Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 Cantique des Cantiques, de Salomon.
2 Qu’il me baise des baisers de sa bouche ! Car ton amour est meilleur que le vin ;
3 tes parfums ont une odeur suave, ton nom est une huile épandue ; c’est pourquoi les jeunes filles t’aiment.
4 Entraîne-moi après toi ; courons ! Le roi m’a fait entrer dans ses appartements ; nous tressaillirons, nous nous réjouirons en toi : nous célébrerons ton amour plus que le vin. Qu’on a raison de t’aimer !
5 L’Epouse. Je suis noire mais belle, filles de Jérusalem , comme les tentes de Cédar, comme les pavillons de Salomon.
6 Ne prenez pas garde à mon teint noir, c’est le soleil qui m’a brûlée ; les fils de ma mère se sont irrités contre moi ; ils m’ont mise à garder des vignes ; ma vigne, à moi, je ne l’ai pas gardée. ?
7 Dis-moi, ô toi que mon cœur aime, où tu mènes paître tes brebis, où tu les fais reposer à midi, pour que je ne sois pas comme une égarée, autour des troupeaux de tes compagnons.
8 Le Chœur. Si tu ne le sais pas, ô la plus belle des femmes, sors sur les traces de ton troupeau, et mène paître tes chevreaux près des huttes des bergers.
9 A ma cavale, quand elle est attelée aux chars de Pharaon, je te compare, ô mon amie.
10 Tes joues sont belles au milieu des colliers, ton cou est beau au milieu des rangées de perles.
11 Nous te ferons des colliers d’or, pointillés d’argent.
12 L’ÉPOUSE. Tandis que le roi était à son divan, mon nard a donné son parfum.
13 Mon bien-aimé est pour moi un sachet de myrrhe, qui repose entre mes seins.
14 Mon bien-aimé est pour moi une grappe de cypre, dans les vignes d’Engaddi :
15 L’EPOUX. Oui, tu es belle, mon amie ; oui, tu es belle ! Tes yeux sont des yeux de colombe.
16 L’ÉPOUSE. Oui, tu es beau, mon bien-aimé ; oui, tu es charmant ! Notre lit est un lit de verdure.
17 L’ÉPOUX. Les poutres de nos maisons sont des cèdres ; nos lambris sont des cyprès.
2,1 L’ÉPOUSE. Je suis le narcisse de Saron, le lis des vallées.
2,2 L’ÉPOUX. Comme un lis au milieu des épines, telle est mon amie parmi les jeunes filles.
2,3 L’ÉPOUSE. Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt, tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes. J’ai désiré m’asseoir à son ombre, et son fruit est doux à mon palais.
2,4 Il m’a fait entrer dans son cellier, et la bannière qu’il lève sur moi, c’est l’amour.
2,5 Soutenez-moi avec des gâteaux de raisin, fortifiez-moi avec des pommes, car je suis malade d’amour.
2,6 Que sa main gauche soutienne ma tête, et que sa droite me tienne embrassée.
2,7 L’EPOUX. Je vous en conjure, filles de Jérusalem ; par les gazelles et les biches des champs ; n’éveillez pas, ne réveillez pas la bien-aimée, avant qu’elle le veuille.
2,8 L’ÉPOUSE. La voix de mon bien-aimé ! Voici qu’il vient, bondissant sur les montagnes, sautant sur les collines.
2,9 Mon bien-aimé est semblable à la gazelle, ou au faon des biches. Le voici, il est derrière notre mur, regardant par la fenêtre, épiant par le treillis.
2,10 Mon bien-aimé a pris la parole, il m’a dit : « Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens !
2,11 Car voici que l’hiver est fini ; la pluie a cessé, elle a disparu.
2,12 Les fleurs ont paru sur la terre, le temps des chants est arrivé ; la voix de la tourterelle s’est fait entendre dans nos campagnes ;
2,13 le figuier pousse ses fruits naissants, la vigne en fleur donne son parfum. Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens !
2,14 Ma colombe, qui te tiens dans la fente du rocher, dans l’abri des parois escarpées. montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix ; car ta voix est douce, et ton visage charmant.
2,15 Prenez-nous les renards, les petits renards, qui ravagent les vignes, car nos vignes sont en fleur. »
2,16 Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui il fait paître son troupeau parmi les lis.
2,17 Avant que vienne la fraîcheur du jour, et que les ombres fuient, reviens !... Sois semblable, mon bien-aimé, à la gazelle ou au faon des biches, sur les montagnes ravinées.
3,1 Sur ma couche, pendant la nuit, j’ai cherché celui que mon cœur aime ; je l’ai cherché et je ne l’ai point trouvé.
3,2 Levons-nous, me suis-je dit, parcourons la ville ; les rues et les places, cherchons celui que mon Cœur aime, » Je l’ai cherché et Je ne l’ai point trouvé.
3,3 Les gardes m’ont rencontrée, ceux qui font la ronde dans la ville : « Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? »
3,4 A peine les avais-je dépassés, que j’ai trouvé celui que mon cœur aime. Je l’ai saisi et je ne le lâcherai pas, jusqu’à ce que je l’aie introduit dans la maison de ma mère, et dans la chambre de celle qui m’a donné le jour.
3,5 L’ÉPOUX. Je vous en conjure, filles de Jérusalem, par les gazelles et les biches des champs, n’éveillez pas, ne réveillez pas la bien-aimée, avant qu’elle le veuille.
3,6 LE CHŒUR. Quelle est celle-ci qui monte du désert, comme une colonne de fumée, exhalant la myrrhe et l’encens, tous les aromates des marchands ?
3,7 Voici le palanquin de Salomon ; autour de lui, soixante braves, d’entre les vaillants d’Israël ;
3,8 tous sont armés de l’épée, exercés au combat ; chacun porte son épée sur sa hanche, pour écarter les alarmes de la nuit.
3,9 Le roi Salomon s’est fait une litière des bois du Liban.
3,10 Il en a fait les colonnes d’argent, le dossier d’or, le siège de pourpre ; au milieu est une broderie, œuvre d’amour des filles de Jérusalem.
3,11 Sortez, filles de Sion, et voyez le roi Salomon ; avec la couronne dont sa mère l’a couronné, le jour de ses épousailles, le jour de la joie de son cœur.
4,1 L’ÉPOUX. Oui, tu es belle, mon amie ; oui, tu es belle Tes yeux sont des yeux de colombes derrière ton voile ; tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres, suspendues aux flancs de la montagne de Galaad.
4,2 Tes dents sont comme un troupeau de brebis tondues ; qui remontent du lavoir ; chacune porte deux jumeaux, et parmi elles il n’est pas de stérile.
4,3 Tes lèvres sont comme un fil de pourpre, et ta bouche est charmante ; ta joue est comme une moitié de grenade, derrière ton voile.
4,4 Ton cou est comme la tour de David, bâtie pour servir d’arsenal ; mille boucliers y sont suspendus, tous les boucliers des braves.
4,5 Tes deux seins sont comme deux faons, jumeaux d’une gazelle, qui paissent au milieu des lis.
4,6 Avant que vienne la fraîcheur du jour, et que les ombres fuient, j’irai à la montagne de la myrrhe, et à la colline de l’encens.
4,7 Tu es toute belle, mon amie, et il n’y a pas de tache en toi !
4,8 Avec moi, viens du Liban, ma fiancée, viens avec moi du Liban ! Regarde du sommet de l’Amana, du sommet du Sanir et de l’Hermon, des tanières des lions, des montagnes des léopards.
4,9 Tu m’as ravi le cœur, ma sœur fiancée tu m’as ravi le cœur par un seul de tes regards, par une seule des perles de ton collier.
4,10 Que ton amour a de charme, ma sœur fiancée ! Combien ton amour est meilleur que le vin, et l’odeur de tes parfums, que tous les aromates !
4,11 Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée, le miel et le lait sont sous ta langue, et l’odeur de tes vêtements est comme l’odeur du Liban.
4,12 C’est un jardin fermé que ma sœur fiancée, une source fermée, une fontaine scellée.
4,13 Tes pousses sont un bosquet de grenadiers, avec les fruits les plus exquis ; le cypre avec le nard,
4,14 le nard et le safran, la cannelle et le cinnamome, avec tous les arbres à encens, la myrrhe et l’aloès, avec tous les meilleurs baumiers.
4,15 Source de jardins, puits d’eaux vives, ruisseau qui coule du Liban.
4,16 L’ÉPOUSE. Levez-vous aquilons. Venez autans ! Soufflez sur mon jardin, et que ses baumiers exsudent ! Que mon bien-aimé entre dans son jardin, et qu’il mange de ses beaux fruits !
5,1 L’ÉPOUX. Je suis entré dans mon jardin, ma sœur fiancée, j’ai cueilli ma myrrhe avec mon baume ; j’ai mangé mon rayon avec mon miel, j’ai bu mon vin avec mon lait ! Mangez, amis, buvez, enivrez-vous, mes bien-aimés.
5,2 L’ÉPOUSE. Je dors mais mon cœur veille. C’est la,voix de mon bien-aimé ! Il frappe : « Ouvre-moi, ma sœur, mon amie, ma colombe, mon immaculée ; car ma tête est couverte de rosée ; les boucles de mes cheveux sont trempées des gouttes de la nuit. »
5,3 J’ai ôté ma tunique, comment la remettre ? J’ai lavé mes pieds, comment les salirais-je ?
5,4 Mon bien-aimé a passé la main par le trou de la serrure, et mes entrailles se sont émues sur lui.
5,5 Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé, et de mes mains a dégoutté la myrrhe, de mes doigts la myrrhe exquise, sur la poignée du verrou.
5,6 J’ouvre à mon bien-aimé ; mais mon bien-aimé avait disparu, il avait fui. J’étais hors de moi quand il me parlait. Je l’ai cherché, et ne l’ai pas trouvé ; je l’ai appelé, il ne m’a pas répondu. Les gardes m’ont rencontrée, ceux qui font la ronde dans la ville ; ils m’ont frappée, ils m’ont meurtrie ;
5,7 Ils m’ont enlevé mon manteau, ceux qui gardent la muraille.
5,8 Je vous en conjure, filles de Jérusalem, si vous trouvez mon bien-aimé, que lui direz-vous ? Que je suis malade d’amour !
5,9 LE CHŒUR. Qu’a donc ton bien-aimé de plus qu’un autre bien-aimé, ô la plus belle des femmes ? Qu’a donc ton bien-aimé de plus qu’un autre bien-aimé, pour que tu nous conjures de la sorte ?
5,10 L’EPOUSE. Mon bien-aimé est frais et vermeil ; il se distingue entre dix mille.
5,11 Sa tête est de l’or pur, ses boucles de cheveux, flexibles comme des palmes, sont noires comme le corbeau.
5,12 Ses yeux sont comme des colombes au bord des ruisseaux, se baignant dans le lait, posées sur les rives.
5,13 Ses joues sont comme des parterres de baumiers, des carrés de plantes odorantes ; ses lèvres sont des lis, d’où découle la myrrhe la plus pure.
5,14 Ses mains sont des cylindres d’or, émaillés de pierres de Tharsis ; son sein est un chef-d’œuvre d’ivoire, couvert de saphirs.
5,15 Ses jambes sont des colonnes d’albâtre, posées sur des bases d’or pur. Son aspect est celui du Liban, élégant comme le cèdre.
5,16 Son palais n’est que douceur, et toute sa personne n’est que charme. Tel est mon bien-aimé, tel est mon ami, filles de Jérusalem.
6,1 LE CHŒUR. Où est allé ton bien-aimé, la plus belle des femmes ? De quel côté ton bien-aimé s’est-il tourné, pour que nous le cherchions avec toi ?
6,2 L’EPOUSE Mon bien-aimé est descendu dans son jardin, aux parterres de baumiers, pour faire paître son troupeau dans les jardins, et pour cueillir des lis.
6,3 Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi ; il fait paître son troupeau parmi les lis.
6,4 L’ÉPOUX. Tu es belle, mon amie, comme Thirsa, charmante comme Jérusalem, mais terrible comme des bataillons.
6,5 Détourne de moi tes yeux, car ils me troublent. Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres, suspendues aux flancs de la montagne de Galaad.
6,6 Tes dents sont comme un troupeau de brebis, qui remontent du lavoir ; chacune porte deux jumeaux ; et parmi elles, il n’est pas de stérile.
6,7 Ta joue est comme une moitié de grenade, derrière ton voile.
6,8 Il y a soixante reines, quatre-vingts concubines, et des jeunes filles sans nombre :
6,9 une seule est ma colombe, mon immaculée ; elle est l’unique de sa mère, la préférée de celle qui lui donna le jour. Les jeunes filles l’ont vue et l’ont proclamée bienheureuse ; les reines et les concubines l’ont vue et l’ont louée :
6,10 « Quelle est celle-ci qui apparaît comme l’aurore, belle comme la lune, pure comme le soleil, mais terrible comme des bataillons ? »
6,11 J’étais descendu au jardin des noyers, pour voir les herbes de la vallée, pour voir si la vigne pousse, si les grenadiers sont en fleurs.
6,12 Je ne sais, mais mon amour m’a fait monter sur les chars de mon noble peuple.
7,1 LE CHŒUR. Reviens, reviens, Sulamite ? Reviens, reviens, afin que nous te regardions.
7,2 : L’ÉPOUX. Pourquoi regardez-vous la Sulamite, comme une danse de Machanaïm
7,3 LE CHŒUR. Que tes pieds sont beaux dans tes sandales, fille de prince ! La courbure de tes reins est comme un collier, œuvre d’un artiste.
7,4 Ton nombril est une coupe arrondie, où le vin aromatisé ne manque pas. Ton ventre est un monceau de froment, entouré de lis.
7,5 Tes deux seins sont comme deux faons, jumeaux d’une gazelle.
7,6 Ton cou est comme une tour d’ivoire ; tes yeux sont comme les piscines d’Hésébon, près de la porte de cette ville populeuse. Ton nez est comme la Tour du Liban, qui surveille le côté de Damas.
7,7 Ta tête est posée sur toi comme le Carmel, la chevelure de ta tête est comme la pourpre rouge ; un roi est enchaîné à ses boucles.
7,8 L’ÉPOUX. Que tu es belle, que tu es charmante, mon amour, au milieu des délices !
7,9 Ta taille ressemble au palmier, et tes seins à ses grappes.
7,10 J’ai dit : je monterai au palmier, j’en saisirai les régimes. Que tes seins soient comme les grappes de la vigne, le parfum de ton souffle comme celui des pommes,
7,11 et ton palais comme un vin exquis !
7,12 : L’ÉPOUSE. Qui coule aisément pour mon bien-aimé, qui glisse sur les lèvres de ceux qui s’endorment.
7,13 Je suis à mon bien-aimé, et c’est vers moi qu’il porte ses désirs.
7,14 Viens, mon bien-aimé, sortons dans les champs ; passons la nuit dans les villages.
