Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 Iles, faites silence pour m’écouter, et que les peuples raniment leurs forces ; qu’ils approchent, puis qu’ils parlent ! Allons ensemble au jugement !
2 Qui a fait lever de l’Orient celui dont la justice rencontre les pas ? Qui lui a livré les nations, et lui a soumis les rois ? Il fait voler leurs épées en poussière ; il rend leurs arcs semblables à la paille qu’emporte le vent.
3 Il les poursuit et passe en paix, par un chemin que son pied n’avait jamais foulé.
4 Qui a fait cela ? qui l’a accompli ? Celui qui appelle les générations depuis le commencement, moi, Yahweh, qui suis le premier, et qui serai aussi avec les derniers !
5 Les îles le voient et sont saisies de crainte ; les extrémités de la terre tremblent ; ils approchent et viennent.
6 Chacun aide son compagnon, et l’un dit à l’autre : Prends courage !
7 Le forgeron encourage le fondeur, le polisseur au marteau celui qui frappe sur l’enclume ; en disant de la soudure : « Elle est bonne ! » puis il fixe le dieu avec des clous, pour qu’il ne branle pas.
8 Mais toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j’ai choisi, race d’Abraham mon ami ;
9 Toi que j’ai été prendre aux extrémités de la terre ; et que j’ai appelé de ses lointaines régions ; toi à qui j’ai dit : « Tu es mon serviteur, je t’ai choisi et ne t’ai point rejeté. »
10 Ne crains point, car, je suis avec toi ; ne regarde pas avec inquiétude, car je suis ton Dieu ; je t’ai saisi fortement, et je t’aide, et je te soutiens par la droite de ma justice.
11 Voici qu’ils seront confondus et couverts de honte ; tous ceux qui sont enflammés contre toi ; ils seront semblables au néant, ils périront, ceux qui disputent contre toi !
12 Tu les chercheras et tu ne les trouveras plus ; ceux qui te querellent ; ils seront semblables au néant, réduits à rien, ceux qui te font la guerre.
13 Car moi, Yahweh, ton Dieu, je te prends par la main droite, je le dis : « Ne crains point, c’est moi qui viens à ton aide. »
14 Ne crains point, vermisseau de Jacob, faible reste d’Israël ! moi, je viens à ton secours, — oracle de Yahweh ; et ton Rédempteur est le Saint d’Israël.
15 Voici que je fais de toi un traîneau aigu, neuf, à deux tranchants ; tu fouleras les montagnes et tu les broieras, et tu rendras les collines semblables à de la balle,
16 Tu les vanneras, et le vent les emportera, et l’ouragan les dispersera. Et toi, tu tressailliras de joie en Yahweh, tu te glorifieras dans le Saint d’Israël.
17 Le malheureux et les pauvres, qui cherchent des eaux et n’en trouvent point ; et dont la langue est desséchée par la soif, moi, Yahweh, je les exaucerai, moi, le Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas.
18 Je ferai jaillir des fleuves sur les sommets dénudés, et des sources au milieu des vallées ; je changerai le désert en étang, et la terre aride en fontaines d’eau.
19 Je mettrai dans le désert le cèdre, l’acacia, le myrte et l’olivier ; je mettrai dans le steppe à la fois le cyprès, le platane et le buis ;
20 Afin qu’ils voient, qu’ils sachent, qu’ils observent et comprennent ensemble, que la main de Yahweh a fait ces choses, et que le Saint d’Israël les a créées.
21 Présentez votre cause, dit Yahweh ; produisez vos raisons, dit le Roi de Jacob.
22 Qu’ils les produisent et nous déclarent ce qui doit arriver ! Les choses anciennes, déclarez-nous ce qu’elles furent, et nous y appliquerons notre cœur, pour en connaître l’issue ! Ou bien faites-nous entendre les choses à venir !
23 Annoncez les choses qui arriveront plus tard, et nous saurons que vous êtes des dieux ! Faites du bien ou faites du mal, que nous voyions et que nous admirions ensemble !
24 Voilà, vous n’êtes rien, et votre œuvre est néant : abominable est celui qui vous choisît !
25 Je l’ai suscité du septentrion, et il arrive, du soleil levant, il invoque mon nom ; il marche sur les satrapes comme sur la boue, comme le potier foule l’argile.
26 Qui l’a fait connaître dès l’origine, que nous le sachions, longtemps d’avance, que nous disions : « C’est vrai’ ? » Non ! Personne ne l’a annoncé ! Non ! Personne ne l’a fait entendre ! Non ! Personne n’a entendu vos paroles !
27 Le premier j’ai dit à Sion : « Voici ! Les voici ! » et j’envoie à Jérusalem un messager de bonne nouvelle.
28 Je regarde, et il n’y a personne ; parmi eux, il n’y a pas un conseiller, que je puisse interroger et qui me réponde.
29 Voici, ils sont tous vanité ; leurs œuvres sont néant ; leurs idoles, un vain souffle !
40,1–55,13 Le « livre de la consolation d’Israël » L'incipit de ce chapitre et le thème des premiers versets inspire le titre souvent donné à cette deuxième partie du livre d'Isaïe : Is 40-55. En contraste avec les oracles pleins de menace d'Is 1-39, c'est la consolation qui est ici annoncée, par le prophète anonyme de la fin de l'Exil qu'on appelle le « Deuxième Isaïe ».
