La Bible en ses Traditions

Psaumes 4,1–9

Crampon

Au maître de chant, sur les instruments à cordes. Psaume de David.

Quand je t’invoque, réponds-moi, Dieu de ma justice, toi qui dans ma détresse, me mets au large. Aie pitié de moi et entends ma prière

Fils des hommes, jusques à quand ma gloire sera-t-elle outragée ? Jusques à quand aimerez-vous la vanité, et rechercherez-vous le mensonge ? - Séla.

Sachez que Yahweh s’est choisi un homme pieux ; Yahweh entend quand je l’invoque.

Tremblez, et ne péchez plus. Parlez-vous à vous-mêmes sur votre couche, et cessez ! - Séla.

Offrez des sacrifices de justice, et confiez-vous en Yahweh.

Beaucoup disent : « Qui nous fera voir le bonheur ? » Fais lever sur nous la lumière de ta face, Yahweh !

Tu as mis dans mon cœur plus de joie qu’ils n’en ont au temps où abondent leur froment et leur vin nouveau.

En paix je me coucherai et je m’endormirai aussitôt ; car toi, Yahweh, toi seul, tu me fais habiter dans la sécurité.

Réception

Comparaison des versions

1 V—IUXTA HEBR.

  • AU VAINQUEUR  EN PSAUMES CHANT DE DAVID

3 V—IUXTA HEBR.

  • Fils d'homme, jusques à quand, mes illustres,| allez-vous ignominieusement aimer la vanité en cherchant le mensonge |  TOUJOURS

5 V—IUXTA HEBR.

  • Irritez-vous, mais ne péchez pas. | Parlez en vos coeurs sur votre couche |et faites silence ! — TOUJOURS

6 V—IUXTA HEBR.

  • Offrez le sacrifice de justice et fiez-vous dans le Seigneur | beaucoup disent : — Qui nous montre le bien  ? 

7 V—IUXTA HEBR.

  • Fais lever sur nous la lumière de ta face Seigneur | Tu as mis la joie dans mon cœur.

8 V—IUXTA HEBR.

  • au temps où ont abondé leur froment et leur vin.

9 V—IUXTA HEBR.

  • En paix à la fois je me reposerai et je dormirai 

Liturgie

9 En paix  Antienne

« In Pace »

Traditionnel, Samedi saint - 1° Nocturne: antienne et psaume 4 "In Pace"

(CD, 2005) Dom Jean Claire, chœur des moines de l'abbaye de Solesmes

© Abbaye de Solesmes→

Tradition juive

2 Communion de pénitence

  • Buber Récits « "Comme j'avais entendu parler de Rabbi Zousya, raconte un Hazan, et de l'aide efficace qu'il apportait aux hommes pour faire pénitence et retour en Dieu, je résolus de faire le voyage et de l'aller trouver. Sitôt à Hanipol, je gagnai sa demeure, j'entrai dans la cuisine et, posant là mon bâton et mon sac, je m'enquis de lui. La Rabbanith (Femme d'un rabbin) m'indiqua la Maison d'études où je me rendis sur-le-champ. Et comme j'en franchissais le seuil, j'aperçus le Rabbi : il était vêtu du talith, portait des phylactères noués et chantait le verset du Psaume (Ps 4,2) : 'Quand je t'invoque, réponds-moi !' Jamais je n'avais entendu prononcer ces paroles avec un sanglot si puissant. Et je m'aperçus alors qu'il y avait quelqu'un, couché à terre, de tout son long, devant l'Arche sainte, un homme gémissant et pleurant, qui s'exclama soudain : 'Oh ! Je suis un pécheur !' Dans ma surprise, je ne compris pas tout de suite ce qui s'était passé, mais la chose me devint claire, et par la suite j'eus toute l'explication. Cet homme, un subalterne de l'école, avait été pressé par les gens de son bourg afin qu'il se rendît auprès de Rabbi Zousya et reçût de lui sa pénitence. Mais il était venu contre son gré ; et lorsqu'il se trouva en présence de Rabbi Zousya, il refusa de faire pénitence. Et alors (je tiens la chose de la bouche même du Rabbi qui me raconta toute l'histoire quand je lui exposai mon cas, lui rapportant aussi ce que mes yeux avaient surpris), et alors, qu'a fait Zousya ? me dit-il. Il a descendu tous les degrés jusqu'au niveau de l'homme. Quand je fus à son degré, reprit-il, j'opérai la ligature de la racine de mon âme à la racine de son âme. Et il a bien fallu, en communion avec moi, qu'il fasse repentance !" Ce fut, en vérité, une terrible et dure repentance, ajouta le narrateur. Lorsque l'homme cessa enfin de gémir, je vis le Rabbi s'avancer vers lui, le saisir par ses péyoth et lui relever doucement la tête, le redressant finalement sur ses pieds. "Quant à moi, dit encore le narrateur, je suis devenu par la suite Hazan dans la Maison de prière Rabbi Zousya" » (333-334). 

Arts visuels

3 Pourquoi vous attacher à la vanité et chercher le mensonge Évocation de l'amour du néant Sur cette curieuse peinture, qui semble combiner des souvenirs de branche morte avec les craquelures à moitié comblées d'un mur fissuré, un grand expressioniste du début du 20e s. fait presque venir à la bouche du contemplateur le goût du néant fustigé par le psalmiste.

Egon Schiele (1890-1918), Arbre d'automne dans le vent, (huile sur toile, 1912), 80 x 80 cm

Leopold Museum, Vienne (Autriche) © Domaine public→

4 Le Seigneur a rendu son saint admirable (V) Application hagiographique L'admiration que le Seigneur suscite (mirificat) pour son saint peut provenir des miracle (miracula) qu'il lui fait produire 

Gravure du 17e s.

Jacob Neefs (1610-ca.1660), Mirificauit Dominus Sanctum suum. Psalm. 4 (eau forte), illustration dans  moines de l'abbaye de Baudeloo (Gand, Flandre), Sancti Bernardi Melliflui Doctoris Ecclesiae Pulcherrima et exemplaris Vitae Medulla Anvers : 1653,  p.372

© Domaine public→

À l'occasion des 500 ans de la mort de Bernard de Clairvaux, les moines de l'abbaye de Baudeloo font publier une vie illustrée de l'abbé. Cette gravure ouvre le chapitre consacré aux miracles. La citation latine du Ps 4,4a (Mirificauit Dominus sanctum suum) met en exergue la bénédiction que Bernard a reçue de la part du Seigneur en tant que « son saint ». En retour, les miracles de Bernard glorifient Dieu qui les a rendus possibles (Honoratur Deus per crebra miracula, quae per Bernardum fecit, « Dieu est honoré par les nombreux miracles qu'il a faits à travers Bernard »). La scène de Crucifixion suggérée en arrière-plan, visuellement dans le prolongement de Bernard, confirme le rôle de Dieu et du saint dans la manifestation de miracles.