La Bible en ses Traditions

Isaïe 54,11–17

Crampon

11 Malheureuse, battue de la tempête, sans consolation, voici que je coucherai tes pierres dans l’antimoine, et que je te fonderai sur des saphirs ;

12 je ferai tes créneaux de rubis, tes portes d’escarboucles, et toute ton enceinte de pierres précieuses.

13 Tous tes fils seront disciples de Yahweh tes fils jouiront d’une grande paix.

14 Tu seras affermie sur la justice ; loin de toi l’angoisse, car tu n’as rien à redouter ; la frayeur, car elle n’approchera pas de toi.

15 Si une ligue se forme, cela ne viendra pas de moi ; qui s’est ligué contre toi ? Il tombera devant toi.

16 Voici que moi, j’ai créé le forgeron, qui souffle sur les charbons ardents, et qui en retire l’arme qu’il doit travailler, et c’est moi qui ai créé le dévastateur pour la détruire.

17 Toute arme forgée contre toi sera sans effet, et toute langue qui s’élèvera pour contester avec toi, tu la condamneras. Tel est l’héritage des fils de Yahweh ; telle est la justice qui leur viendra de moi — oracle de Yahweh.

Propositions de lecture

40,1–55,13 Le « livre de la consolation d’Israël » L'incipit de ce chapitre et le thème des premiers versets inspire le titre souvent donné à cette deuxième partie du livre d'Isaïe : Is 40-55. En contraste avec les oracles pleins de menace d'Is 1-39, c'est la consolation qui est ici annoncée, par le  prophète anonyme de la fin de l'Exil qu'on appelle le « Deuxième Isaïe ».

Contexte

Milieux de vie

11s pierres LITURGIE Symbolisme Ces pierreries évoquent peut-être le pectoral du grand prêtre (Milieux de vie Ex 28,15–30) : elles irisent la Jérusalem rêvée par le prophète d'éclats oraculaires et sacerdotaux. 

Théo Truschel, Pectoral du grand prêtre, essai de visualisation de l'objet décrit par Ex 28,17-22.

(image numérique, 2020)

D.R. Théo Truschel © BEST aisbl 

Réception

Liturgie

54,11–55,5 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Haftara du sabbat Réé (47)

13 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Ce verset est inclus dans la prière Amar rabbi elegnazar, qui se dit dans la partie conclusive de l'office journalier du matin ainsi que le vendredi soir.

Tradition juive

13 La jeunesse par excellence

  • Lévinas Sacré « Les enfants d'Israël, les enfants de l'Éternel. La jeunesse équivaut à la condition de l'enfant, quel que soit l'âge de l'enfant ! La jeunesse, c'est l'état de réceptivité à l'égard de ce qui est permanent, et tout le contraire du 'complexe du Père'. Les enfants d'Israël sont la jeunesse par excellence : les étudiants de la Thora. Ceux qui renouvellent la Thora en la recevant. [...] La citation de [ce] verset d'Isaïe [...] est suivie dans les traités Berakhot et Yevamoth, où il est également évoqué, par la remarque suivante : 'Il faut lire non pas 'banaïch', tes enfants, mais 'bonaïch', tes bâtisseurs' : grande est la paix de tes bâtisseurs. Recevoir en construisant. Apaiser le monde en le renouvelant constructivement, voilà la jeunesse du nazirat (Tradition juive Nb 6,1–21), voilà la jeunesse » (79-80).

Histoire des traductions

13 Disciples de l'Éternel

  • Lévinas Sacré « Tous tes enfants seront les disciples de l'Éternel ; grande sera la paix de tes enfants » (55, d'après b. Naz. 66b).

Musique

11–17 Jerusalem la cité imprenable

20e s.

Sir Charles Hubert Hastings Parry (1848-1918, mus.), William Blake (texte), Jerusalem, 1916

Apollo Symphony Orchestra

© Licence YouTube standard→, Ap 3,12.21,2

Paroles

And did those feet in ancient times — Walk upon England’s mountains green? — And was the Holy Lamb of God On England’s pleasant pastures seen? — And did the Countenance Divine —Shine forth upon our clouded hills? — And was Jerusalem builded here — Among those dark Satanic Mills? — Bring me my Bow of Burning Gold; — Bring me my Arrows of Desire; — Bring me my Spear; O clouds Unfold! Bring me my Chariot of Fire! — I will not cease from Mental Fight, — Nor shall my Sword sleep in my hand, — Till we have built Jerusalem — In England’s green and pleasant Land.

Dans les temps anciens, ces pieds ont-ils — Foulé les vertes montagnes d'Angleterre ? — Et le saint Agneau de Dieu a-t-il été — Vu sur les prairies agréables de l'Angleterre ? — Et la Face Divine a-t-elle — Brillé sur nos collines couvertes de nuages ? — Et Jérusalem a-t-elle été bâtie iciParmi ces usines sombres et sataniques ? — Apportez-moi mon arc d'or flamboyant ; — Apportez-moi mes flèches de désir ; — Apportez-moi ma lance ; — O nuées déployées !Apportez-moi mon chariot de feu ! — Je ne cesserai jamais mon combat intérieur, — Et jamais mon épée ne dormira dans ma main, — Jusqu'à ce que que nous ayons bâti Jérusalem — Sur les terres vertes et plaisantes d'Angleterre.

Composition

Le compositeur adapte en hymne le poème de William Blake, « And did those feet in ancient time » (extrait de la préface à Milton: A Poem in Two Books, 1804-1811), plus connu sous le simple nom de « Jerusalem ».  Il en fit ainsi l'un des plus fameux airs patriotiques anglais, au même titre que Rule Britannia et Land of Hope and Glory. Ce sont les trois chants qui sont entonnés par l'assistance lors de la « Last Night of the Proms » et qui, en certaines occasions, comblent l'absence d'un hymne national officiel.