Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 C’est la sagesse qui garda le premier homme formé par Dieu, pour être le père du genre humain, le seul créé ;
2 elle le tira de son péché, et lui donna le pouvoir de gouverner toutes les créatures.
3 S’étant éloigné d’elle dans sa colère, l’injuste périt avec sa fureur fratricide.
4 Quand, à cause de lui, la terre fut submergée, la sagesse la sauva, dirigeant le juste sur un bois sans valeur.
5 Lorsque les nations étaient confondues dans leur commune iniquité, la sagesse connut le juste et le conserva sans reproche devant Dieu, et le garda invincible contre sa tendresse pour son fils
6 Ce fut elle qui, au milieu de la ruine des méchants, sauva le juste, qui s’enfuit loin du feu descendu sur les cinq villes.
7 En témoignage de leur perversité, cette terre désolée continue de fumer, les arbres portent leurs fruits hors de saison ; monument d’une âme incrédule, une colonne de sel reste là debout.
8 Ayant négligé la sagesse, non seulement ils ont été privés de la connaissance du bien, mais ils ont laissé aux vivants un monument de leur folie, afin que leurs crimes ne puissent tomber dans l’oubli.
9 Mais la sagesse a délivré du malheur ses fidèles.
10 C’est elle qui conduisit par des voies droites le juste fuyant la colère de son frère, qui lui montra le royaume de Dieu, et lui donna la science des choses saintes ; elle l’enrichit dans ses pénibles labeurs, et fit fructifier ses travaux.
11 Elle l’assista contre d’avares oppresseurs, et lui fit acquérir des richesses.
12 Elle garda contre ses ennemis, et le protégea contre ceux qui lui dressaient des embûches ; elle lui donna la victoire dans un rude combat, pour lui apprendre que la piété est plus puissante que tout.
13 Elle n’abandonna pas le juste vendu, mais le préserva du péché ;
14 elle descendit avec lui dans la fosse, et ne le quitta pas dans les chaînes, jusqu’à ce qu’elle lui eut procuré le sceptre royal, et la puissance sur ses oppresseurs ; elle convainquit de mensonge ceux qui l’avaient accusé, et lui donna une gloire éternelle.
15 Elle délivra des nations qui l’opprimaient le peuple saint et la race sans reproche.
16 Elle entra dans l’âme du serviteur de Dieu, et, par des signes et des prodiges, elle tint tête à des rois redoutables.
17 Elle rendit aux saints le salaire de leurs travaux, elle les conduisit par une route semée de merveilles, et fut pour eux un ombrage pendant le jour, et comme la lumière des étoiles pendant la nuit.
18 Elle leur fit traverser la mer Rouge, et les conduisit à travers les grandes eaux.
19 Elle submergea leurs ennemis, puis des profondeurs de l’abîme elle les rejeta.
20 C’est pourquoi les justes enlevèrent les dépouilles des impies, et chantèrent votre saint nom, Seigneur, et louèrent de concert votre main qui combattait pour eux.
21 Car la sagesse ouvrit la bouche des muets et rendit éloquente la langue des enfants.
11,1 Elle fit réussir leurs œuvres par la main d’un saint prophète.
11,2 Ils firent route à travers un désert inhabité, et dressèrent leurs tentes dans des régions sans chemin.
11,3 Ils résistèrent à leurs ennemis, et tirèrent vengeance de leurs adversaires.
11,4 Ils éprouvèrent la soif et vous invoquèrent, et l’eau leur fut donnée d’un rocher escarpé, et d’une pierre, l’apaisement de leur soif.
11,5 Ce qui avait fait le châtiment de leurs ennemis devint pour eux une bénédiction dans leur détresse.
11,6 En effet, tandis que les eaux d’un fleuve intarissable étaient troublées par un sang impur,
11,7 en punition du décret qui frappait de mort les enfants, vous donniez à vos fidèles, contre tout espoir, une eau abondante,
11,8 leur montrant ainsi, par la soif qu’ils ressentirent alors, de quel châtiment vous frappiez vos adversaires.
11,9 Après cette épreuve, quoique punis avec miséricorde, ils surent comment étaient tourmentés les impies jugés dans la colère.
11,10 Vous avez éprouvé les uns comme un père qui avertit, et vous avez châtié les autres comme un roi sévère qui condamne.
11,11 Absents ou présents, ils furent également tourmentés.
11,12 Un double chagrin les saisit, et ils gémissaient au souvenir de ce qui était arrivé.
11,13 Car en apprenant que leurs propres tourments tournaient à l’avantage des fugitifs, ils reconnurent la main du Seigneur.
11,14 Celui qu’ils avaient autrefois exposé et rejeté avec mépris, ils l’admirèrent à la fin des événements, lorsqu’ils eurent souffert une soif bien différente de celle des justes.
11,15 En punition des pensées extravagantes de leur perversité, qui les égaraient et leur faisaient adorer des reptiles sans raison et de vils animaux, vous leur envoyâtes en châtiment une multitude de bêtes stupides :
11,16 pour leur apprendre que l’on est puni par où l’on a péché.
11,17 Il n’était pas difficile à votre main toute-puissante, qui a fait le monde d’une matière informe, d’envoyer contre eux une multitude d’ours ou de lions féroces,
11,18 ou des bêtes nouvellement créées, pleines de fureur et inconnues, respirant une vapeur enflammée, exhalant une fumée infecte, ou lançant par les yeux de terribles éclairs,
11,19 capables, non seulement de donner la mort par une blessure, mais de foudroyer de peur par leur seul aspect.
11,20 Et, sans cela même, ils pouvaient périr par un simple souffle, poursuivis par la justice, et dispersés par le souffle de votre puissance. Mais vous avez tout réglé avec mesure, avec nombre et avec poids.
11,21 Car la souveraine puissance est toujours à vos ordres, et qui donc résisterait à la force de votre bras ?
11,22 Le monde entier est devant vous comme l’atome qui fait pencher la balance, comme la goutte de rosée matinale qui tombe sur la terre.
11,23 Mais, parce que vous pouvez tout, vous avez pitié de tous, et vous fermez les yeux sur les péchés des hommes pour qu’ils se repentent.
11,24 Car vous aimez toutes les créatures, et vous ne haïssez rien de ce que vous avez fait ; si vous aviez haï une chose, vous ne l’auriez pas faite.
11,25 Et comment un être subsisterait-il, si vous ne le vouliez, se conserverait-il, si vous ne l’aviez appelé à l’existence ?
11,26 Mais vous pardonnez à tous, parce que tout est à vous, Seigneur, qui aimez les âmes.