Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
Pour nous apporter votre aide, cliquer ici
1 Au maître de chant. Chant de David.
2 Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament annonce l’œuvre de ses mains.
3 Le jour crie au jour la louange, la nuit l’apprend à la nuit.
4 Ce n’est pas un langage, ce ne sont pas des paroles ; dont la voix ne soit pas entendue.
5 Leur son parcourt toute la terre, leurs accents vont jusqu’aux extrémités du monde. C’est là qu’il a dressé une tente pour le soleil.
6 Et lui, semblable à l’époux qui sort de la chambre nuptiale, s’élance joyeux, comme un héros, pour fournir sa carrière.
7 Il part d’une extrémité du ciel, et sa course s’achève à l’autre extrémité : rien ne se dérobe à sa carrière.
8 La loi de Yahweh est parfaite : elle restaure l’âme. Le témoignage de Yahweh est sur : il donne la sagesse aux simples.
9 Les ordonnances de Yahweh sont droites elles réjouissent les cœurs. Le précepte de Yahweh est pur : il éclaire les yeux.
10 La crainte de Yahweh est sainte : elle subsiste à jamais. Les décrets de Yahweh sont vrais : ils sont tous justes.
11 Ils sont plus précieux que l’or, que beaucoup d’or fin ; plus doux que le miel, que celui qui coule des rayons.
12 Ton serviteur aussi est éclairé par eux ; grande récompense à qui les observe.
13 Qui connaît ses égarements ? Pardonne-moi ceux que j’ignore !
14 Préserve aussi ton serviteur des orgueilleux ; qu’ils ne dominent point sur moi ! Alors je serai parfait et je serai pur de grands péchés.
15 Accueille avec faveur les paroles de ma bouche, et les sentiments de mon cœur, devant toi, Yahweh, mon rocher et mon libérateur !
4b dont les voix ne puissent être entendues (V) Sémitisme ? La tournure française bizarre rend une étrangeté de V : quorum non audiantur voces eorum, « dont leurs voix ne s'entendent »
Est-ce un effet de « style biblique » (mal à propos) ? Y aurait-il eu une autre version hébraïque perdue ?
1 V—IUXTA HEBR.
2 V—IUXTA HEBR.
Les cieux racontent la gloire de Dieu | et le firmament annonce l’œuvre de sa main.
4 V—IUXTA HEBR.
5 V—IUXTA HEBR.
6 V—IUXTA HEBR.
En eux il a dressé une tente pour le soleil | et lui, tel un époux sortant de sa chambre nuptiale| s’est élancé joyeux, comme un héros, pour courir sa carrière
8 V—IUXTA HEBR.
9 V—IUXTA HEBR.
10 V—IUXTA HEBR.
11 V—IUXTA HEBR.
12 V—IUXTA HEBR.
13 V—IUXTA HEBR.
14 V—IUXTA HEBR.
15 V—IUXTA HEBR.
15.2 La méditation de mon coeur
Introït - Meditatio
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
8.2 La loi du Seigneur
Introït - Lex Domini
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
7.2 Au sommet du ciel - Graduel
, Graduel - A summo cælo
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
A summo caelo egressio eius, et occursus eius usque ad summum eius.
Au sommet du ciel il prend son départ, et sa course va jusqu’à son sommet.
5.2 Sur toute la terre Graduel
, Graduel — In omnem terram
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
5 Par toute la terre - Offertoire
, Offertoire - In omnem terram
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
6s Le soleil Graduel
, Graduel — In sole
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
6s Il exulte tel un époux - Communion
, Communion - Exultavit ut gigas
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
Antienne de communion chantée le quatrième Dimanche de l'Avent.
6 Le soleil, tel un époux s'est élancé - Antienne
, Antienne - Cum Ortus
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
9–12 La justice du Seigneur Offertoire
, Offertoire — Justitiae Domini
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
13s Purifie-moi des fautes secrètes Graduel
, Graduel - Ab occultis meis
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
2–15 Les cieux racontent la gloire de Dieu Quand science, art et théologie dialoguent ... Jean Kepler, astronome du début du 17e s., est souvent associé au Psaume 19 en raison de ses profondes croyances religieuses et de sa passion pour l'astronomie. Le Psaume 19, qui commence par « Les cieux racontent la gloire de Dieu; et l'étendue manifeste l'œuvre de ses mains », a une résonance particulière dans le travail de Kepler, qui voyait dans l'ordre et la beauté de l'univers une expression de la divine providence.