8,1 Oh ! que ne m’es-tu un frère, qui aurait sucé les mamelles de ma mère ! Te rencontrant dehors, je t’embrasserais, et on ne pourrait me mépriser.
8,2 Je t’amènerais, je t’introduirais dans la maison de ma mère : tu m’enseignerais ; et je te ferais boire du vin aromatisé, le jus de mes grenades.
8,3 Sa main gauche est sous ma tête, et sa droite me tient embrassée.
8,4 L’ÉPOUX. Je vous en conjure, filles de Jérusalem, n’éveillez pas, ne réveillez pas la bien-aimée ; avant qu’elle le veuille.
8,5 LE CHŒUR. Quelle est celle-ci qui monte du désert, appuyée sur son bien-aimé ?
8,6 : L’ÉPOUX. t’ai réveillée sous le pommier ; là, ta mère t’a conçue ; là, elle t’a conçue, là, elle t’a donné le jour.
8,7 Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras ; car l’amour est fort comme la mort, la jalousie est inflexible comme le schéol. Ses ardeurs sont des ardeurs de feu, une flamme de Yahweh.
8,8 Les grandes eaux ne sauraient éteindre l’amour, et les fleuves ne le submergeraient pas. Un homme donnerait-il pour l’amour toutes les richesses de sa maison, on ne ferait que le mépriser.
8,9 LE CHŒUR. Nous avons une petite sœur, qui n’a pas encore de mamelles : que ferons-nous à notre sœur le jour où on la recherchera ?
8,10 Si elle est un mur, nous lui ferons un couronnement d’argent ; si elle est une porte, nous la fermerons avec des ais de cèdre.
8,11 L’EPOUSE. Je suis un mur, et mes seins sont comme des tours, aussi suis-je, à ses yeux, celle qui a trouvé la paix,
8,12 LE CHŒUR. Salomon avait une vigne à Baal-Hamon, il remit la vigne à des gardiens, et pour son fruit chacun devait lui apporter mille sicles d’argent.
8,13 L’EPOUSE. La vigne qui est à moi, j’en dispose : à toi, Salomon, les milles sicles, et deux cents aux gardiens de son fruit.
8,14 L’ÉPOUX. Toi qui habites les jardins les compagnons prêtent l’oreille à ta voix : daigne me la faire entendre
8,15 L’ÉPOUSE. Cours, mon bien aimé, et sois semblable à la gazelle, ou au faon des biches, sur les montagnes des baumiers !
1,4a Entraîne-moi
1,4 appartements Chambre de stockage, chambre intime
5,2 couverte Litt. "remplie", "pleine".
1,6–14 ; 2,13ss Vigne FLORE Vitis vinifera
Vigne près de Nahal Ilan (Israël)
Photo : M.R. Fournier (avril 2022) © BEST AISBL
Vigne: Gn 9,20 ; 40,9-11 ; 49,11-12 ; Ex 22,4 ; 23,11 ; Lv 19,10.19 ; 25,3 ; Nb 6,4 ; 13,23 ; 20,5.17 ; 21,22 ; 22,24 ; Dt 6,11 ; 8,8 ; 20,6 ; 22,9 ; 23,24 ; 24,21 ; 28,30.39 ; 32,32 ; Jg 9,12.13.27 ; 13,14 ; 14,5 ; 15,5 ; 21,20.21 ; 1S 8,14-15 ; 22,7 ; 1R 5,5 ; 21,1-2.6.7.15-16.18 ; 2R 4,39 ; 5,26 ; 18,31-32 ; 19,29 ; 1Ch 27,27 ; Ne 5,3-5.11 ; 9,25 ; 1M 3,56 ; 14,12 ; Jb 15,33 ; 24,6 ; Ps 78,47 ; 80,9-16 ; 105,33 ; 107,37 ; 128,3 ; Pr 9,12 ; 24,30 ; 31,16 ; Qo 2,4 ; Ct 1,6.14 ; 2,13.15 ; 6,11 ; 7,9.13 ; 8,11.12 ; Si 24,17.23 ; Is 1,8 ; 3,14 ; 5,1-17 ; 7,23 ; 16,8-10 ; 17,10 ; 24,7 ; 32,12 ; 34,4 ; 35,9 ; 36,16 ; 48,32 ; 63,3 ; 65,21 ; Ez 15,2.6 ; Ez 17,5-10 ; 19,10 ; 28,26 ; Jr 2,21 ; 5,17 ; 6,9 ; 8,13 ; 12,10 ; 32,15 ; 35,7.9 ; 39,10 ; Os 2,14.17 ; Os 2,14 ; 10,1 ; 14,8 ; Jl 1,12 ; 2,22 ; 1,7 . Am 4,9 ; 5,17 ; 9,14 ; Mi 1,6 ; 4,4 ; Ha 3,17 ; Ag 2,19 ; Za 3,10 ; 8,12 ; Mt 20,1-2.4.7.8 ; Mt 21,28.33.39-41 ; 26,27-29 ; Mc 12,1-2.8-9 ; Lc 13,6 ; 20,9-16 ; 22,18 ; Jn 15,1-6 ; Jc 3,12 : 1Co 9,7 ; Ap 14,18-20 ;
La culture de la vigne est si ancienne, qu’il est difficile de connaître précisément son origine. Dans la Bible elle commence avec Noé (Gn 9,20) et sa présence est attestée ensuite en Égypte (Gn 40,9-11 ; représentations picturales dans les tombeaux d’Égypte) et en Canaan (Nb 13,24). On considère généralement que la vigne est originaire de l’Arménie et des régions de la Mer Caspienne (, Bible Plants, p. 242).
Illustration botanique de la vigne, Müller
Köhler's Medizinal-Pflanzen , 1887, © Domaine public
Avant de planter une vigne il est important de préparer le sol à la bêche en creusant un sillon (→ Naturalis historia 17,159), et d’enlever les pierres (Is 5,2).
Il existe différentes techniques de culture de vigne :
Après 3 ans d’entretien, la vigne porte du fruit la 4e année.
1,12b nard FLORE Nard de l'Himalaya Plusieurs plantes à racines odorantes ont porté le nom de « nard » (nard de Syrie, nard celtique, nard de Crète ou sauvage, nard des champs) mais le nard pur dont il est question dans la Bible est celui que → Naturalis historia 12,26 présente comme le plus réputé et le plus cher : Nardostachys jatamansi appelé communement nard de l'Himalaya ou nard indien.
Nardostachys jatamansi (grandiflora)
Illustration dans Curtis's botanical magazine, , 1881 © Domaine public
Cette plante pousse en haute altitude (3000 à 6000 m) en Inde (→ Historia plantarum 9,7,2) dans la partie est de l’Himalaya. D’après → Naturalis historia 16,59, elle ne supporte pas la transplantation hors de l’Inde.
1,13 ; 3,6 ; 4,6.14 ; 5,1.5.13 myrrhe FLORE Arbre à myrrhe (basalmier)
Illustration botanique de Commiphora myrrha (arbre à myrrhe ou basalmier) de (1833-1887)
Köhler's Medizinal-Pflanzen 1887 © Domaine public→
Ex 30,23 ; Ex 30,23 ; M, G – Est 2,12 ; Ps 45,9 ; Pr 7,17 ; Ct 1,13 ; 3,6 ; 4,6.14 ; 5,1.5.13 ; M – Si 24,15 ; Mt 2,11 ; Mc 15,23 ; Jn 19,39 ; Ap 18,13
La myrrhe est « môr » en hébreu et « smurna » en grec. Le mot « muron » en grec qui généralement est traduit par « huile parfumée » ( Ex 30,25 ; 1Ch 9,30 ; 2Ch 16,14 ; Jdt 10,3 ; Ps 132,2 ; Pr 27,9 ; Ct 1,3-4 ; Ct 4,14 ; Am 6,6 ; Is 39,2 ; Ez 27,17 ; Mt 26,7.12 ; Mc 14,3-5 ; Lc 7,37-38.46 ; Lc 23,56 ; Jn 11,2 ; 12,3.5.) est traduit par « myrrhe» en Ap 18,13. Il s'agirait probalement d'une huile à base de myrrhe et d'autres aromates (cf. Ct 4,14).
Originaire d’Afrique de l’Est (Éthiopie, Somalie) et du sud de l’Arabie (Yémen, Oman).
Myrrhe
Photo : Leo_65 / 319 Bilder de Pixabay (2014) © Domaine public
En raison de son goût amer et de son efficacité pour soigner et apaiser les blessures, la myrrhe évoque la souffrance.
Parce qu’elle sert à l’embaumement, elle est associée à la mort.
Les deux précédents symboles manifestant la vulnérabilité de la nature humaine, la myrrhe devient aussi symbole d’humanité.
Ce parfum précieux était généralement réservé à l’embaumement des rois.
Comme l’amour, la myrrhe dégage un parfum envoûtant et puissant. (Ps 45,9 et Ct 1,13)
Le prénom de Marie « Mariam » ou « Myriam » signifie « mer de myrrhe » ou « mer d'amertume».
1,14a FLORE Cypre (Henné) Le mot hébreu « kopher » [kōper], traduit par « kupros » dans la Septante et « cyprius » dans la Vulgate (afin de reproduire la phonétique du mot) désigne l’arbuste Lawsonia inermis appelé communément « henné ».
Illustration botanique de Lawsonia inermis,
in Flora de Filipinas, Gran edicionde Francisco Manuel , 1880 © Domaine public→
Cette plante pousse naturellement dans les régions allant du nord-est de l’Afrique au nord-ouest de l’Inde. Elle fut cultivée très tôt au Proche-Orient. On la retrouve encore aujourd’hui dans la vallée du Jourdain jusqu’à Jéricho.
1,17 Le cyprès FLORE Cyprès
Cyprès sur le Mont Scopus (Jérusalem)
Photo: M.R. Fournier (2021) © BEST AISBL
Le cyprès est un conifère. Il existe environ trente espèces de cyprès. L’espèce la plus présente au Moyen-Orient est le cyprès commun (Cupressus Sempervirens) appelé aussi « cyprès d’Italie » ou « cyprès de Provence ».
Cette espèce est originaire d’Asie mineure et s’est répandue autour du bassin méditerranéen et dans le reste du globe. En régions montagneuses il pousse en compagnie du cèdre. (Mt Liban, Mt Hermon) mais, ne résistant pas au grand froid, on ne le trouve pas sur les sommets. écrit que l’on trouve le cyprès dans les pays de soleil comme la Crète, la Lycie et Rhodes. (→ Historia plantarum 4,5,1 )
Illustration botanique de Cupressus sempervirens (1818),
dans Traité des arbres et arbustes que l'on cultive en France en pleine terre de
Autres
En raison de ses feuilles persistantes, de son bois réputé imputrescible, de sa longévité (jusqu’à 2000 ans), de son odeur d’encens, le cyprès, « arbre funèbre », devient signe de vie éternelle.
Une légende très en vogue à l’époque médiévale, et qui contient de nombreuses variantes, présente le cyprès comme l'un des arbres dont fut tirée la croix du Christ.
1,17 FLORE Cèdre du Liban
Forêt des cèdres de Dieu au Liban (Bcharré)
Photo : BlingBling10 (août 2007) © CC-BY-SA-3.0→
Nb 24,6 ; Jg 9,15 ; 2S 5,11 ; 1R 6,9.15-16.18.36 ; 7,2.3.7.11.12 ; 9,11 ; 2R 14,9 ; 19,23 ; 1Ch 14,1 ; 17,1 ; 22,3-4 ; 2Ch 1,15 ; 2,7-8 ; 9,27 ; 25,18 ; Esd 3,7 ; Jb 40,17 ; Ps 29,5 ; 80,11 ; 92,13 ; 104,16 ; 148,9 ; Ct 1,17 ; 3,9 ; 5,15 ; 8,9 ; Is 2,13 ; 14,8 ; 37,24 ; 41,19 ; 44,14 ; Jr 22,7.14-15.23. ; Ez 17,3.22-24 ; 27,24 ; 31,3-18 ; Am 2,9 ; M,G—So 2,14 ; Za 11,1-2
En hébreu, « érez » désigne le cèdre ; puis par extension il désigne tout bois utilisable dans les cérémonies de purification. Ce nom apparait 70 fois dans la Bible.
Il existe 4 espèces de cèdres dont le cèdre du Liban. C'est un arbre conifère.
Originaire du Moyen-Orient (Liban, Syrie, Turquie). Au Liban les cèdres couvraient autrefois la plus grande partie du Liban mais la déforestation a eu raison de pratiquement l'intégralité des anciennes forêts. Il ne reste que quelques îlots de cèdres dans la région de Bcharré, dans El chouf, à Jaj ou à Tannourine.
Illustration botanique du cèdre du Liban
dans Traité des arbres et arbrisseaux - Atlas par Paul Klincksieck (éd.), 1892-1898 : , 1887 © Domaine public
Par contraste, ceux qui se dressent comme rivaux de Dieu sont aussi comparés au cèdre.
En raison de sa longue vie mais aussi parce que son bois est réputé imputrescible, il est symbole de pérennité, d'éternité et d'incorruptibilité.
2,1 FLORE Fleurs des champs
Fleurs des champs (côte méditerranée en Israël)
Photo : M.R. Fournier (avril 2022) © BEST AISBL
Plusieurs fois dans la Bible, il est question de l’expression « fleurs des champs » de manière générale. C’est le cas dans le Cantique des Cantiques avec le nom nitṣṣanîm (Ct 2,12) qui désigne des fleurs de printemps de couleurs vives et même rouges. À d’autres moments la Bible parle de « fleurs des champs » en insistant sur leur aspect éphémère (Ps 103,15). D’autres fois elle vante leur beauté (Lc 12,27-28 ; Mt 6,28-30).
Voici plusieurs fleurs des champs rencontrées en Israël qui peuvent illustrer cette expression.
Anémone (Israël)
Photo : M.R. Fournier (avril 2022) © BEST AISBL
En raison de sa beauté et de sa couleur éclatante, l’anémone couronnée est considérée par plusieurs spécialistes comme étant le « lis des champs » qui surpasse Salomon dans toute sa gloire. Cette fleur se trouve presque partout en Israël et Cisjordanie au printemps et elle est admirée par tous. Elle est abondante sur le mont des Oliviers, les plaines et les bords du lac de Tibériade (les kalānîôt en hébreu).
Cette fleur est très présente sur tout le bassin méditerranéen. Elle se développe surtout dans les pâturages et les oliveraies.
La floraison a lieu au printemps (janvier à avril) et parfois au début de l’automne. La fleur se referme la nuit.
Les anémones sont toxiques mais dans l’Antiquité les Égyptiens et les Romains leur attribuaient des vertus médicinales : ils entouraient les bras et le cou d’un malade d’anémones pour le guérir.
Un renoncule de Perse dans la région de Nataf
Photo : Superjuif (mars 2013) © CC BY-SA 3.0→
La renoncule persane que l’on trouve aussi dans les terres du Levant, est une fleur très proche de l’anémone couronnée et est parfois confondue avec elle. Elle fait partie de ces fleurs des champs que les auditeurs de Jésus avaient l’habitude de voir.