40,27–41,16 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Haftara du sabbat Lerh Lerha (3)
45,8 ; 64,5–11 ; 16,1 ; 40,1 ; 35,4 ; 41,13s Rorate cæli - Cieux répandez la rosée
, Répons - Rorate cæli desuper
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
© Abbaye du Barroux→, Is 45,8.64,5-11.16,1.40,1.35,4.41,13s Lm 1,9 Ex 4,13 Jr 30,10 Mi 4,9
L'hymne du « Rorate Cæli desuper » est par excellence le chant grégorien du Temps de l'Avent. Son refrain est tiré du Livre d'Isaïe (Is 45,8) : « Cieux, épanchez-vous là-haut, et que les nuages déversent la justice, que la terre s’ouvre et produise le salut ». Cette rosée qui tombe du ciel pour féconder la terre et faire descendre le Juste, c'est-à-dire Dieu Lui-même, c'est le Saint-Esprit, et la terre qui s'ouvre sous cette influence céleste et fait germer le Sauveur, c'est le sein très pur de la Vierge Marie.
R. Roráte caeli désuper, et nubes pluant iustum.
R. Cieux, répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le Juste.
1. Ne irascáris, Dómine, ne ultra memíneris iniquitátis:
1. Ne te mets pas en colère, Seigneur, ne garde plus souvenir de l’injustice.
ecce cívitas Sancti tui facta est desérta:
Voici, la cité sainte est devenue déserte,
Sion desérta facta est : Ierúsalem desoláta est:
Sion a été désertée, Jérusalem est en désolation,
domus sanctificatiónis tuae et glóriae tuae, ubi laudáverunt te patres nostri
la maison de ta sanctification et de ta gloire, où nos pères avaient dit tes louanges.
2. Peccávimus, et facti sumus tamquam immúndus omnes nos,
2. Nous avons péché et sommes devenus impurs. et cecídimus quasi fólium univérsi
Nous sommes tombés comme des feuilles mortes
et iniquitátes nostrae quasi ventus abstúlerunt nos :
et nos iniquités nous ont balayés comme le vent.
abscondísti fáciem tuam a nobis, et allilísti nos in manu iniquitátis nostrae.
Tu as détourné de nous ta face, et nous as brisés sous le poids de nos fautes.
3. Vide Dómine, afflictiónem pópuli tui
3. Vois, Seigneur, l’affliction de ton peuple,
et mitte quem missúrus es :
et envoie celui que tu dois envoyer :
emítte agnum dominatórem terrae, de petra desérti, ad montem fíliae Sion :
envoie l’Agneau, le maître de la terre, de Pétra dans le désert jusqu’à la montagne de ta fille Sion,
ut áuferat ipse jugum captivitátis nostrae
afin qu’il ôte le joug de notre captivité.
4. Consolámini, consolámini, pópule meus, cito véniet salus tua.
4. Consolez-vous, consolez-vous, mon peuple : votre salut viendra vite,
Quare mærore consúmeris, quare innovávit te dolor ?
Pourquoi es-tu consumé dans l’affliction, pourquoi la douleur se renouvelle-t-elle en toi ?
Salvábo te, noli timore; Ego enim sum Dóminus Deus tuus,
Je te sauverai, n’aie pas peur, moi, je suis le Seigneur Dieu,
Sanctus Israël Redémptor tuus.
Le Saint d’Israël, ton Rédempteur.
27 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Ce verset est inclus dans l'Abdala, cérémonie de clôture du Sabbat le samedi soir.
20 la main du Seigneur FRANÇAIS BIBLIQUE
« La main de Dieu » peut aussi symboliser simplement la faculté divine de créer. Plus généralement héritées de la Bible par la langue courante, diverses locutions recourent à un élément du corps humain pour symboliser la manifestation de la puissance et de la volonté de Dieu, sa faculté de réagir et d'intervenir favorablement ou défavorablement dans les affaires humaines : on parle du bras, de la main, ou du doigt de Dieu.
Drapeau de la francophonie © Domaine public
1 Iles, faites silence pour m'écouter Cyrus instrument du Seigneur
La Bible moralisée est un genre qui fleurit entre le 13e et le 15e siècles. Ce genre d'ouvrages s'attache à illustrer la plupart des chapitres de l'Ancien Testament, et à leur donner un sens allégorique ou typologique.
(1319-1334), Cyrus instrument du Seigneur, (enluminure, 1345-1355)
in Bible moralisée, f.173r, Paris, Bibliothèque nationale de France→, département des Manuscrits. Français 167
© Domaine public
Taceant ad me insulae et gentes fortitudinem mutent ; accedant et tunc loquentur ; simul ad judicium propinquemus. (Is 41,1)
Les ylles de mer se taisent et les gens muent leur force & viennent & adonc parlent ; approchons ensamble au jugement.