Johannes (1571–1630), Page de titre de Mysterium Cosmographicum (éd. 1600) © Domaine public→
Dans son œuvre Le Mystère du Monde (Mysterium Cosmographicum en latin), publiée en 1596, Kepler tente d'expliquer la structure harmonieuse de l'univers à travers des principes géométriques et mathématiques. Il y expose sa célèbre théorie des polyèdres, selon laquelle les orbites des planètes connues à son époque pourraient être inscrites et circonscrites par des solides géométriques réguliers. Kepler voyait cette harmonie comme une preuve de la conception divine, reflétant les idées exprimées dans le Psaume 19 sur la manifestation de la gloire de Dieu dans l'ordre naturel de l'univers.
Johannes (1571–1630), Planche des solides platoniques (gravure, 1597), illustration, dans Prodromus dissertationvm cosmographicarvm→, continens mysterivm cosmographicvm de admirabili proportione orbium coelestium Deque causis coelorum numeri, magnitudinis, motuumque periodicorum genuinis & propiis, demonstratum per quinque regularia corpora geometrica (1Tübingen, 1596), Francfort : Erasme Kempfer - Godefroid Tampach, 1621 © Domaine public→
Bien que les idées de Kepler dans le Mysterium Cosmographicum aient été ultérieurement remplacées par ses lois du mouvement planétaire, l'ouvrage reste significatif pour son mélange de rigueur scientifique et de contemplation théologique, incarnant la conviction de Kepler que la science était un moyen de comprendre et d'apprécier l'œuvre de Dieu. Pour Kepler, l'étude de l'astronomie n'était pas seulement une enquête scientifique, mais aussi une forme de vénération religieuse.
3.5 verbe + verbes (V) : FRANÇAIS BIBLIQUE Du Verbe aux verbes et réciproquement Le psalmiste observe une continuité
En V, le mot verbum symbolise au mieux cette continuité.
Le nom verbum, omniprésent dans les Écritures, signifie « mot, énoncé, parole(s) » et beaucoup plus encore. Il assume les significations de dabar et de →logos, cristallisant la méditation sur la présence d'un « langage » transcendant avec le Créateur, participé dans la création. Cet usage culmine dans le Nouveau Testament pour désigner le mystère personnel de Jésus-Christ (cf. V—Jn 1,1.14.17).
L'expression verbum Domini, en particulier, crée donc un fil continu de révélation christique, de livre en livre. Pour les scribes latins : elle dénote non seulement les paroles attribuées à Dieu, mais aussi Jésus-Christ comme ce Verbe ultime ; elle connote donc aussi sa prééxistence, dans des proportions et selon des participations difficilement déterminables. De fait, les Pères (Jérôme, Augustin) lisent dans ce psaume tout le mystère du Verbe incarné :
Autant que possible, nous traduisons donc verbum par « verbe », le plus souvent sans majuscule, parfois avec.
Drapeau de la francophonie→ © Domaine public
6 courir sa carrière (V) FRANÇAIS BIBLIQUE Le terme français peut désigner un « terrain entouré de barrières et aménagé pour des courses de chars, des courses à pied, des passes d'armes », mais aussi la trajectoire d'un astre : CNRTL→.
Drapeau de la francophonie→© Domaine public
2 Les cieux racontent la gloire de Dieu Quand l'artiste prend le relai des cieux
C’est sur le ciel magnifié de Chalonnes-sur-Loire que donnent les vitraux colorés de l’église Saint-Maurille, réalisés sur commande publique par Pierre Mabille. L’artiste, qui s’est donné comme ligne directrice de toujours travailler avec la même forme ovale, écarte ainsi les surfaces saturées de signes au profit de la seule chromatique — faisant selon ses mots « jouer les possibles de la couleur »
Pierre (1958, - ), concept, Gilles , maître verrier, Vitrail de l'axe central, (2011-2014),église Saint-Maurille, Chalonnes-sur-Loire (France), Fair use © Photo D.R. Perles de Loire→ 12.03.2016,
Ici, ce sont des variations de rouge, jaune et bleu qui, frappées par la lumière du jour, pénètrent l’enceinte sacrée et se répandent sur ses murs, son sol :
Vue intérieure de l'église Saint-Maurille, Chalonnes-sur-Loire (France)
Fair use © Photo D.R. Le retour chez Canelle→ 19.10.2017
Par le truchement de l'artiste, le verbe des cieux envahit l'espace de l'église en un tourbillon de couleur.