Originaire de la région méditerranéenne orientale, d’Asie Mineure. Elle fut introduite en France par les Croisés de Saint Louis qui la rapportèrent de Terre Sainte.
Coquelicots (Israël)
Photo : M.R. Fournier (mai 2022) © BEST AISBL
Le coquelicot d’Israël, espèce très proche des coquelicots d’Europe (papaver rhoeas) est aussi très présent en Galilée et Judée, en bordure de route, dans les terrains vagues, les jardins. D’un rouge qui se rapproche de l’anémone et de la renoncule, il est parfois difficile de les différencier.
Localisation originaire de Palestine, Liban, Syrie et Turquie. On les rencontre en Israël dans les régions cultivées du Nord.
Floraison de mars à mai (un peu plus tardif que l’anémone). La vie d’un coquelicot est très courte (2 à 3 jours).
Tulipa Sharonensis
Photo : Zachi Evenor (mars 2015) © CC BY 2.0→
La tulipe de Sharon est l’une des espèces retenues par les botanistes pour être la rose de Sharon. Elle correspondrait mieux encore que la tulipe montana car elle pousse dans les endroits sablonneux de la plaine côtière de Sharon.
Le nom tulipe dérive du mot persan « thuliban » qui signifie « turban ».
Tulipe originaire de l’est de la méditerranée. Elle pousse dans les maquis et forêts méditerranéennes, le long de la plaine côtière entre la Syrie et Israël. Ses tulipes ont été introduites en Europe au 16es (surtout en Hollande, au Pays-Bas).
La tulipe par sa couleur rouge intense et sa base noire évoque le feu et le charbon et donc aussi la flamme de l’amour. En Perse, l’amant donnait une tulipe cramoisie à celle qu’il aimait pour symboliser la flamme qui consume son cœur.
Tulipa montana Lindl
Photo : N. Paresseux © CC BY-NC 3.0→
La rose de Sharon, difficile à identifier précisément, pourrait être la tulipa montana (cf. recherches du ).
Cette espèce de tulipe est originaire des montagnes d’Iran et du Turkménistan. On la trouve en Irak, autour de la mer Caspienne, en Syrie et Liban.
Camomille (Israël)
Photo : M.R. Fournier (avril 2023) © BEST AISBL
Originaire de la région méditerranéenne. On retrouve cette fleur en Israël et Palestine (Golan, Hermon, Galilée, côte, vallée du Jourdain, Carmel, Samarie, désert, montagnes de Judée, Néguev).
Glebionis coronaria
Photo : M.R. Fournier (avril 2022) © BEST AISBL
Le chrysanthème couronné appelé aussi marguerite dorée en raison de sa couleur jaune or et que l’on retrouve en Galilée peut, elle aussi, faire concurrence à Salomon par sa magnificence.
Originaire du pourtour méditerranéen, cette plante se rencontre au bord des routes, dans les ruines, les terrains calcaires d’Afrique du Nord, d’Israël et d’Europe du Sud.
Cyclamens sauvages (Israël)
Photo : Woggly (avril 2005) © CC BY-SA 3.0 Classification→
Originaire de l’ouest de l’Asie Mineure, on en trouve en Turquie, Israël, Jordanie, au nord de l’Afrique et sur quelques îles grecques.
Colchique d'automne
Photo : Meneerke fleur (sept. 2010) © CC BY-SA 3.0 →
Les colchiques poussent dans les prairies en Europe et sur le pourtour méditerranéen.
Illustration botanique de Colchicum automnale
dans Köhler's medizinal Pflanzen de 1897 © Domaine public→
2,1a narcisse de Saron FLORE Narcisse Le mot hébreu ḥăbaṣṣelet présent en Ct 2,1 et en Is 35,1 est traduit par des noms assez généraux dans la Septante et la Vulgate (Ct 2,1 : anthos et flos ; Is 35,1 : krinon et lilium). L’étymologie du nom hébreu indique qu’il s’agit d’une plante à bulbe (bāṣāl , « oignon » Nb 11,5, hapax) ; il ne peut donc être question d’une « rose » de Saron comme cela fut souvent traduit. L’identification précise de cette plante reste difficile.
Plusieurs espèces ont été proposées :
Le narcissus tazetta est l’espèce retenue par le plus grand nombre de commentateurs.
Narcissus tazetta, Shoam Forest Park (Israël)
Photo : Zachi Evenornov, 2013 © CC-BY-2.0→
Cette plante pousse sur le pourtour méditerranéen, en Europe Centrale et au Moyen-Orient dans des zones de plaines et de garrigues. On la trouve en abondance dans la plaine de Saron.
Illustration botanique de narcissus tazetta
Flowers, Plants, and Trees from NYPL collections
Gravure d'après une aquarelle de , 1825 © Domaine public
2,1b FLORE Lis
Lis blanc (lilium candidum), Wadi Kelach, Mont Carmel, Israël
Photo : Zachi Evenor (mai 2015) © CC-BY-2.0→
1R 7,19.22.26 ; 2Ch 4,5 ; Ps 45,1 ; Ps 60,1 ;Ct 2,1.2.16 ; 4,5 ; 5,13 ; 6,2-4 ; Si 39,14 ; 50,8 ; Os 14,6 ; Mt 6,28-30 ; Lc 12,27-28
Le mot hébreu « šûšan » traduit le plus souvent par « lis » en francais, pourrait désigner des fleurs d’espèces variées. D’après la Bible, cette plante pousse dans les vallées (Ct 2,1), les prairies (Ct 2,16 ; 6,3), les champs (Ct 4,5), les jardins (Ct 6,2), près des eaux (Si 50,8) et même au milieu des épines (Ct 2,2). Elle donne des fleurs magnifiques, de parures royales (Mt 6,28-30 ; Lc 12,27-28) qui ont la forme de coupes (2Ch 4,5) et exhalent un merveilleux parfum (Si 39,14). Ces fleurs poussent en abondance (Os 14,6).
Il est possible que les diverses mentions bibliques du « lis » fassent référence à plusieurs espèces de fleurs car aucune espèce ne possède toutes ces caractéristiques à la fois. Les botanistes et commentateurs de la Bible ont donné de nombreuses possibilités :
Le lis de la Madone (lilium candidum) tient une place importante dans cette liste puisqu’il est l’espèce appelée communément « lis » aujourd'hui (« šûšan » en hébreu moderne) et qu’il est chargé de toute la symbolique du lis biblique.
Illustration de Lilium Candidum, (aquarelle, , 1805)
Photo : rawpixel © CC-BY-SA-4.0 →
Cette plante, originaire des Balkans et du Moyen-Orient, s’est largement répandue en Europe, en Afrique du Nord et en Amérique (Mexique). Elle est cultivée depuis plus de 3000 ans. Elle pousse encore aujourd’hui à l’état sauvage sur les collines de Galilée et sur le Mont Carmel.
Les peintres au Moyen-Âge représentaient la Vierge avec un lis. En raison de cette association, le nom de « lis de la Madone » a été donné à cette espèce de lilium.
Comme le lis, Marie est :
2,2 FLORE Épines
De nombreuses plantes épineuses sont présentes dans les environs de Jérusalem et plus de 70 espèces existent en Israël. Appelées dans la Bible qôṣ, atad, ’āṭād, shamir, šāmîr, silôn, les épines sont difficiles à identifier précisément. Celles auxquelles on a porté la plus grande attention sont les épines de la couronne de Jésus.
Plusieurs plantes sont proposées :
Ziziphus spina-christi
Photo : Davidbena (mars 2018) © CC-BY-SA-4.0→
Gn 3,18 ; Ex 22,5 ; Jg 8,7 ; Ps 58,10 ; Pr 15,19 ; Is 5,6 ; 7,19.23-25 ; 9,17 ; 10,17 ; 33,12 ; 34,13 ; 55,13 ; Ez 28,24 ; Os 2,8 ; 9,6 ; Mt 7,16; Mt 27,29 ; Mc 15,17 ; Lc 6,44 ; Jn 19,2.
Cette espèce est la plus communément admise comme étant celle qui a permis de faire la couronne d’épines car elle est présente dans les environs de Jérusalem et correspond aux épines qui étaient présentes sur la couronne d’épines de Notre-Dame de Paris. Seules ses jeunes tiges seraient assez souples pour être tressées en couronne.
Cette espèce est originaire d’Afrique et s’est vite acclimatée au Moyen-Orient. Un jujubier dont l’âge est estimé entre 1500 et 2000 ans est encore présent à Ein Hatzeva près la Mer Morte.
Jujubier, Neot Kedumim (Israël)
(avril 2022) D.R. M.R. Fournier © BEST AISBL
Paliure
© Domaine public
Cette plante épineuse peut facilement être tressée mais elle n’est pas aujourd’hui présente dans la région de Jérusalem. Sa présence à l’état sauvage en Samarie et en Galilée fait supposer qu’elle aurait pu pousser en Judée durant l’Antiquité.
On trouve cette plante sur le pourtour méditerranéen.
Lycium intricatum en Espagne
Photo : Retama (sept 2006)
Le lyciet d’Europe est nommé « couronne du Christ » en francais. Les reliques de la couronne du Christ à Rome et à Milan sont des épines de lyciet.
Sur le pourtour méditerranéen.
Pimprenelle épineuse, Neot Kedumim (Israël)
(avril 2022) D.R. M.R. Fournier © BEST AISBL
Cette plante a de fortes épines et est suffisamment souple pour en tresser une couronne. C'est le buisson épineux le plus commun dans la région de Jérusalem.
Région méditerranéenne orientale.
Il est question de cette plante en Ez 28,24.
Zilla spinosa à Negev Derech HaArava (Israël)
Photo : Krzysztof Ziarnek, Kenraiz, fev. 2023,© CC BY-SA 4.0→
Espèce assez commune dans le sud-est d’Israël. On la trouve sur la route entre Jérusalem et la Mer Morte. Résistante à la sècheresse cette plante se développe dans des sols sablonneux, des oueds.
Calycotome villosa en fleurs dans les montagnes de Judée (Israël)
Photo : Davidbena , mars 2020, © CC BY-SA 4.0 →
Il est présent sur tout le pourtour méditerranéen, dans les terrains siliceux, les garrigues, les maquis, les forêts et les broussailles. En Israël on le trouve surtout dans la moitié nord.
Rhamnus lycioides, Menashe Hills (Israël)
Photo : איתן פרמן, oct. 2010 © CC BY-SA 3.0→
Cette plante est originaire du Soudan et pousse de préférence dans les pays chauds. On la trouve en Syrie, au Liban, en Israel et plus précisément dans les zones de garrigues, des sols pauvres et graveleux. Un échantillon de cette plante a été retrouvé à 500 m du Saint Sépulcre.
Astragalus spinosus, Nord du Negev (Israël)
Photo : Gidip, dec. 2006 © CC BY-SA 3.0→
Cette plante est présente dans le sud et l’est du bassin méditerranéen (Libye, Égypte, Israël, Liban, Syrie, Irak) ainsi qu’en Iran et dans la Péninsule Arabique. On la trouve surtout dans les lieux désertiques.
Câprier en fleurs (Israël)
Photo : Bo Basilic, juin 2012 © CC BY-SA 3.0→
Même si ses épines ne sont pas très grandes, la flexibilité de ses tiges aurait pu permettre aux soldats de tresser une couronne pour Jésus lors de sa passion tout en y insérant d’autres épines. Des traces de pollen de capparis aegyptia ont été retrouvées sur le linceul de Turin.
Le câprier épineux est très répandu. On le trouve en Afrique du Nord et de l’Est, en Asie Occidentale ainsi que sur le pourtour méditerranéen. Il est présent en Israël.
On obtient des câpres en faisant confire ses boutons floraux dans le vinaigre.
2,3s FLORE Pommier Les Pères ont vu dans le pommier le type du Christ → Hom. Cant.4,7. Ne donne-t-il pas en effet son vin et n'est-il pas celui qui ordonne la charité en ceux qui aiment (Ct 2,4) ?
Pommier en fleurs à Murrhardt (Allemagne)
Photo : Jean-Marc Pascolo (mai 2009) © CC-BY-SA-3.0→
Le tappûaḥ mentionné dans le Cantique des cantiques est un arbre assez grand, fournissant de l’ombre et possédant des fruits au goût et à l’odeur agréable. Bien que tappûaḥ signifie pommier, il pourrait s’agir d’un pommier particulier tel que :
Mais les commentateurs modernes affirment qu’il s’agit d’un véritable pommier (malus).
Il existe aujourd’hui environ 40 espèces de pommiers. L’espèce la plus ancienne et qui semble être à l’origine des autres espèces est l’espèce sauvage malus sieversii.
Illustration botanique du pommier commun (malus domestica)
in Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz, (1885) © CC-BY-SA-3.0→
Le pommier est originaire d’Asie Centrale, principalement du Kazakhstan.
Le bois de pommier est utilisé pour :
Pour les Pères de l’Église, le pommier du Cantique est l’arbre de vie et le Verbe incarné :
2,3 FLORE Lis
Lis blanc (lilium candidum), Photo : Zachi Evenor (mai 2015)
Wadi Kelach, Mont Carmel (Israël) © CC-BY-2.0→
1R 7,19.22.26 ; 2Ch 4,5 ; (M) Ps 45,1 ; (M) Ps 60,1 ; Ct 2,16 ; 4,5 ; 5,13 ; 6,2-3 ; (G) Si 39,14 ; 50,8 ; Os 14,6 ; Mt 6,28-30 ; Lc 12,27-28
Le lis est aussi gracieux et doux que les épines sont redoutables. Fleur exceptionnelle, elle incarne à merveille l'élection et la préférence de l'amour, divin comme humain.
Le mot hébreu « šûšan » traduit le plus souvent par « lis » en francais, pourrait désigner des fleurs d’espèces variées. D’après la Bible, cette plante pousse dans les vallées (Ct 2,1), les prairies (Ct 2,16 ; 6,3), les champs (Ct 4,5), les jardins (Ct 6,2), près des eaux (Si 50,8) et même au milieu des épines (Ct 2,2). Elle donne des fleurs magnifiques, de parures royales (Mt 6,28-30 ; Lc 12,27-28) qui ont la forme de coupes (2Ch 4,5) et exhalent un merveilleux parfum (Si 39,14). Ces fleurs poussent en abondance (Os 14,6).
Il est possible que les diverses mentions bibliques du « lis » fassent référence à plusieurs espèces de fleurs car aucune espèce ne possède toutes ces caractéristiques à la fois. Les botanistes et commentateurs de la Bible ont donné de nombreuses possibilités :
Le lis de la Madone (lilium candidum) tient une place importante dans cette liste puisqu’il est l’espèce appelée communément « lis » aujourd'hui (« šûšan » en hébreu moderne) et qu’il est chargé de toute la symbolique du lis biblique.
