La Bible en ses Traditions

Isaïe 1,18–31

Crampon

18 Venez et discutons ensemble. Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige ! s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine.

19 Si vous obéissez de bon cœur, vous mangerez les biens de votre pays ;

20 mais si vous résistez, et si vous êtes rebelles, vous serez mangés par l’épée ; car la bouche de Yahweh a parlé.

21 Comment est-elle devenue une prostituée, la cité fidèle, elle, pleine d’équité, dans laquelle la justice habitait, et maintenant... des meurtriers !

22 Ton argent s’est changé en scories, ton vin a été coupé d’eau.

23 Tes princes sont des rebelles ; et des compagnons de voleurs ; tous aiment les présents, et courent après les récompenses ; ils ne font pas droit à l’orphelin, et la cause de la veuve ne vient pas devant eux.

24 C’est pourquoi - oracle du Seigneur, Yahweh des armées, le Fort d’Israël : Ah ! je tirerai satisfaction de mes adversaires, et je me vengerai de mes ennemis.

25 J’étendrai ma main sur toi, et je fondrai tes scories comme avec de la potasse, et j’ôterai toutes tes parcelles de plomb.

26 Je te rendrai des juges comme ceux d’autrefois, et des conseillers comme aux premiers temps. Après cela on t’appellera la ville de justice, la cité fidèle.

27 Sion sera rachetée par la droiture, et ses convertis, par la justice.

28 Mais les rebelles et les pécheurs seront brisés ensemble, et ceux qui abandonnent Yahweh périront.

29 Car ils auront honte des térébinthes que vous avez aimés, et vous rougirez des jardins dont vous faites vos délices.

30 Car vous serez comme un térébinthe au feuillage flétri, et comme un jardin sans eau.

31 Et l’homme fort sera l’étoupe, et ses œuvres, l’étincelle ; ils brûleront tous deux ensemble, et personne n’éteindra.

Réception

Liturgie

1–27 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Haftara du sabbat Debarim (44)

Littérature

10–18 Prière avortée d'un meurtrier

  • Shakespeare Hamlet acte 3, scène 3 : Le roi Claudius ressent un « élan » et un « besoin » de prier. Il espère en la miséricorde de Dieu : « [...] si ma main maudite / S'est vraiment épaissie du sang d'un frère, / Les cieux si doux n'ont-ils assez de pluie / Qui me la rende blanche comme neige ? » mais il reconnaît que sa prière est faussée car il « s'obstine » à ne vouloir ni se déposséder de son ambition, de sa couronne et de sa reine (107). 

Arts visuels

1–31 Le Prophète Isaïe Raphaël réalise en 1511-1512 une fresque monumentale représentant Isaïe, pour la basilique Saint-Augustin de Rome.

Raffaello Sanzio, dit Raphaël (1483, Urbino-1520, Rome), Le Prophète Isaïe, (fresque monumentale, 1511-1512), 2,50 x 1,55m

3ème pilier de la nef, Basilique Saint-Augustin, Rome

© Domaine public→

Entouré par des putti à l'arrière-plan qui entourent une plaque d'inscription grecque, Isaïe déroule un rouleau présentant en hébreu sa prophétie de l'ouverture du ciel : (Is 26,2-3) « Ouvrez les portes et laissez entrer la nation juste, celle qui reste fidèle ! À celui qui est ferme dans ses intentions tu assures [une paix profonde parce qu’il se confie en toi]. » Au-dessus de sa tête se troube une inscription dédicatoire à sainte Anne en grec : « À Sainte Anne, mère de la Vierge, à la sainte Vierge, mère de Dieu, et au Christ, Jo[hannes] Go[ritius]. »

Composition

Cette fresque a été commandée à Raphaël par le chancelier-chef de la cour papale, Johannes Goritz de Luxembourg. Vasari rapporte dans ses Vies qu'après avoir vu les Prophètes de Michel-Ange au plafond de la chapelle Sixtine (cf. Arts visuels Is 3,1–24), Raphaël aurait repris entièrement sa première version d'Isaïe. Son travail a été retouché par d'autres peintres à travers les siècles, et a fait l'objet d'une restauration en 1960.