Pierre (1958, - ), concept, Gilles , maître verrier, Vitrail de l'axe central, (2011-2014), église Saint-Maurille, Chalonnes-sur-Loire (France)
Fair use © Photo D.R. Perles de Loire→ 12.03.2016
3–15 verbe + verbes + dires (V) Du Verbe divin aux mots du psalmiste en passant par la Loi Les artistes visuels peuvent aider à se représenter les diverses participations au v/Verbe évoquées dans ce psaume.
Le psalmiste est saisi par la présence océanique d'un « Verbe » transcendant tout mot au cœur d'un cosmos qui semble « empli par la sonorité d'une phrase non prononcée » (Paul , L'œil écoute) (Ps 19,3).
Il discerne dans les signes naturels autant de « verbes » (Ps 19,4) qui proclament la gloire du Créateur comparé au soleil source de toute lumière, avant d'en rapprocher la Loi elle-même (Ps 19,8), éblouissante et fécondante comme l'astre du jour : en la gardant, le poète peut à son tour prononcer des mots pleins de grâce (Ps 19,15).
est représenté dans nombre de cycles anciens sur récits de création, sous les traits du Verbe créateur (incarné en Jésus) dominant l'univers qu'il a créé et qu'il maintient dans l'existence en le bénissant.
i (1330-1390), La création, (fresque, ca. 1376-1378)
Baptistère du Duomo de Padoue, Italie © Domaine public→
Son « langage » est ici symbolisé dans le compas d'architecte : Dieu a créé l'univers selon des principes géométriques et harmoniques ; découvrir a posteriori ces principes, par la contemplation artistique autant que par la science, c'est se réjouir d'entendre Dieu.
Dieu l'architecte de l'univers, (détrempe sur parchemin, 1220-1230), 34.4 x 26 cm, enluminure en frontispice d'une bible moralisée
Codex Vindobonensis 2554, f.1v., Bibliothèque nationale Vienne, Autriche © Domaine public→
Inscription en ancien français : « Ici crie Dex ciel et terre, soleil et lune et toz elemenz ».
(?, floruit 1357-1391), Cosmographie : l'univers soutenu par Dieu avec les signes des planètes, (fresque, 1389-1391)
galerie nord, Camposanto Monumentale, Pise (Italie) © Domaine public→, Col 1,15-20
La composition de Pietro di Pucci da Orvieto représente la « création continuée » : à la fois l'origine de l'univers et sa dépendance constante à l'égard du Verbe créateur tout-puissant. Une figure colossale de la Divinité avec traits du Christ, Verbe incarné, tient un cosmos circulaire, le tout inscrit dans un cadre carré.
Les deux penseurs qui se tiennent sous l'univers, Augustin à g. et Thomas d'Aquin à dr. représentent, d'une certaine façon, tous ceux qui ont prolongé à travers les âges l'admiration du psalmiste pour l'œuvre du Verbe. Avant même Col 1,17, → Quis rerum divinarum heres sit 188 enseignait que « Le Logos du Dieu vivant est le lien de toute chose, qui maintient toutes choses ensemble et lie toutes les parties, et les empêche de se dissoudre et de se séparer… le Logos, qui relie et attache chaque chose, est particulièrement particulier. se remplit de lui-même, n’ayant besoin d’aucune chose au-delà. »
Retrouvant l'inspiration du psalmiste qui rapproche la Loi écrite et le Verbe manifesté dans le cosmos, des imagiers contemporain (chrétiens littéralistes ?), se plaisent à représenter le Livre lui-même
Book Opened with Blue Light, (photographie numérique) © Domaine public→
Jeff , Bible Light Jesus, (photographie numérique, 2019) © Content Licence→ Pixabay→