Illustration de Lilium Candidum, (aquarelle, Pierre Joseph , 1805)
Photo : rawpixel © CC-BY-SA-4.0 →
Cette plante originaire des Balkans et du Moyen-Orient s’est largement répandue en Europe, en Afrique du Nord et en Amérique (Mexique). Elle est cultivée depuis plus de 3000 ans. Elle pousse encore aujourd’hui à l’état sauvage sur les collines de Galilée et sur le Mont Carmel.
Les peintres au Moyen Âge représentaient la Vierge avec un lis. En raison de cette association, le nom de « lis de la Madone » a été donné à cette espèce de lilium.
Comme le lis, Marie est :
2,12 FLORE Fleurs (des champs)
Fleurs des champs (côte méditerranée en Israël)
Photo : M.R. Fournier (avril 2022) © BEST AISBL
Plusieurs fois dans la Bible, il est question de l’expression « fleurs des champs » de manière générale. C’est le cas dans le Cantique des Cantiques avec le nom nitṣṣanîm (Ct 2,12) qui désigne des fleurs de printemps de couleurs vives et même rouges. À d’autres moments la Bible parle de « fleurs des champs » en insistant sur leur aspect éphémère (Ps 103,15). D’autres fois elle vante leur beauté (Lc 12,27-28 ; Mt 6,28-30).
Voir Milieux de vie Ct 2,1 pour un inventaire complet de cette flore.
3,6 FLORE Arbre à encens
Un arbre à encens (Boswellia sacra) au parc naturel de Wadi Dowkah (Dhofar, Oman)
Photo : Mauro Raphaël (mars 2004) © CC-BY-3.0→
Ex 30,1.7-9.34 ; Lv 2,1.2.15.16 ; 5,11 ; 6,15 ; 10,1 ; 16,12-13 ; 24,7 ; Nb 5,15 ; 7,14.20.26.32.38.44.50.56.68.74.80.86 ; 16,46 ; 2R 17,10-11 ; 18,4 ; 23,5 ; 1Ch 9,22 ; 2Ch 28,4 ; 34,25 ; Ne 13,5-9 ; Ct 3,6 ; 4,6-14 ; Is 43,23 ; 60,6 ; 65,3 ; Jr 6,20 ; 11,12.17 ; 17,26 ; 41,5 ; 48,35 ; Mt 2,11 ; Lc 1,9-10 ; Ap 5,8 ; 8,3-4 ; 18,13
On appelle « encens » le kétoret (hébreu) qui désigne un encens composé mais aussi le lebonah (hébreu) ou libanos (grec) qui est l’encens pur, résine de l’arbre à encens (Boswellia).
L’arbre à encens pousse sur la péninsule arabique et en Afrique orientale. On le retrouve en particulier en Éthiopie, au Yémen, à Oman.
Illustration botanique de Beswellia sacra (arbre à encens)
dans Köhler's medizinal Pflanzen de , 1897 © Domaine public
→ Historiae 3,107 raconte que les arbres à encens étaient gardés par des serpents ailés.
3,9 FLORE Cèdre du Liban
Forêt des cèdres de Dieu au Liban (Bcharré)
Photo : BlingBling10 (août 2007) © CC-BY-SA-3.0→
Nb 24,6 ; Jg 9,15 ; 2S 5,11 ; 1R 6,9.15-16.18.36 ; 7,2.3.7.11.12 ; 9,11 ; 2R 14,9 ; 19,23 ; 1Ch 14,1 ; 17,1 ; 22,3-4 ; 2Ch 1,15 ; 2,7-8 ; 9,27 ; 25,18 ; Esd 3,7 ; Jb 40,17 ; Ps 29,5 ; 80,11 ; 92,13 ; 104,16 ; 148,9 ; Ct 1,17 ; 3,9 ; 5,15 ; 8,9 ; Is 2,13 ; 14,8 ; 37,24 ; 41,19 ; 44,14 ; Jr 22,7.14-15.23. ; Ez 17,3.22-24 ; 27,24 ; 31,3-18 ; Am 2,9 ; M,G—So 2,14 ; Za 11,1-2
En hébreu, « érez » désigne le cèdre ; puis par extension il désigne tout bois utilisable dans les cérémonies de purification. Ce nom apparait 70 fois dans la Bible.
Il existe 4 espèces de cèdres dont le cèdre du Liban. C'est un arbre conifère.
Originaire du Moyen-Orient (Liban, Syrie, Turquie). Au Liban les cèdres couvraient autrefois la plus grande partie du Liban mais la déforestation a eu raison de pratiquement l'intégralité des anciennes forêts. Il ne reste que quelques îlots de cèdres dans la région de Bcharré, dans El chouf, à Jaj ou à Tannourine.
Illustration botanique du cèdre du Liban
dans Traité des arbres et arbrisseaux - Atlas par Paul Klincksieck (éd.), 1892-1898 : , 1887 © Domaine public
Par contraste, ceux qui se dressent comme rivaux de Dieu sont aussi comparés au cèdre.
En raison de sa longue vie mais aussi parce que son bois est réputé imputrescible, il est symbole de pérennité, d'éternité et d'incorruptibilité.
4,3 FLORE Grenadier
Un grenadier à Jérusalem
Photo : Isabelle Dauphin (oct. 2022) D.R. M.R. Fournier © BEST AISBL
M, G—Ex 28,33-34 ; 39,24-26 ; Nb 13,23 ; 20,5 ; Dt 8,8; 1S 14,2 ; 1R 7,18-20 ; 2R 25,17 ; 2Ch 3,16 ; 4,13 ; Ct 4,3.13 ; 6,7.11 ; 7,13 ; 8,2 ; Jr 52,22-23 ; Jl 1,12 ; Ag 2,19
Étrange limitation que celle de cette comparaison des « joues » au « fragment de grenade (...) sans ce qui se cache au-dedans ». Le verset Ct 6,7 évite sans doute un faux sens, puisqu'il semble formuler la même idée mais de manière plus explicite (« sans ce qui se cache en toi ») : il s'agit là non pas de ce qui se cache au-dedans de la grenade, mais au-dedans des joues ! Dès lors, l'intérieur des joues de la bien-aimée bénéficie d'un enrichissement par cette comparaison : elles ne renferment pas simplement la langue, les dents et le palais, mais plutôt les délicieux grains de la grenade. Ce jeu entre le visible et l'invisible, entre le signe et la chose, peut renvoyer à l'Église qui, dans l'apparence de son humanité (pécheresse) est néanmoins pleine de l'Esprit Saint, ou à Marie qui, dans son corps de femme tout ce qu'il y a de plus humain, est néanmoins remplie à un titre unique de grâce divine.
L’identification est indiscutable : le nom « rimmôn » dans la Bible (qui signifie « élevé ») désigne à la fois le grenadier et la grenade. Les Romains ont connu ce fruit par les Carthaginois et l’ont appelé « malum punicum » (« fruit punique »). Aujourd’hui son nom scientifique est « punica granatum » : « punicus » signifie « de Carthage » et « granatum » veut dire « rempli de graines ».
Originaire d’Asie centrale et plus précisément des régions d’Iran situées au sud de la mer Caspienne, le grenadier est rapporté par les Phéniciens à Carthage et sur le pourtour méditerranéen. Il est l’un des premiers arbres cultivés par l’homme. Il était présent à Jéricho 4000 ans av. J.-C., dans les jardins de Babylone et en Égypte (Nb 20,5). Aujourd’hui ce fruit est cultivé sur tous les continents.
Illustration botanique du Punica granatum
1885 © Domaine public
4,13 FLORE Grenadier
Un grenadier à Jérusalem
Photo : Isabelle Dauphin (oct. 2022) D.R. M.R. Fournier © BEST AISBL
M, G—Ex 28,33-34 ; 39,24-26 ; Nb 13,23 ; 20,5 ; Dt 8,8; 1S 14,2 ; 1R 7,18-20 ; 2R 25,17 ; 2Ch 3,16 ; 4,13 ; Ct 4,3.13 ; 6,7.11 ; 7,13 ; 8,2 ; Jr 52,22-23 ; Jl 1,12 ; Ag 2,19
Comparer les « jets » de la « fontaine scellée » qu'est la bien-aimée avec un « paradis de grenadiers », c'est évoquer le jus de grenade, rouge et sucré et proche du vin par la couleur. D'un point de vue christique, cela rappelle forcément le cœur transpercé du Christ sur la croix d'où jaillissent le sang et l'eau, et signe de vie par excellence. Ainsi la bien-aimée est-elle aussi source de vie, avec le rapprochement aisé du « jardin clos » avec Marie toujours Vierge.
L’identification est indiscutable : le nom « rimmôn » dans la Bible (qui signifie « élevé ») désigne à la fois le grenadier et la grenade. Les Romains ont connu ce fruit par les Carthaginois et l’ont appelé « malum punicum » (« fruit punique »). Aujourd’hui son nom scientifique est « punica granatum » : « punicus » signifie « de Carthage » et « granatum » veut dire « rempli de graines ».
Originaire d’Asie centrale et plus précisément des régions d’Iran situées au sud de la mer Caspienne, le grenadier est rapporté par les Phéniciens à Carthage et sur le pourtour méditerranéen. Il est l’un des premiers arbres cultivés par l’homme. Il était présent à Jéricho 4000 ans av. J.-C., dans les jardins de Babylone et en Égypte (Nb 20,5). Aujourd’hui ce fruit est cultivé sur tous les continents.
Illustration botanique du Punica granatum
1885 © Domaine public
4,14 FLORE Cinnamome (cannelier de Ceylan)
Illustration botanique de Cinnamomum verum
dans Köhler's Medizinal-Pflanzende1887 © Domaine public
Il existe 300 espèces de cinnamomum. L’écorce (intérieure) de cette plante est communément appelée « cannelle ». Ce nom vient de l’hébreu « kaneh » qui donne « canna » en latin, et désignait les végétaux qui ont une tige creuse. Le « kinnamon [qinnnâmôn] » hébreu, dans la Bible, désigne à priori, l’espèce cinnamomum verum, appelé aussi cinnamomum zeylanicum, c’est à dire « cannelier de Ceylan » ; cette espèce est considérée comme étant la plus appréciée et la plus connue du genre cinnamomum.
Dans d'autres passages bibliques (Ex 30,24 ; Ez 27,19) où il est question de cannelle ou casse, il s'agirait plutôt du cinnamomum cassia (cinnamome de Chine)
Originaire du sud-est asiatique. D’après → Historiae 3,110-111 et → Geographica 16,4,25, il viendrait d’Arabie ou du pays des sabéens (→ Geographica 16,14,19). D’après → Naturalis historia 12,86, il viendrait d’Éthiopie. En réalité il s’agirait plutôt de la Malaisie. Cette plante pousse principalement sur les côtes de l’Inde (→ Geographica 15,1,22) et sur l’île de Ceylan (Sri-Lanka). Des tentatives de transplantation en Syrie ont dû être faites sans succès car Pline explique que cet arbuste est sans force pour arriver aux régions voisines de la Syrie (→ Nat. 16,135).
Bâtons, poudre et fleurs de cannelle de Ceylan
Photo : Simon A. Eugster (2015) © CC-BY-SA-3.0→
4,14 canne aromatique FLORE Roseau odorant L'humble et enivrante « canne aromatique » vient ici compléter le tableau des délices florales que l'amour évoque, en contraste avec les forts et majestueux « bois du Liban ».
La citronelle
Photo : @Haskcipta Yosri, juin 2005 © CC-BY-2.0→
Ex 30,23-24 ; Ct 4,14 ; Jr 6,20 ; Is 43,24 ; Ez 27,19
Certains auteurs ont d’abord pensé que ce roseau parfumé de Ct 4,14 était acorus calamus, une plante aquatique ressemblant au roseau et très odorante mais aujourd’hui, il est plus généralement admis que le roseau aromatique correspondrait au genre cymbopogon.
Il existe une cinquantaine d’espèces de cymbopogon originaires d’Afrique et d’Asie. Les espèces présentes aujourd’hui en Israël ne sont pas parfumées mais les roseaux aromatiques pouvaient être importés d’Inde (Jr 6,20 ; Ez 27,19). Cymbopogon citratus, appelée aussi « citronnelle », est la plus connue mais d’autres espèces comme martinii et murcatus, cultivées en Inde, ou cymbopogon schoenanthus qui poussait au 19e s. à Gennésareth pourraient aussi correspondre.
Cymbopogon martini dans la forêt tropicale sèche à Khandwa (Inde)
Photo : Ravi Upadhyay (Fév. 2019) © CC-BY-4.0→
4,14 safran FLORE Crocus En plus d'être une denrée précieuse, le raffinement du safran a aussi des connotations nuptiales, puisqu'il servait à teinter le voile des mariées chez les Romains et en Grèce, que les Assyriens le faisaient cueillir par des vierges et qu'on le considérait comme un aphrodisiaque.
Crocus sativus, Russie
Photo : Youri Danilevsky (oct. 2017) © CC-BY-SA-4.0→, Ct 4,14
Le karᵉkôm n’apparaît qu’une seule fois dans la Bible (hapax), en Ct 4,14. Si ce mot a parfois été traduit par « curcuma », il est plus juste d’y voir le safran, dont la plante qui le produit, le crocus sativus, était cultivée dans la région de Jérusalem.
Originaire de Crète, le safran, appelé aussi « or rouge », s’est répandu au Moyen-Orient. Il a d’abord été cultivé en Grèce. On trouve des traces de safran en Mésopotamie en 2000 av. J.-C.
Fils de safran,
Photo : Hubert (fév. 2015) © CC-BY-SA-4.0→, Ct 4,14
4,14b FLORE Aloès
Alahoth que l’on traduit généralement par « aloès » dans la Bible ne désigne pas toujours des plantes du genre aloe. Dans l’Ancien Testament, ce nom désignerait plutôt le parfum fournit par Aquillaria agallocha surnommé « bois d’aigle », « bois d’aloès » ou « bois d’Agar ». Par contre, quand, dans son évangile, Jean utilise le mot grec aloe, il s’agit bien du véritable aloès (aloe succotrina).
Le bois d'aigle
Photo: P. Bonnet (déc. 2019) © Domaine public
Originaire de Cochinchine, de Malaisie et du nord de l’Inde, il est exploité encore aujourd’hui au Bangladesh et en Birmanie. En raison de la forte commercialisation de ce bois de grande valeur, l’espèce est au bord de l’extinction dans certaines régions.
illustration botanique d'aquillaria agallocha
chromolithographie, W. Saunders,1839 © Domaine public
L’Aloe succotrina était plus réputé mais a les mêmes propriétés qu’aloe vera.
Aloe succotrina, Abu shawka, (nov. 2012, Cape)
© Domaine public
Originaire d’Afrique du sud, cette plante est aussi présente sur l’ile de Socotra (territoire du Yémen à l’entrée de la mer rouge) d’où elle tire son nom d’espèce. Elle a besoin d’un climat méditerranéen et pousse à flanc de montagne ou sur les falaises et les rochers.
