La Bible en ses Traditions

Isaïe 24,7–16

Crampon

Le jus de la vigne est en deuil, le cep languit ; tous ceux qui avaient la joie au cœur gémissent.

Le son joyeux des tambourins a cessé, les fêtes bruyantes ont pris fin, le son joyeux de la harpe a cessé.

On ne boit plus de vin au bruit des chansons ; la liqueur enivrante est amère au buveur.

10 Elle est renversée, la ville de confusion ; toute maison est fermée, on ne peut y entrer.

11 On pousse des clameurs dans les rues, faute de vin ! toute allégresse a disparu, la joie est bannie de la terre.

12 Il ne reste de la ville que décombres, et les portes brisées sont en ruines.

13 Car il en sera au milieu de la terre, parmi les peuples, comme quand on abat des olives, comme quand on grappille après la vendange.

14 Ceux-là élèvent leur voix, ils chantent ; ils acclament de la mer la majesté de Yahweh :

15 « Louez Yahweh dans les régions de l’aurore, le nom de Yahweh, le Dieu d’Israël, dans les îles du couchant. »

16 De l’extrémité de la terre nous entendons des cantiques « Gloire au juste ! — » Mais j’ai dit : « Je suis perdu ! Je suis perdu, malheur à moi ! » Les pillards pillent, les pillards pillent sans mesure !

Texte

Vocabulaire

16 prévaricateurs (V) Connotation judiciaire La prévarication signifie l'accord secret de l'avocat avec la partie adverse : ici la désobeissance de qui ne garde pas le secret est aussi grave qu'une trahison.

Réception

Liturgie

1–23 Sion, tu seras renouvelée - Antienne

« Sion renovaberis »

Traditionnel, Antienne - Sion renovaberis

Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

© Abbaye du Barroux→, Ap 21,5 Is 62,2.43,19

Antienne chantée aux vêpres du mercredi après le deuxième Dimanche de l'Avent.

Paroles

Sion, tu seras renouvelée, et tu verras ton juste qui va venir en toi.

Arts visuels

7ss Chant sur la ville détruite

Enluminure française du 14e s.

La Bible moralisée est un genre qui fleurit entre le 13e et le 15e siècles. Ce genre d'ouvrage s'attache à illustrer la plupart des chapitres de l'Ancien Testament, et à leur donner un sens allégorique ou typologique.

Jean Pucelle (1319-1334), Chant sur la ville détruite, (enluminure, 1345-1355)

in Bible moralisée, f.170v, Paris, Bibliothèque nationale de France→, département des Manuscrits. Français 167

© Domaine public

Dans cette enluminure conçue pour illustrer Is 24,7-9, on aperçoit quatre personnages se tenant debout ; à leurs pieds se trouvent une cithare et une harpe.

Musique

8s La fin de la musique : écho paradoxal dans le Hit Parade de l'opéra italien ? La musique désertée de cette lamentation se fait entendre dans le célébrissime « chœur des esclaves » de Giuseppe Verdi, Nabucco qui évoque la détresse des juifs dans le chœur de la troisième partie, le Va, pensiero des Hébreux auxquels s'identifiait la population milanaise alors sous occupation autrichienne. Cet air célébrissime est tiré du troisième acte : sur les bords de l'Euphrate, les Hébreux, vaincus et prisonniers, se rappellent avec nostalgie et douleur leur chère patrie perdue.

Giuseppe Verdi (1813-1901) Nabucco, Va pensiero, ou « Chœur des esclaves », Livret : Temistocle Solera, opéra en quatre actes tiré d'Auguste Anicet-Bourgeois et de Francis Cornu, Nabuchodonosor, drame (1836), Scala de Milan, 1842

Riccardo Muti dir., Chœur et orchestre de l'Opéra, Théâtre Costanzi, Rome (Italie), juillet 2013

© Licence Youtube standard, Ps 137 (136) ; Ez 3,15 ; Lm 3,48 ; 5,14; Is 24,8 ; Jr 25,10 

Paroles 
  • "Va', pensiero, sull'ali dorate; — Va, ti posa sui clivi, sui colli, — ove olezzano tepide e molli — l'aure dolci del suolo natal! — Del Giordano le rive saluta, — di Sionne le torri atterrate… — Oh mia Patria sì bella e perduta! — O membranza sì cara e fatal! — Arpa d'or dei fatidici vati, — perché muta dal salice pendi? —— Le memorie nel petto raccendi, — ci favella del tempo che fu! —  O simile di Solima ai fati, — traggi un suono di crudo lamento; — o t'ispiri il Signore un concento — che ne infonda al patire virtù!"
  • "Va, pensée, sur tes ailes dorées, — Va te poser sur les versants, sur les collines, Où embaume, tiède et suave, — L'air doux de la terre natale ! — Salue les rives du Jourdain, — Les tours renversées de Sion. — O, ma patrie, si belle et perdue ! O souvenir, si cher et funeste ! — Harpe d'or des prophètes du destin, — Pourquoi, pends-tu, muette, aux branches du saule ? — Ravive les souvenirs gravés dans nos coeurs,— Parle-nous du temps passé ! — Rappelle-nous le sort de Solime — Dans une complainte aux tristes accents, — Laisse le Seigneur t'inspirer une harmonie — Qui nous donne la force d'endurer nos souffrances !"