaïe l’avait prédit : « Si le Seigneur des armées ne nous avait laissé un rejeton, nous serions devenus comme Sodome, et nous aurions été semblables à Gomorrhe. »

9,30 Que dirons- donc ? Que les Gentils, qui ne cherchaient pas la justice, on atteint la justice, mais la justice qui vient de la foi,

9,31 tandis qu’Israël, qui cherchait une loi de justice, n’est point venu à une loi de justice.

9,32 Pourquoi ? parce qu’il a cherché à l’atteindre, non par la foi, mais comme s’il avait pu arriver par les œuvres. Il s’est heurté contre la pierre d’achoppement,

9,33 selon qu’il est écrit : « Voici que je mets en Sion une pierre d’achoppement et un rocher de scandale, mais quiconque croit en lui ne sera pas confondu. »