Illustration botanique d'Aloe succotrina
dans Köhler's Medizinal-Pflanzende , 1897
© Domaine public
7,8 palmier FLORE Palmier d'Engaddi (ou Ein Gedi) V évoque Cadès (cf. Gn 14,7 ; Nb 13,26 ; Jos 10,14 ; Ps 29,8 et surtout Ez 47,19) // G—Si 24,14 présente Engaddi.
Palmier dattier à Ein Guedi, Israël
photo: M.R. Fournier, 2022 © BEST AISBL,
Ex 15,27 ; Lv 23,40-42 ; Dt 34,3 ; Jg 4,5 ; 1R 6,29-35 ; 2M 10,7 ; Ps 92,13 ; Ct 7,8 ; Ez 40,16 ; Ez 41,18 ; Jl 1,12 ; Jn 12,13 ; Ap 7,9
Il existe 2600 espèces de palmiers. Parmi elles, à Ein Guedi pousse le palmier-dattier.
Le nom hébreu du palmier est Tamar.
Selon un dicton arabe il y aurait autant d'usages du palmier que de jours dans l'année.
Le palmier est considéré comme l’archétype de l’arbre de vie :
Brandir des palmes était un signe d’allégresse et de victoire :
Le palmier est parfois associé à la Vierge Marie : en raison des symboles précédemment cités (beauté, féminité, sainteté, fécondité, arbre donnant le fruit de vie) et de récits anciens :
7,9 des grappes de vigne FLORE Vigne
Vigne près de Nahal Ilan (Israël)
Photo : M.R. Fournier (avril 2022) © BEST AISBL
Gn 9,20 ; 40,9-11 ; 49,11-12 ; Ex 22,4 ; 23,11 ; Lv 19,10.19 ; 25,3 ; Nb 6,4 ; 13,23 ; 20,5.17 ; 21,22 ; 22,24 ; Dt 6,11 ; 8,8 ; 20,6 ; 22,9 ; 23,24 ; 24,21 ; 28,30.39 ; 32,32 ; Jg 9,12.13.27 ; 13,14 ; 14,5 ; 15,5 ; 21,20.21 ; 1S 8,14-15 ; 22,7 ; 1R 5,5 ; 21,1-2.6.7.15-16.18 ; 2R 4,39 ; 5,26 ; 18,31-32 ; 19,29 ; 1Ch 27,27 ; Ne 5,3-5.11 ; 9,25 ; 1M 3,56 ; 14,12 ; Jb 15,33 ; 24,6 ; Ps 78,47 ; 80,9-16 ; 105,33 ; 107,37 ; 128,3 ; Pr 9,12 ; 24,30 ; 31,16 ; Qo 2,4 ; Ct 1,6.14 ; 2,13.15 ; 6,11 ; 7,9.13 ; 8,11.12 ; Si 24,17.23 ; Is 1,8 ; 3,14 ; 5,1-17 ; 7,23 ; 16,8-10 ; 17,10 ; 24,7 ; 32,12 ; 34,4 ; 35,9 ; 36,16 ; 48,32 ; 63,3 ; 65,21 ; Ez 15,2.6 ; Ez 17,5-10 ; 19,10 ; 28,26 ; Jr 2,21 ; 5,17 ; 6,9 ; 8,13 ; 12,10 ; 32,15 ; 35,7.9 ; 39,10 ; Os 2,14.17 ; Os 2,14 ; 10,1 ; 14,8 ; Jl 1,12 ; 2,22 ; 1,7 . Am 4,9 ; 5,17 ; 9,14 ; Mi 1,6 ; 4,4 ; Ha 3,17 ; Ag 2,19 ; Za 3,10 ; 8,12 ; Mt 20,1-2.4.7.8 ; Mt 21,28.33.39-41 ; 26,27-29 ; Mc 12,1-2.8-9 ; Lc 13,6 ; 20,9-16 ; 22,18 ; Jn 15,1-6 ; Jc 3,12 : 1Co 9,7 ; Ap 14,18-20
La culture de la vigne est si ancienne, qu’il est difficile de connaître précisément son origine. Dans la Bible elle commence avec Noé (Gn 9,20) et sa présence est attestée ensuite en Égypte (Gn 40,9-11 ; représentations picturales dans les tombeaux d’Égypte) et en Canaan (Nb 13,24). On considère généralement que la vigne est originaire de l’Arménie et des régions de la Mer Caspienne (, Bible Plants, p. 242).
Illustration botanique de la vigne, Müller
Köhler's Medizinal-Pflanzen , 1887, © Domaine public
Avant de planter une vigne il est important de préparer le sol à la bêche en creusant un sillon (→ Naturalis historia 17,159), et d’enlever les pierres (Is 5,2).
Il existe différentes techniques de culture de vigne :
Après 3 ans d’entretien, la vigne porte du fruit la 4e année.
7,14 FLORE Mandragore
La mandragore, mai 2022, Réserve de Neot Kedumim (Israël)
D.R. M.R. Fournier © BEST AISBL
Deux textes bibliques seulement font mention d’une plante mystérieuse appelée dûdāîm. La racine de ce mot est dûd qui signifie « aimer » ou « être troublé ». Dûdāîm est donc parfois traduit par « pomme d’amour ». Dans Ct 7,14, il apparait que cette plante dégage une forte odeur et dans Gn 30,14-16, on comprend qu’il s’agit d’une fleur sauvage rare et précieuse. La Septante, la Vulgate et les versions syriaque et arabe ont traduit dûdāîm par « mandragore ». L’identification n’est pas certaine et d’autres hypothèses ont été émises (des champignons tels que Agaricus campestris ou des truffes comme les terfez).
Originaire du bassin méditerranéen et du Proche-Orient, cette plante pousse dans des sols riches et profonds. Elle est devenue très rare aujourd'hui.
Illustration botanique de la mandragore
Herbier général de l’amateur, vol. 8 [P. Bessa], 1817-1827 © Domaine public→
Dans l’Antiquité des méthodes étranges étaient utilisées pour cueillir la mandragore :
Manuscrit enluminé sur la cueillette de la mandragore, 1350
Bibliothèque nationale de France © Domaine public→
8,8a Les grandes eaux Symbole ambivalent
7,5 la porte de cette ville populeuse Hébraïsme La tournure hébraïque qui recourt au substantif ben-/bat-, fils de, fille de, pour exprimer diverses relations de détermination (appartenance, qualité) est calquée en latin : « filles du grand nombre ».
1,15 Tes yeux sont des yeux de colombe Symbolisme de la colombe
1,4 Courons TYPOLOGIE Prière à la Vierge immaculée
, Antienne - Trahe nos
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
Antienne chantée pour la solennité de l'Immaculée Conception le 8 décembre.
Entraînez-nous, Vierge Immaculée, nous courrons après vous à l'odeur de vos parfums.
2,1–17 LITURGIE JUIVE Un chant pascal Le Cantique est lu après la amida durant la semaine de Pessach. Le choix serait motivé par la mention des chars de Pharaon en Ct 1,9 où l'on voit une allusion à l'Exode.
, Megillat Shir HaShirim, c. 2 lu par Abraham (1913-1994), Maison Saint-Isaïe des Dominicains, Jérusalem, années 1970,
Audio Scriptures International (numérisation) ; Mechon Mamre→ (mise en ligne), © Sœurs du Carmel (enregistrements originaux)
Abraham Shmuelof né en 1913 dans le quartier Meah Shearim de Jérusalem, dernier de seize enfants dans une grande famille juive ultraorthodoxe de Bucharan qui avait émigré de Perse à la fin du 19e siècle devint une figure légendaire à Jérusalem, passant du statut de juif ultraorthodoxe au catholicisme romain, moine trappiste, bénédictin, retournant aux trappistes et enfin servant dans l'Église gréco-catholique de Galilée. Dans les années 1970, il trouva sa place à « La Maison Saint-Isaïe » fondée à Jérusalem par les Dominicains français, où il collabora au développement d'une liturgie catholique hébréophone avec le P. Jacques Fontaine. C'est à cette époque qu'il se chargea de la tâche d'enregistrer l'intégralité du Tanakh en hébreu.
2,10–14 Les fleurs ont paru sur la terre Graduel
, Graduel - Flores
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
Messe de Notre-Dame de Lourdes le 11 février.
2,14 Montre-moi ton visage - Alleluia
, Alleluia - Ostende mihi
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
Alleluia chanté à la Messe de la fête de Notre-Dame de Lourdes le 11 février.
2,16s Dilectus meus
Alleluia - Dilectus meus
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
3,1–11 Le Cantique est lu après la amida durant la semaine de Pessach. Le choix serait motivé par la mention des chars de Pharaon en Ct 1,9 où l'on voit une allusion à l'Exode.
, Megillat Shir HaShirim, c.3 lu par Abraham (1913-1994), Maison Saint-Isaïe des Dominicains, Jérusalem, années 1970
Audio Scriptures International (numérisation) ; Mechon Mamre→ (mise en ligne) © Sœurs du Carmel (enregistrements originaux)
Abraham Shmuelof né en 1913 dans le quartier Meah Shearim de Jérusalem, dernier de seize enfants dans une grande famille juive ultraorthodoxe de Bucharan qui avait émigré de Perse à la fin du 19e siècle devint une figure légendaire à Jérusalem, passant du statut de juif ultraorthodoxe au catholicisme romain, moine trappiste, bénédictin, retournant aux trappistes et enfin servant dans l'Église gréco-catholique de Galilée. Dans les années 1970, il trouva sa place à « La Maison Saint-Isaïe » fondée à Jérusalem par les Dominicains français, où il collabora au développement d'une liturgie catholique hébréophone avec le P. Jacques Fontaine. C'est à cette époque qu'il se chargea de la tâche d'enregistrer l'intégralité du Tanakh en hébreu.
4,7 Texte : fête mariale La liturgie applique le v. à l'Immaculée Conception de Marie : c'est la première antienne de l'office des Vêpres.
4,7 Tota pulchra es
Alleluia - Tota pulchra es
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
4,7 Vous êtes toute belle, Marie - Antienne
, Antienne - Tota pulchra es Maria
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
Antienne chantée pour l'Office de l'Immaculée Conception, le 8 décembre.
Vous êtes toute belle, Marie, et la tache originelle n'est pas en vous.
5,1–16 LITURGIE JUIVE Un chant pascal Le Cantique est lu après la amida durant la semaine de Pessach. Le choix serait motivé par la mention des chars de Pharaon en Ct 1,9 où l'on voit une allusion à l'Exode.
, Megillat Shir HaShirim, c.5 lu par Abraham (1913-1994), Maison Saint-Isaïe des Dominicains, Jérusalem, années 1970
Audio Scriptures International (numérisation) ; Mechon Mamre→ (mise en ligne) © Sœurs du Carmel (enregistrements originaux)
Abraham Shmuelof né en 1913 dans le quartier Meah Shearim de Jérusalem, dernier de seize enfants dans une grande famille juive ultraorthodoxe de Bucharan qui avait émigré de Perse à la fin du 19e siècle devint une figure légendaire à Jérusalem, passant du statut de juif ultraorthodoxe au catholicisme romain, moine trappiste, bénédictin, retournant aux trappistes et enfin servant dans l'Église gréco-catholique de Galilée. Dans les années 1970, il trouva sa place à « La Maison Saint-Isaïe » fondée à Jérusalem par les Dominicains français, où il collabora au développement d'une liturgie catholique hébréophone avec le P. Jacques Fontaine. C'est à cette époque qu'il se chargea de la tâche d'enregistrer l'intégralité du Tanakh en hébreu.
6,1–13 LITURGIE JUIVE Un chant pascal Le Cantique est lu après la amida durant la semaine de Pessach. Le choix serait motivé par la mention des chars de Pharaon en Ct 1,9 où l'on voit une allusion à l'Exode.
, Megillat Shir HaShirim, c.6 lu par Abraham (1913-1994), Maison Saint-Isaïe des Dominicains, Jérusalem, années 1970
Audio Scriptures International (numérisation) ; Mechon Mamre→ (mise en ligne) © Sœurs du Carmel (enregistrements originaux)
Abraham Shmuelof né en 1913 dans le quartier Meah Shearim de Jérusalem, dernier de seize enfants dans une grande famille juive ultraorthodoxe de Bucharan qui avait émigré de Perse à la fin du 19e siècle devint une figure légendaire à Jérusalem, passant du statut de juif ultraorthodoxe au catholicisme romain, moine trappiste, bénédictin, retournant aux trappistes et enfin servant dans l'Église gréco-catholique de Galilée. Dans les années 1970, il trouva sa place à « La Maison Saint-Isaïe » fondée à Jérusalem par les Dominicains français, où il collabora au développement d'une liturgie catholique hébréophone avec le P. Jacques Fontaine. C'est à cette époque qu'il se chargea de la tâche d'enregistrer l'intégralité du Tanakh en hébreu.
7,11 Je suis à mon préféré
Alleluia - Ego dilecto meo
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
8,6 Alleluia Veni Sancte Spiritus
Alleluia Veni Sancte Spiritus
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
2,3a Comme un pommier Le pommier : les fruits avant les feuilles
→ Lectures « Rien ne prouve, disent-ils [i.e. les tossafistes], que le texte hébraïque parle de pommiers et de pommes. Il s’agit de cédrats. Les cédrats restent sur l’arbre pendant deux ans, et peuvent donc sembler attendre les feuilles. L’image est belle. Nous voici dans un verger merveilleux où les fruits viennent avant les feuilles. Merveille des merveilles : histoire dont l’aboutissement précède le développement. Tout est là dès le début. […] L’histoire ne développe pas, mais étend. L’ordre définitif attend les feuilles parmi lesquelles d’autres fruits surgiront » (99-100).
4,3b comme une moitié de grenade Nécessité des commandements accomplis
b. Sanh. 37a « Rech Laquich dit : [...] Même les vauriens (rekanine) les plus avérés parmi vous sont pleins de mitsvoth, comme une grenade » (→ Lectures 152).
Les mitsvoth : plus forts que les puissances du mal
5,2 gouttelettes Traduction Rabbinat (1899) : « Je dors, mais mon cœur est éveillé : c’est la voix de mon bien-aimé ! Il frappe : “Ouvre-moi, ma sœur, ma compagne, ma colombe, mon amie accomplie ; car ma tête est couverte de rosée, les boucles de mes cheveux sont humectées par les gouttelettes de la nuit.” » Paul Vulliaud (1925, traduction commandée pour accompagner les gravures de Kupka) : « Je dors, mais mon cœur veille. J’entends mon Bien-Aimé qui frappe à ma porte. – Ouvre-moi, ma Sœur, mon Aimée, ma Colombe, ma Toute-Belle, car ma tête est couverte de rosée ; mes boucles, de la bruine des nuits ».
