La Bible en ses Traditions

Ecclésiastique 20,1–8

Crampon

Il y a une réprimande qui n’est pas opportune, et tel se tait qui fait preuve de prudence.

Mieux vaut reprendre que de brûler d’une colère contenue ; et celui qui avoue sera préservé de dommage

Comme l’eunuque qui désire déflorer une jeune fille, ainsi est celui qui rend la justice avec violence. [Qu’il est beau, quand on est repris, de témoigner du repentir ! C’est ainsi que tu échapperas au péché volontaire.]

Tel en se taisant se montre sage, et tel se rend odieux par son intempérance de langage.

Tel se tait parce qu’il n’a rien à répondre ; tel autre se tait parce qu’il connaît le temps propice.

Le sage se tait jusqu’au moment favorable, mais le fanfaron et l’inconsidéré passent par-dessus.

Celui qui multiplie les paroles sera détesté, et celui qui se donne pleine licence se rendra odieux.

Tel homme trouve dans le malheur quelque chose d’heureux, et un bonheur inespéré tourne à sa perte.

Réception

Arts visuels

1–26 Le fléau de la langue

Fresque du 14e s.

Giotto di Bondone (1267-1337), Invidia, vers 1305-1306, fresque

Chapelle des Scrovegni, mur sud, tiers inférieur, Padoue (Italie) © Domaine Public→

L'envie est représentée sous les traits d'une vieille femme laide marchant à tâtons dans un berceau de flammes. Cherchant une proie de sa main droite crispée, elle tient fermement une bourse à sa main gauche. De sa bouche jaillit un serpent tordu en arrière, comme pour lui crever les yeux : la médisance se retourne toujours contre son auteur... La queue du serpent entoure les grandes oreilles de la figure. Ouvertes aux vilenies de tout poil, elles rappellent celles des diablotins. L'envie et la médisance sont intimement liées.

Peinture du 15e s.

Bernard l'ermite

Giovanni Bellini (vers 1425-1433 - 1516), Le Mensonge, 1490, huile sur panneau de bois, 32 x 22 cm

Gallerie dell'Accademia, Venise (Italie) Domaine Public→

Un homme — le menteur ? — tient dans ses bras un immense coquillage dont jaillit un homme nu. À la fois coupable et victime, ce dernier est aux prises avec un serpent qui l'enlace. Le mensonge échappe à son auteur, impossible à contrôler et à rattraper, et frappe ici un innocent pèlerin. Le piédestal sur lequel il se tient porte le nom du peintre. 

Pour une fois, le mensonge n'est pas représenté sous les traits d'une femme !