Cette enluminure illustrant Is 41,1 représente le prophète ordonnant aux peuples de faire silence et de l'écouter.
10 ; 43,1 Ne crains pas
Johann Sebastian (1685-1750), Motet Fürchte dich nicht - BWV 228, 1726
Musica Amphion & Gesualdo Consort Amsterdam
Fürchte dich nicht, ich bin bei dir; weiche nicht, denn ich bin dein Gott! Ich stärke dich, ich helfe dir auch, ich erhalte dich durch die rechte Hand meiner Gerechtigkeit. (Is 41,10) Fürchte dich nicht, denn ich habe dich erlöset; ich habe dich bei deinem Namen gerufen, du bist mein! (Is 43,1) / Chorale: Herr, mein Hirt, Brunn aller Freuden, du bist mein, ich bin dein niemand kann uns scheiden. Ich bin dein, weil du dein Leben und dein Blut mir zu gut in den Tod gegeben. Du bist mein, weil ich dich fasse und dich nicht, o mein Licht, aus dem Herzen lasse! Laß mich hingelangen, da du mich und ich dich lieblich werd umfangen. Fürchte dich nicht, du bist mein.
Ne crains rien, je suis à tes côtés ; ne te détourne pas, car je suis ton Dieu ! Je t'ai fortifié, et je t'aide encore, je te soutiens par la main droite de ma justice. Ne crains rien, car je t'ai racheté ; je t'ai appelé par ton nom, tu es à moi ! / Chorale : Seigneur, mon berger, source de toute joie, tu es mien, je suis tien, et personne ne peut nous séparer. Je suis tien, puisque tu as donné ta vie et ton sang pour mon bien en subissant la mort. Tu es mien, puisque je te reçois, et que je ne te laisse pas, ô ma lumière, sortir de mon cœur ! Laisse-moi venir là où, toi près de moi et moi près de toi, nous serons embrassés dans un même amour. Ne crains rien, tu es mien.
Fürchte dich nicht (Ne crains rien), BWV 228, est un motet de Jean-Sébastien composé à Leipzig probablement en 1726. On pense que ce motet a été composé pour un service à la mémoire de Susanna Sophia Winkler, la veuve d'un riche notable et capitaine de Leipzig. Le texte est issu du livre d'Isaïe (Is 41,10 et Is 43,1) et d'un cantique de Paul , et le thème général du motet est le réconfort du chrétien qui écoute Dieu le réconforter (Ne crains rien) et lui exprime sa fidélité (Je suis à toi). Le motet est — comme la plupart des motets de Bach — un double chœur à quatre voix, sans accompagnement instrumental spécifique. Son choral est remarquable par son traitement en fantaisie chorale à quatre voix, où le texte de et la mélodie chorale — représentant le point de vue du chrétien — est chanté en cantus firmus par les soprano, s'unissant amoureusement avec la parole de Dieu chantée par les autres voix par un fugato, dans un style rappelant la musique pour orgue de Bach.
13 Car moi, je suis le Seigneur ton Dieu qui te prends par la droite Take my hand, precious Lord
Take My Hand, Precious Lord — , 1957
Chanson originairement composée par Thomas A. Dorsey, le père de la musique gospel, en 1937, le titre fut repris par Elvis Presley vingt ans plus tard. Il s'agit de la chanson préférée de Martin Luther King Jr.
Precious Lord, take my hand / Lead me on, let me stand / I'm tired, I'm weak, I'm lone / Through the storm, through the night / Lead me on to the light / Take my hand precious Lord, lead me home —— In my way grows drear precious Lord linger near / When my light is almost gone / Hear my cry, hear my call / Hold my hand lest I fall / Take my hand precious Lord, lead me home —— When the darkness appears and the night draws near / And the day is past and gone / At the river I stand / Guide my feet, hold my hand / Take my hand precious Lord, lead me home —— Precious Lord, take my hand / Lead me on, let me stand / I'm tired, I'm weak, I'm lone / Through the storm, through the night / Lead me on to the light / Take my hand precious Lord, lead me home
Ô Seigneur, prends ma main / Montre-moi la voie, aide-moi à tenir bon / Je suis las, je suis faible, je suis seul ; / À travers l'orage, à travers la nuit / Conduis-moi vers la lumière / Prends ma main, ô Seigneur, et ramène-moi chez moi —— Lorsque mon chemin devient monotone, ô Seigneur, demeure auprès de moi / Lorsque ma lumière s'est presque éteinte / Entends mon cri, écoute mon appel / Serre ma main, de peur que je ne tombe / Prends ma main, ô Seigneur, et ramène-moi chez moi —— Lorsque surgit l'obscurité et que la nuit s'approche / Lorsque le jour décline et se finit / Je me tiens au bord du fleuve / Guide mes pas, serre ma main / Prends ma main, ô Seigneur, et ramène-moi chez moi —— Ô Seigneur, prends ma main / Montre-moi la voie, aide-moi à tenir bon / Je suis las, je suis faible, je suis seul ; / À travers l'orage, à travers la nuit / Conduis-moi vers la lumière / Prends ma main, ô Seigneur, et ramène-moi chez moi.