5,10 Traduction Rabbinat : « Mon amant est blanc et vermeil » ; Meschonnic : « Mon ami est rayonnant et rouge » ; Chouraqui : « Mon amant, pur et vermeil » (1953) ; « Mon chéri, limpide et rose » (1970) et « mon amant transparent et rouge » (1985).
7,3 Éloge du sanhédrin
La justice : pratique nécessaire des mitsvoth
7,14 Pour Dieu seul
1,4 Le roi m’a fait entrer dans ses appartements Chambre du Roi, chambre du cœur relie la chambre où entre l'Épouse à la chambre où, dans Mt 6,5s, Jésus nous invite à entrer en fermant la porte lorsqu'on prie (Tradition chrétienne Mt 6,5s ; Philosophie Mt 6,5s ; Philosophie) :
V. le même approchement chez → Exp. Ps. 118 2,29, → Inst. virg. 1,5.
6,2 Mon préféré est descendu dans son jardin + paître, cueillir (V) TYPOLOGIE mariale de la préférée...
Le maître de saint Augustin est le premier commentateur à voir dans l’Épouse une image de la Vierge Marie : Ct 7,1-3, (description du nombril et du sein de la Bien-Aimée) évoque selon lui les mystères de la naissance du Christ.
Ambroise est l'exception. Après lui, seuls (6e s.) puis Paschase Radbert (9e s.) reprirent l'interprétation mariale, avant qu'elle ne se popularise après le 12e s. (, et ).
C'est Juste qui est le premier a donner une interprétation mariale de ce verset :
Incipit d'un office de la Vierge, avec une scène de Nativité (pigment à la détrempe et or sur vellum, ca 1430, Rennes, France), 20,5 x15 cm, enluminure, dans le Livre d’heures de Marguerite d’Orléans, Latin 1156B, f.75r
Bibliiothèque nationale de France © Domaine public→
Des premières lettres du texte jaillit une végétation profuse : la page entière se transforme en jardin, où les oiseaux du ciel aux ailes remployées ont trouvé leur refuge (cf. Mt 13,31-32) et où poussent des fleurs hautement symboliques du mystère de Marie, la préférée, qui accueille son préféré dans le sein de sa vie virginale : les marges font écho à la scène centrale, la Nativité, où un petit séraphin aux ailes rouges présente à la Vierge Marie, comme pour mettre en abîme le contemplateur de cette page, un petit livre où se lit le Gloria.
Remarquer en particulier les ancolies, avec leurs pétales dont la forme s’apparente à des colombes au cou gracile (de là vient son nom anglais de columbine). Par analogie, l'ancolie symbolise l’Esprit-Saint. Le nombre de ses pétales, cinq, lui vaut aussi le surnom de « doigts de Notre-Dame. »
7,10 La TOB répartit la parole entre deux locuteurs : « et ton palais comme un vin de marque…/ (Elle)… allant tout droit à mon chéri,/ coulant aux lèvres des dormeurs. »
7,13 V traduit ubera, d’où dans les traductions sur V : « c’est là que je vous offrirai mes mammelles » (Port-Royal). Sur le TM, Rabbinat (1898) : « Là je te prodiguerai mes caresses »
1,7 où fais-tu paître ton troupeau, où le fais-tu reposer à l’heure de midi ? Jean de la Croix, Cantique spirituel B 1,5: "Demander au Père où il se repaît, n'est pas autre chose que demander au Père de daigner montrer l'essence du Verbe divin son Fils, car le Père ne se nourrit que de son Fils unique, qui est la gloire du Père. Demander au Père à voir où il prend son lieu de repos, c'est renouveler la même demande, parce que le Fils seul fait les délices du Père, qui ne se repose qu'en son Fils bien-aimé et n'est contenu qu'en lui. Le Père se repose tout entier en son Fils, parce qu'il lui communique toute son essence au milieu du jour, c'est à dire dans l'éternité où il l'engendre continuellement et le tient sans cesse engendré."
3,6 ; 8,5 Typologie mariale La Vierge Marie a été cachée et secrète dans le mystère du dessein divin et aux yeux du monde.
1–15 Le Cantique comme symbole de la révélation → Stern (p. 235-242) interprète le caractère dialogal du Ct comme une instance de la structure dialogale de la révélation elle-même.
La révélation n'est donc pas pour Rosenzweig la communication d'un ensemble d'informations sur Dieu, mais la naissance d'une relation entre Dieu et l'homme. Le Ct est pur dialogue — sans jamais de passage à la 3e pers. — et histoire au présent. Ces deux caractéristiques sont le fondement de la révélation : le dialogue et le présent.
Il ne s'agit donc plus de parler de la relation entre Dieu et l'homme, comme les prophètes qui décrivaient cette relation à l'aide de la métaphore des noces, mais de faire parler cette relation elle-même.
Le discours du Ct est donc tout entier porté par la subjectivité.
Dès le début du texte, la focalisation n'est pas celle d'une narration objective mais celle d'une subjectivité : les choses ne sont pas décrites pour elles-mêmes, l'enjeu est d'emblée perspectiviste.
Rosenzweig critique les analyses modernes du Ct (à partir des 18e et 19e s.) qui ont cherché à effacer cette dimension dialogale du texte.
1,4 Le roi m’a fait entrer dans ses appartements Entrer dans la chambre du Roi, entrer dans la chambre de son cœur — identité et différence entre extase et introspection mystiques
1,5a Noire je le suis, et ravissante aussi Coïncidence de la conscience d'être aimé et de la découverte de la capacité d'aimer
2,3 Comme un pommier La Tora : le bien au devant de la liberté
7,3 Justice du sanhédrin
2,3 Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt, tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes
4,3 Ta joue est comme une moitié de grenade Ta tempe
7,3 Éloge du corps
1,3 fraglants (V) FRANÇAIS BIBLIQUE
L'adj. français fragrant→ a le même sens. À l'imitation du latin, nous lui donnons une graphie inhabituelle qui le rapproche de flagrant (dérivé de flagro, « brûler, enflammer »), et l'irise de connotations de chaleur, d'imminence et de risque.
Drapeau de la francophonie→ © Domaine public
1,13 fascicule (V) FRANÇAIS BIBLIQUE
On emploie ici le terme français→, directement emprunté depuis le 15e s. au latin fasciculus, « petit paquet, petite botte », diminutif de fascis, « faisceau, fagot, paquet, au sens pharmaceutique de « petite botte de plantes ».
Drapeau de la francophonie→ © Domaine public
4,12 sœur fiancée Amour fraternel ou fraternité incestueuse ? « Mon enfant, ma sœur, — Songe à la douceur ... »
« L'Invitation au voyage », Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal, XLIX, 1857)
Charles (1821-1867) ouvre son poème — lu en général comme l'un des plus apaisés de la section « Spleen et Idéal » — par une référence au Cantique des cantiques, qu'il a sans doute lu dans la traduction de Lemaistre de Sacy : « Ma sœur, mon épouse, est un jardin fermé ; elle est un jardin fermé, et une fontaine scellée. » (Ct 4,12)
Dans sa version en prose (Le Spleen de Paris, XVIII, 1869), il reprend cette juxtaposition, belle et trouble à la fois, de l'amante et de la sœur :
« Un musicien a écrit l’Invitation à la valse ; quel est celui qui composera l’Invitation au voyage, qu’on puisse offrir à la femme aimée, à la sœur d’élection ? »
1,5a ; 2,13c Noire, je le suis, mais ravissante + Lève-toi, mon amie, ma belle — (V) Inscription médiévale Un médaillon sculpté au 12e s. dans l’église abbatiale de Vézelay (3e arcade sud, →CIFM 21,239) montre la compilation et la réinterprétation poétique de deux versets du Ct au Moyen Âge (Ct 1,5 et Ct 2,13 V : nigra sum sed formo[n]sa... surge amica mea speciosa mea).
, Allégorie de l'Église, (sculpture sur pierre, 12e s.), diam. 40 cm, médaillon, arc doubleau
Vézelay, Basilique Sainte-Marie-Madeleine, Vézelay (France)
photo Sébastien Biay © CIFM
Les interprétations divergent pour comprendre le sens de ce médaillon :
1,9ss L'envol de l'âme
George (1861-1950), L'Envol de l'Âme, (Huile et essence sur papier marouflé sur toile, 1925), 116 x 160 cm
Collection particulière, France © Succession Desvallières→
Tableau fait in memoriam, en souvenir d’une personne disparue en 1921. Robert Vallery-Radot décrit la petite aquarelle du même nom en CR 1790 et ne semble pas connaître l’œuvre magistrale et lumineuse, qui représente seulement la partie droite de l’envol de l’ange. Nous avons d’abord cru que cette œuvre, acquise par des amis des Desvallières qui perdirent un fils dans un combat aérien, en 1916, lors de la Grande Guerre, avait été peinte à la mémoire du soldat tombé pour son pays, mais la date inscrite dans le bas du tableau ne peut confirmer cette hypothèse. Il n’en reste pas moins que L’Envol de l’Âme exprime bien ce qu’écrivait Robert Vallery-Radot à propos de l’esquisse CR 1790, « cette acceptation tendre et solennelle de ce qui est. […] La plaine et la colline se recueillent, limpides et vertes, et le petit village tassé près de son clocher écoute l’heure qui sonne ».
1,12ss L'étreinte amoureuse
(1889-1948), Cantique des Cantiques, composition n°4 (tempera sur carton, 1923), 64 x 47 cm
Kunsthalle Rostock→ (Allemagne) © CC BY-SA 3.0 de→
Le Cantique des Cantiques — en allemand Das Hohelied Salomos — est le titre d'un cycle d'images expressionnistes du peintre allemand . L'artiste interprète les textes du Cantique des cantiques. Le cycle a été créé en 1923 à Rostock et contient environ 50 images, dont 27 ont été redécouvertes en 2015. La composition n°4 illustre le thème de l'étreinte amoureuse présent dans Ct 1,12-14.
1,15 Tes yeux sont des yeux de colombe Symbolisme de la colombe La blancheur immaculée et la douceur de la colombe ont valu à l’oiseau de Vénus le privilège de devenir un symbole du Saint-Esprit. La colombe est l'emblème de la chasteté, de l’innocence, de la fidélité conjugale : Intertextualité biblique Ct 1,15. C'est aussi l'Esprit qui dicte à l'oreille des écrivains inspirés. Dans l'Église romaine, la colombe était particulièrement reliée à la légende de saint Grégoire Ier († 804). Dans de nombreux dessins, le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe soutenait ce docteur de l'Église, soit pour un texte théologique (à partir du 8e s.), soit en faveur d'un chant (dès le 10e s.) comme le montrent ces enluminures médiévales :
, Saint Grégoire écrivant sous l'inspiration de la colombe du Saint-Esprit (enluminure sur parchemin, 983), 26,5 x 19,5 cm
in Registrum Gregorii de Trèves, produit à Trèves (Allemagne), Hs. 171/1626, Stadtbibliothek, Trèves (Allemagne) © Domaine public→
, Passionnaire de Weissenau (enluminure sur parchemin, détail, ca. 1170-1200)
ms. Bodmer 127, f.172v, conservé à la Fondation Bodmer, Coligny (Suisse) © Domaine public→
, Le pape Grégoire Ier dictant les chants grégoriens (enluminure sur parchemin, ca. 1000)
in Antiphonaire dit « de Hartker », Cod. Sang. 390, p. 13, conservé à la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Gall (Suisse) © Domaine public→
2,1–17 Cantique des Cantiques
Le Cantique des Cantiques présente le chant de l’amour d’un homme vers sa femme. Ce chant introduit le lecteur dans le mystère de la relation d’amour qui unit deux époux. De nombreux passages de ce texte invitent à contempler l’attitude masculine face à celle qui est aimée.
, Jacob et Rachel au puits (huile sur toile, 17e s.), 9,30 x 1,492 m
Espagne, Dulwich Picture Gallery, Londres (Royaume-Uni) © Domaine public→
« Trop d’hommes sont amputés d’eux-mêmes. 'La virilité n’est plus une valeur en Occident', écrit dans La Tyrannie de la faiblesse (2010). Elle n’est pourtant pas l’agressivité, ni la dureté du cœur, encore moins la vulgarité. Mais le don de son corps et de son sang pour devenir gardien de l’épouse dans la vulnérabilité de son enfantement, pour protéger la vie fragile (...). Voilà ce qui conduit l’homme à son accomplissement, et la femme à porter la vie. On ne peut porter la vie que dans l’union au Corps d’un autre. L’homme est une force qui doit s’incliner au rang de serviteur, afin de ne jamais tomber dans la brutalité despotique de celui qui n’a jamais fait de sa puissance un service. La logique de l’amour d’un homme est eucharistique : « Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Église et a donné sa vie pour elle » (Lettre de Saint Paul aux Éphésiens). »
Cette conception de la virilité semble rejoindre une citation de dans Le deuxième sexe (1949) : « Personne n'est plus arrogant envers les femmes, plus agressif ou méprisant, qu'un homme inquiet pour sa virilité. »
2,1a narcisse de Saron ou Rose de Saron : interprétation christologique et mariale Le nom de la fleur en question en hébreu est parfois traduit par « rose » au lieu de « narcisse ». Dans cette traduction de « rose » il a rejoint les Litanies de la Sainte Vierge.
, Rosaire avec Vierge allaitant, (tempera sur parchemin, East Anglia England Norfolk (?), ca1480-1490), page : 11,9 × 17 cm
Ms. 101, fol. 78v, Getty Museum, Los Angeles (États-Unis) © Domaine public→
Sainte Marie Mère des nations tenant un globe dans ses mains :
George (1861-1950), Sainte Marie, Rose mystique, (Huile sur toile, 1887), 65,5 x 43,5 cm,
Musée Ateneum, Helsinki (Finlande) © Hannu Aaltonen.→
Première composition de la Vierge illustrant la litanie « Sainte Marie, Rose mystique ». Le visage éclairé de profil et les yeux fermés, signes de sa lumière intérieure, Marie, « comprise à la façon de ces précurseurs de la Renaissance » (Leprieur), porte avec assurance le monde dans sa main gauche et quelques roses rouges dans sa main droite. Le critique écrit, après l’exposition des 33, à la galerie Georges-Petit, en 1887 : « Un artiste que je ne connaissais pas encore, M. Georges [sic] Desvallières, se révèle ici comme un jeune maître, il a énormément de talent, il me faut le reconnaître. C’est un primitif italien du XVe siècle, égaré en France au XIXe siècle. » (La Curiosité). Il ajoute, dans Le Blanc et le Noir : « […] Quel charme mélancolique ! Quelle puissance émotionnante dans sa “Sainte Marie, Rose mystique” ! ».
Fortement influencé par les maîtres italiens qu’il a étudiés au Louvre ou lors de ses voyages dans la Péninsule, s’inspire de l’Allégorie de (CR 60) ou de son Condottiere (CR 73), deux tableaux profanes de 1883, sur un fond de paysage avec un ciel dont les couleurs comptent plus intensément. L’année de son mariage, en 1890, l’artiste reprendra la même composition dans Vierge aux donateurs (CR 280), conservé au musée des Beaux-Arts de Reims.
2,2 Comme un lis au milieu des épines Interprétation typologique : Le lis symbolisant la Vierge Marie
, Lis parmi les épines (fresque, 12e s.)
Ermitage de Santa Caterina del Sasso→, Lombardie (Italie) © CC BY-SA 3.0→
Les épines présentes autour des lis forment une couronne analogue à la couronne de la Passion du Christ. Les lis évoquent ici la victoire du Christ sur la mort et la vie qui en jaillit.
4,5 Tes deux seins sont comme deux faons
(1889-1948), Cantique des Cantiques, composition n° 3 (tempera sur carton, 1923), 64 x 47 cm
Kunsthalle Rostock→ (Allemagne) © CC BY-SA 3.0 de→
Le Cantique des Cantiques - en allemand Das Hohelied Salomos - est le titre d'un cycle d'images expressionnistes du peintre allemand . L'artiste interprète les textes du Cantique des cantiques. Le cycle a été créé en 1923 à Rostock et contient environ 50 images, dont 27 ont été redécouvertes en 2015. La composition n°3 de ce cycle évoque Ct 4,5.
4,7s Interprétation mariale
Albrecht (1420-ca. 1466) , impr. et éd., Biblia pauperum (Bible des pauvres), (gravures sur bois et texte imprimé avec des caractères mobiles, 1462-1463), 18 folios, Bamberg, Allemagne,
Bibliothèque d’État de Bavière→ : Rar.4, © CC BY-NC-SA 4.0
Ct 4,7-8 ; Is 45,7 ; Si 17,11 ; Jb 29,20 ; 1R 1,15-21 ; Est 2,16-17
Panneau central : Marie est couronnée par son Fils dans la gloire du Ciel. La légende dit : Virgo coronata fruitur jam luce parata (La Vierge couronnée jouit désormais de la lumière préparée [de toute éternité].)
À sa gauche, Salomon (Ct 4,7-8) dialogue avec Isaïe (Is 45,7) ; à sa droite, ben Sira (V—Si 17,11) avec ... Job (Jb 29,20) !
En-dessous, à gauche : la reine Bethsabée intercède auprès du roi David pour qu'il désigne Salomon pour successeur (1R 1,15-21). L'imagier souligne le fait que Marie est la mère sans péché du nouveau Salomon.
En-dessous, à droite : Assuérus choisit Esther et l'introduit dans la chambre du roi de préférence à toutes les femmes (Est 2,16-17). De même, poursuit le texte, Marie accède au roi des Cieux, son époux et le fils unique du Père céleste...
5,11s Bible hiéroglyphique
Thomas (1753-1828) et Rowland (1744-1833), → New Hieroglyphical Bible (impression au plomb et gravure sur bois, 1794), 14 cm x 9 cm
Thomas Fisher Rare Book Library, Toronto
© Domaine public - Photo : Dr. Ralph F. Wilson
6,1 Où est parti ton bien-aimé (= V : 5,17)
(1889-1948), Cantique des Cantiques, étude E (tempera sur carton, 1923), 64 x 47 cm
Kunsthalle Rostock→ (Allemagne) © CC BY-SA 3.0 de→
Le Cantique des Cantiques - en allemand Das Hohelied Salomos - est le titre d'un cycle d'images expressionnistes du peintre allemand . L'artiste interprète les textes du Cantique des cantiques. Le cycle a été créé en 1923 à Rostock et contient environ 50 images, dont 27 ont été redécouvertes en 2015.
6,12b V Aminadab Un médaillon d’un vitrail de la basilique de Saint-Denis (12e s.) montre, au-dessus de la légende quadrige aminadab, un char à quatre roues portant l'Arche d'Alliance à moitié ouverte, dans laquelle on aperçoit les tables de la Loi, le rameau fleuri d'Aaron et le vase qui contenait la manne du désert du Sinaï. Au milieu de l'Arche émerge une croix à laquelle est attaché le Sauveur. Dieu le Père, debout sur le char, soutient cette croix de ses bras. Aux quatre coins du quadrige sortent du ciel, à mi-corps, les quatre attributs des évangélistes, tenant chacun le livre de leur évangile et regardant vers le centre. L'Arche d'Alliance se fixe sous la croix du Christ pour se transformer en autel.
L’Arche d’alliance ou le Char d’Aminadab (vitrail, diam. 66 cm, ca. 1144)
fenêtre des Allégories de Saint Paul, chapelle de Saint-Pérégrin, Abbatiale de Saint-Denis, France © Domaine public→
Inscription : (F) EDERIS.EX.ARCA CRVCE (X)RI SISTITUR ARA FEDERE.MAIORI. VVLT.IBI VITA MORI. (1080-1151) lui-même retranscrit dans la description qu'il donne de ses verrières (, De administratione S.360, ca 1177-1178) : In eadem vitrea super archam federis: Federis ex archa Christi cruce sistitur ara, Federe maiori vult ibi vita mori : « Dans la même vitre, au dessus de l'arche d'Alliance : L'autel de la croix du Christ s'est établi sur l'ancienne Arche d'alliance. Dans une plus grande alliance, sa vie a voulu (y subir) la mort ».
7,1–16 Le Cantique des cantiques
(1826-1898), Le Cantique des cantiques (huile sur toile, 1853), 300 x 319 cm
conservé au Musée des beaux-arts de Dijon (France) © Domaine public→
7,1 Reviens, reviens Sulamite ! (= V : 6,12) Interprétation typologique : La Vierge Marie comme Sulamite
est un peintre allemand, membre du mouvement nazaréen. Malgré sa courte vie artistique, il a peint quelques tableaux et une centaine de dessins et il est un des plus importants peintres du romantisme allemand. Il peint Sulamith et Marie un an avant son décès.
(1788-1812), Sulamite et Marie (huile sur panneau, 1811), 34,5 × 32 cm
Musée Georg Schäfer, Schweinfurt (Allemagne), Inv. MGS 1183 © Domaine public→
8,12 à toi, le Paisible Le roi Salomon
est un peintre flamand s'intéressant principalement aux sujets religieux, historiques, allégoriques, et aux portraits. Il réalise dans les années 1580 de multiples conceptions d'estampes et d'illustrations de livres. Cette gravure réalisée en 1590 est une de ses illustrations réalisées pour Le Cantique des cantiques :
(1532-1603), Le roi Salomon sur le trône (gravure, 1590)
Musée national d'Allemagne, Nuremberg (Allemagne) © Domaine public→
1,4.7.15 ; 2,8.16 ; 4,1–7.10 ; 5,8 ; 8,6 Niets dan liefde (Rien d'autre que l'amour)
Kris , OCSO (1972-), Niets dan liefde (Oratorio du printemps op.23), 2011
Marie de Roy (sopr), Aldo Platteau (bar), Ensemble Sturm und Klang (dir. Thomas van Haeperen)
© Kris Oelbrandt→, Ct 1,4.7.15.2,8.16.4,1-7.10.5,8.8,6 Mc 14,22 Mt 26,26 Lc 22,19 1Co 13,7s
Cette Cantate est composée pour le quatrième dimanche du carême sur l'amour. Elle est constituée de deux parties: la première décrit l'amour entre l'homme et Dieu comme un amour entre humains, la deuxième fait apparaître l'amour entre Dieu et l'homme dans l'eucharistie et le don de soi. La première partie est inspirée du Cantique des cantiques. Dans la deuxième partie, le Récit de l'Institution est superposé par un poème de Hans Andreus, qui se traduit en français par: « Je te préfère au pain, bien qu'on dit que c'est impossible, et bien que ce soit impossible ». Un fragment de la Prière de Charles de Foucauld et du cantique de l'amour (1Co 13,8a.7) concluent la cantate.
1,5 ; 2,10ss je suis noire mais aussi ravissante Nigra sum
Pablo (1876-1973), Nigra Sum, 1943
The Georgia Boy Choir
Nigra sum sed formosa filiae Hierusalem, Ideo dilexit me rex, et introduxit me in cubiculum suum, et dixit mihi: Surge, amica mea et veni, Ostende mihi faciem tuam, sonet vox tua in auribus meis, vox enim tua dulcis, et facies tua decora.
Je suis noire mais belle, filles de Jérusalem (Ct 1,5), c'est pourquoi le roi m'a choisie, et m'a fait entrer dans ses appartements (Ct 1,4), et il m'a dit : « Lève-toi, mon amie, et viens, (Ct 2,10) montre-moi ton visage, que ta voix résonne à mes oreilles ; car ta voix est douce, et ton visage charmant. (Ct 2,14) »
Pablo , né le 29 décembre 1876 à El Vendrell (province de Tarragone, Espagne) et mort le 22 octobre 1973 à San Juan (Porto Rico), est un violoncelliste, chef d'orchestre et compositeur espagnol. Tout au long de sa longue vie, fut un défenseur acharné et enthousiaste du violoncelle, mais aussi de la musique dans une inébranlable foi dans les valeurs qu'elle peut transmettre. Ses enregistrements sont habités de cet enthousiasme et de son énergie. Il essaye de favoriser l'accès à la musique pour le plus grand nombre, que ce soit avec des associations de concerts, la création de ses divers orchestres ; il jouera même dans des conditions mouvementées lors de la guerre d'Espagne.
1,5s je suis noire La Reine de Saba figure de la beauté exotique de la bien-aimée
Charles (1818-1893), Jules et Michel (livret), La Reine de Saba, 1862
Michel Plasson (dir.), Chœurs et Orchestre du Capitole de Toulouse
© Licence YouTube Standard→, 1R 10,1-13 2Ch 9,1-12 Ct 1,5s Mt 12,42 Lc 11,31
Livret : Jules Barbier et Michel Carré
Création : Paris, Opéra Salle Le Peletier, 28 février 1862
Balkis : mezzo-soprano
Soliman : basse
Adoniram : ténor
Bénoni : mezzo-soprano
Méthousaël : basse
Sadoc : basse
Amrou : ténor
Phanor : baryton
Sarabil : alto
Afin d’éblouir Balkis, la reine de Saba dont il attend la visite à Jérusalem, Soliman vient de faire construire par Adoniram un temple merveilleux. Bénoni, jeune apprenti de l’artiste, célèbre la beauté légendaire de la reine. Adoniram, qui rêve du chef-d’œuvre suprême, est torturé par le doute, mais aussi par ses ouvriers, Amrou, Méthousaël et Phanor qui, se voyant refuser une part des bénéfices, jurent vengeance. Balkis admire la splendeur du temple, sans manifester d’enthousiasme à l’idée d’épouser Soliman, à qui elle offre pourtant son anneau. Elle est davantage fascinée par Adoniram, d’autant qu’il semble posséder des pouvoirs surnaturels – un scarabée magique, grâce auquel il commande des hommes et des djinns. Balkis orne le cou d’Adoniram de son collier.
Sur le plateau de Sion, devant Soliman et Balkis, Adoniram s’apprête à créer le chef-d’œuvre de ses rêves, une Mer d’Airain. Lorsqu’il est trop tard pour arrêter la fonte, Benoni avertit Soliman que les trois ouvriers-traîtres ont saboté l’ouvrage. Le métal fondu détruit le précieux moule et le fourneau explose.
En dépit de son échec, l’image d’Adoniram brûle toujours dans l’esprit de Balkis. L’artiste se déclare indigne de la confiance de la reine, et lui rend son collier. Les sentiments puissants les submergent. Benoni annonce que les djinns ont réparé le moule, et tout est à nouveau en place pour la fonte. Adoniram révèle alors à Balkis qu’ils descendent du même ancêtre, le chasseur Nemrod, et qu’il est protégé par des forces surnaturelles. Leur entretien a été entendu par les trois traîtres qui décident d’en informer Soliman.
L’absence prolongée de Balkis attise les soupçons de Soliman, confirmés par les traîtres qui lui rapportent le rendez-vous de la reine avec Adoniram. D’abord méfiant, Soliman finit par prêter foi à ces accusations lorsque Adoniram lui présente sa démission, en refusant de partager avec lui le pouvoir royal. Ayant fini son chef-d’œuvre, il se prépare à s’enfuir avec Balkis. La reine calme les ardeurs de Soliman en lui faisant boire un somnifère, retire l’anneau qu’elle lui avait offert et s’éclipse, ignorant ses imprécations.
Les trois traîtres surprennent Adoniram à l’endroit de son rendez-vous avec la reine, au pied du mont Tabor, et le poignardent. Tel le trouve Balkis qui, recevant son dernier soupir, glisse sur son doigt l’anneau sacré. La montagne s’ouvre et le corps d’Adoniram est porté par les djinns au royaume de ses ancêtres.
Gounod a une revanche à prendre sur l’Opéra où, depuis La Nonne sanglante, on n’a pas joué une note de sa musique. Encouragé par le succès croissant de Faust, le directeur Alphonse Royer accepte volontiers ce qui deviendra La Reine de Saba (auparavant intitulé La Reine Balkis, adapté par Barbier et Carré des Nuits de Ramazan de Gérard de Nerval) […] soumis à d’innombrables coupures, dont la suppression de la scène de la fonte du IIe acte, La Reine de Saba ne tiendra l’affiche que quinze soirées avant d’être retirée du répertoire.
Après des reprises complètes à la Monnaie de Bruxelles (1862, puis en 1876), à Darmstadt (1863), un nouvel échec à Londres (1865, en concert au Crystal Palace, avec le livret maquillé en Irene, drame turc…) et à Manchester (1880), puis une ultime et malheureuse tentative à l’Opéra-Populaire du Château-d’Eau, le 27 novembre 1900, l’œuvre disparut jusqu’en 1969 où elle fut reprise au Capitole de Toulouse, pour la dernière fois au XXe siècle.
Bibliographie : Mille et un opéras, Piotr Kaminski, Fayard, 2004
1,8 La plus belle des femmes
Jacob (1542-1577), O pulcherrima inter mulieres, 1564
Schola Stralsundensis, Maurice van Lieshout (dir.)
O pulcherrima inter mulieres, o florens rosa clarior aurora, pulchra ut luna, electa ut sol, rubens formosa sponsa mea, veni de Libano.
Veni in hortum meum, charissima mea, Ecce quam pulchra es, amica mea, columba mea, formosa mea, sponsa mea, veni de Libano.
Oh la plus belle des femmes O rose fleurie, plus brillante que l'aube belle comme la lune, brillante comme le soleil ma belle mariée rayonnante je viens du Liban.
Je suis allé dans mon jardin, ma chérie, Voici comme tu es belle mon amour ma colombe ma belle mariée je viens du Liban.
2,1–17 Le Cantique des Cantiques
Keeping Mum (Secrets de famille) (2005), , Niall Johnson ; Richard Russo, Dickon Hinchlife
Rowan Atkinson, alias Mr Bean et Kristin Scott Thomas, dans Secrets de famille de (2006). Un homme regarde sa femme faire sa toilette tandis que le narrateur déclame un hymne composé à partir des versets du Cantique des Cantiques.
2,1–11 Je suis le narcisse de Saron
William (1746-1800), I am the rose of Sharon, 1778
Ross W. Duffin (dir.), Quire Cleveland
I am the Rose of Sharon and the lily of the valleys. As the Lily among the thorns, so is my Love among the Daughters. As the Apple tree, among the trees of the wood, so is my Beloved among the Sons. I sat down under his shadow with great delight, And his fruit was sweet to my taste, taste. He brought me to the Banqueting House, His Banner over me was Love. Stay me with Flagons, Comfort me with Apples, for I am sick, sick of Love. I charge you, O ye Daughters of Jerusalem, by the Roes and by the Hinds of the Field, that you stir not up nor Awake, Awake my Love till he please. The voice of my Beloved, Behold, he cometh, Leaping upon the mountains, skipping upon the Hills. My Beloved spake and said unto me: rise up, my Love, my fair one, and come away, for Lo, the Winter is past, the rain is over and gone. (Ct 2,1-11)
William (né à Boston le 7 octobre 1746, mort dans cette même ville le 26 septembre 1800) est un compositeur américain de musique chorale, et est considéré comme le père de la musique chorale américaine. À l'origine tanneur de métier et autodidacte, a créé ce qui est maintenant reconnu comme un style spécifiquement américain de la musique vocale.
2,10–13 ; 6,10ss ; 7,10ss Cantique des Cantiques
Ivan (1964-), Canticum Canticorum I, 1987
David Fallis (dir.), Quire Cleveland
Ivan est un compositeur britannique contemporain. Ses œuvres montrent les influences de l'est du chant liturgique et de l'Église orthodoxe, dont il est membre et archiprêtre (Patriarcat Œcuménique de Constantinople). Son Canticum Canticorum I, écrit pour le Hilliard Ensemble, est créé en 1987 et obtient un énorme succès. Cette pièce reste l'œuvre la plus fréquemment jouée de son répertoire. Elle est constituée de trois mouvements : « Surge propera amica mea » (Lève-toi, hâte-toi, mon amie), « Descendi in hortum meum » (Je suis descendu dans mon jardin) et « Ego dilecti meo » (Je suis à mon bien-aimé).
2,10–14 Lève-toi mon amie
Stephen (1949-2014), Arise My Love, 2004
Northwest Tower Choir
My beloved spake, and said unto me, Rise up, my love, my fair one, and come away. For, lo, the winter is past, the rain is over and gone; The flowers appear on the earth; the time of the singing of birds is come, and the voice of the turtle is heard in our land; The fig tree putteth forth her green figs, and the vines with the tender grape give a good smell. Arise, my love, my fair one, and come away. O my dove, that art in the clefts of the rock, in the secret places of the stairs, let me see thy countenance, let me hear thy voice; for sweet is thy voice, and thy countenance is comely. (Ct 2,10-14)
Stephen est un compositeur américain, connu pour ses opéras et sa musique chorale. Son catalogue d'œuvres comprend plus de 350 pièces touchant à plusieurs genres, dont la musique chorale, l'orchestre, la voix seule, etc.
2,10–13 Mon bien-aimé a parlé
Patrick Arthur Sheldon (1899-1973), My beloved spake, 1938
Andrew Lumsden (dir.), Choir of Winchester Cathedral
My beloved spake, and said unto me, Rise up, my love, my fair one, and come away. For, lo, the winter is past, the rain is over and gone; The flowers appear on the earth; the time of the singing of birds is come, and the voice of the turtle is heard in our land; The fig tree putteth forth her green figs, and the vines with the tender grape give a good smell. Arise, my love, my fair one, and come away. (Ct 2,10-13)
Patrick est un compositeur, chef d'orchestre et pédagogue anglais. Ses compositions — principalement de la musique vocale —, influencées par Frederick , sont d'un romantisme tardif, telles la ballade symphonique The Trees So High (pour baryton, chœurs et orchestre, 1931) et les cantates The Hills (pour soprano, ténor, chœurs et orchestre, 1944) et Lenten Meditations (pour ténor, baryton, chœurs et orchestre, 1962).
Henry (1659-1695), My Beloved Spake Z.28, 1677
Paul McMreesh (dir.), Gabrieli Consort
My beloved spake, and said unto me, Rise up, my love, my fair one, and come away. For, lo, the winter is past, the rain is over and gone; The flowers appear on the earth; the time of the singing of birds is come, and the voice of the turtle is heard in our land; The fig tree putteth forth her green figs, and the vines with the tender grape give a good smell. Arise, my love, my fair one, and come away. My beloved is mine, and I am His. (Ct 2,10-13.16)
"My Beloved Spake" a été composé au plus tard en 1677 — dans la 18e année de . Étonnante dans son assurance technique, délicieuse dans la fraîcheur printanière de son invention musicale, et magnifiquement lucide dans sa construction, avec sa symphonie d'ouverture répétée à mi-chemin de la succession des mouvements vocaux, elle n'est pas moins remarquable que les œuvres adolescentes de .
2,13s Au côté
Dieterich (1637/1639-1707), Membra Jesu Nostri - BuxWV 75 - (4) Ad latus, 1680
René Jacobs (dir.), Schola Cantorum Basiliensis
IV. Ad latus 1. Sonata 2. Concerto (SSATB) Surge, amica mea, speciosa mea, et veni, columba mea inforaminibus petrae, in caverna maceriae (Ct 2,13-14) 3. Aria (Soprano 1) Salve latus salvatoris, in quo latet mel dulcoris, in quo patet vis amoris, ex quo scatet fons cruoris, qui corda lavat sordida 4. Aria (ATB) Ecce tibi apropinquo, parce, Jesu, si delinquo, verecunda quidem fronte, ad te tamen veni sponte scrutari tua vulnera 5. Aria (Soprano 2) Hora mortis meus flatus intret Jesu, tuum latus, hinc ex pirans in te vadat, ne hunc leo trux invadat, sed apud te permaneat 6. Concerto (da capo: Surge amica mea)
IV. Au côté 1. Sonata ; 2. Concerto : Lève-toi, mon amie, / ma belle, et viens, / ma colombe qui te tiens dans les fentes du rocher / dans l'abri des parois escarpées ; 3. Aria (Soprano 1) : Je te salue, flanc du sauveur / en lequel repose le miel de douceur / en lequel paraît la force de l'amour / duquel s'échappe une source sanglante / qui lave les cœurs souillés ; 4. Aria (Alto + Ténor + Basse) Voici que je m'approche de toi / épargne-moi, Jésus, si je pèche / malgré le rouge qui me monte au front / je suis pourtant venu de moi-même à toi / pour étudier tes blessures ; 5. À l'heure de la mort que mon souffle / entre, Jésus, en ton flanc / et y expire, / afin que le lion féroce ne l'attaque pas, / mais qu'il demeure près de toi.
Membra Jesu nostri (en français « les membres de notre Jésus »), BuxWV 75, est un cycle de sept cantates composées par Dietrich , sur des poésies spirituelles du Moyen Âge, déplorant l'une après l'autre les plaies du Christ.
3,1–11 La voix du bien-aimé
Tanguy , LA VOIX DU BIEN-AIME, 2014
Dei Amoris Cantores
Fondé en décembre 2011 par 3 amis musiciens et compositeurs : Tanguy, Martin et Frère Gaétan de la Communauté St Jean, Dei Amoris Cantores est un chœur catholique composé d’une vingtaine de jeunes et enthousiastes interprètes. Ils répondent à l’appel de Jean-Paul II et Benoit XVI et se consacrent à la nouvelle évangélisation, persuadés que le chant polyphonique est un moyen formidable de mettre en valeur et de transmettre la Parole de Dieu.
4,9 Au cœur
Dieterich (1637/1639-1707), Membra Jesu Nostri -BuxW75- (6) "Ad cor", 1680
John Eliot Gardiner (dir.), Monteverdi Choir, English Baroque Soloists
VI. Ad cor 1. Sonata 2. Concerto a 3 voci (SSB) Vulnerasti cor meum, soror mea, sponsa, vulnerasti cor meum. 3. Aria (Soprano 1) Summi regis cor, aveto, te saluto corde laeto, te complecti me delectat et hoc meum cor affectat, ut ad te loquar, animes. 4. Aria (Soprano 2) Per medullam cordis mei, peccatoris atque rei, tuus amor transferatur, quo cor tuum rapiatur languens amoris vulnere. 5. Aria (Bass) Viva cordis voce clamo, dulce cor, te namque amo, ad cor meum inclinare, ut se possit applicare devoto tibi pectore. 6. Concerto a 3 voci (SSB) Vulnerasti cor meum, soror mea, sponsa, vulnerasti cor meum.
VI. Au cœur : 1. Sonata 2. Concerto à 3 voix (2 sopranes, 1 basse) : Tu m'as blessé le cœur, ma sœur fiancée, tu m'as blessé le cœur. 3. Aria (Soprano 1) Salut à toi, cœur du plus grand des rois, je te salue d'un cœur joyeux, je me réjouis de t'étreindre et cela atteint mon cœur, inspire-le à te parler. 4. Aria (Soprano 2) Que ton amour se porte jusqu'à la moelle de mon cœur, ce cœur de pécheur et de roi, à l'endroit où ton cœur ravi se languit, frappé d'amour. 5. Aria (Basse) Avec la vive voix de mon cœur je crie : « cher cœur, puisque je t'aime, penche-toi vers mon cœur, afin qu'il puisse se coller contre toi, entièrement dévoué à toi. » 6. Concerto à trois voix (2 sopranes, 1 basse) : Tu m'as blessé le cœur, ma sœur fiancée, tu m'as blessé le cœur.
Membra Jesu nostri (en français « les membres de notre Jésus »), BuxWV 75, est un cycle de sept cantates composées par Dietrich , sur des poésies spirituelles du Moyen Âge, déplorant l'une après l'autre les plaies du Christ.
5,6 Mon âme a fondu
Heinrich (1585-1672), Symphoniae sacrae I, Op. 6: No. 7, Anima mea liquefacta est, SWV 263, 1629
Hans-Christoph Rademann (dir.), Tobias Mäthger, Georg Poplutz
Anima mea liquefacta est, ut dilectus locutus est. Quaesivi et non inveni illum; vocavi et non respondit mihi. Invenerunt me custodes civitatis, percusserunt me et vulneraverunt me. Tulerunt pallium meum custodes murorum. Filiae Hierusalem, nuntiate dilecto quia amore langueo.
5,8 malade d'amour Une chanson célèbre Écrite avec l’aide du grand parolier français Yves Dessca, cette hymne à l’amour s’inspire directement du Ct et spécialement de Ct 5,8 pour exalter la beauté, les merveilles mais aussi les déchirements que l’amour peut susciter.
Michel et Yves (paroles), Jacques (mus.) La maladie d’amour, 1973, Mercury Music Group, © Licence YouTube standard
7,4–12 Que tu es belle
John (1390-1453), Quam pulchra es
Trio Triumvirum
Quam pulchra es et quam decora carissima in deliciis (Ct 7,6) / Statura tua assimilata est palmæ, et ubera tua botris (Ct 7,7) / Caput tuum ut carmelus… (Ct 7,5) / Collum tuum sicut turris eburnea… (Ct7,4) / Veni dilecte mi; egrediamur in agrum… (Ct 7,11) …et videamus… si flores fructus parturiunt, si floruerunt mala punica. Ibi dabo tibi ubera mea. (Ct 7,12)
John (né vers 1390, mort le 24 décembre 1453 à Londres) est un compositeur (principalement de musique vocale sacrée), mathématicien et astronome anglais, dont les innovations harmoniques ont exercé une influence profonde sur certains compositeurs du début de la Renaissance. Parmi les compositions de qui nous sont parvenues, on trouve des exemples de tous les principaux types et styles de polyphonies qui existaient de son temps : des motets isorythmiques, des sections de l’ordinaire de la messe, des chants profanes et divers textes liturgiques mis en musique à trois voix.
7,4–12 O quam pulchra
Claudio (1567-1643), O Quam Pulchra SV 317, 1625
Jordi Savall, Montserrat Figueras
8,6s Il n'y a pas de plus grand amour
Sir William (1902-1983), Set Me As A Seal, 1938
St. John's College Cambridge
Set me as a seal upon thine heart, as a seal upon thine arm: for love is strong as death. Many waters cannot quench love, neither can the floods drown it.
Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras : car l'amour est fort comme la mort. Toutes les eaux ne pourront étancher l'amour, ni les crues le noyer.
William « Turner » est un compositeur britannique né à Oldham dans le Lancashire (aujourd'hui dans le Grand Manchester) le 29 mars 1902 et mort à Ischia en Italie le 8 mars 1983. D'abord surnommé « l’enfant terrible de la musique anglaise » à la fois pour son talent et son modernisme, il gagna une renommée internationale. On pourrait dire que Sir était un moderniste avec un cheminement artistique en marge des circuits traditionnels. Il est resté attaché aux formes classiques, particulièrement dans ses œuvres symphoniques héritées de la grande tradition romantique. Son œuvre est avant tout nationale et profondément britannique.
John (1879-1962), Greater love hath no man, 1912
Aric Prentice (dir.), Lincoln Cathedral Choir, Charles Harrison (organ)
© Licence YouTube standard→, Ct 8,6s Jn 15,13 1P 2,9.24 1Co 6,11 Rm 12,1
Many waters cannot quench love, neither can the floods drown it. Love is strong as death. Greater love hath no man than this, that a man lay down his life for his friends. Who his own self bare our sins in his own body on the tree, That we, being dead to sins, should live unto righteousness. Ye are washed, ye are sanctified, ye are justified in the name of the Lord Jesus. Ye are a chosen generation, a royal priesthood, a holy nation; That ye should show forth the praises of him who hath call’d you out of darkness into his marvellous light. I beseech you brethren, by the mercies of God, that you present your bodies, a living sacrifice, holy, acceptable unto to God, which is your reasonable service.
Toutes les eaux ne peuvent pas étancher l'amour, ni les crues le noyer. L'amour est fort comme la mort. Il n'y pas de plus grand amour pour l'homme que de donner sa vie pour ses amis. Homme qui lui-même porte dénude nos péchés sur son propre corps sur l'arbre ; Afin que nous, morts au péché, nous livions dans la justice. Vous êtes lavés, sanctifiés, vous êtes justifiés dans le nom du Seigneur Jésus. Vous êtes une génération élue, sacerdoce royal, nation sainte ; Pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Je vous exhorte, frères, par la miséricorde de Dieu, que vous présentiez vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, c'est là votre juste manière de lui rendre un culte.
John est un compositeur anglais élève de Charles Villiers Il étudie au Royal College of Music de Londres de 1893 à 1901. Plus tard enseignant dans le même établissement, il a pour élèves Benjamin , Humphrey , Ernest John , Alan . Il a aussi été organiste à Chelsea de 1904 à 1926.