La Bible en ses Traditions

Ecclésiastique 20,9–17

Crampon

Il est tel don qui ne te rapporte rien, et il est tel don qui est rendu au double.

10 D’une situation brillante résulte souvent un dommage, et tel relève la tête après une humiliation.

11 Tel achète beaucoup de choses à vil prix, qui les paie sept fois leur valeur.

12 Celui qui est sage dans ses discours se fait aimer, mais les paroles aimables de l’insensé sont en pure perte.

13 Le don de l’insensé ne te servira de rien ; car ses yeux, au lieu d’un seul, sont nombreux.

14 Il donne peu, et reproche beaucoup, et il ouvre la bouche comme un crieur public. Il prête aujourd’hui, et il redemandera demain : un tel homme est odieux.

15 L’insensé dit : « Je n’ai point d’ami, et l’on ne me sait pas gré de mes bienfaits ; ceux qui mangent mon pain ont des langues perverses. »

16 Combien de fois et de combien de gens ne sera-t-il pas la risée ?

17 Mieux vaut une chute sur le pavé qu’une chute de langue ; c’est ainsi que la ruine des méchants arrive promptement.

Réception

Arts visuels

1–26 Le fléau de la langue

Fresque du 14e s.

Giotto di Bondone (1267-1337), Invidia, vers 1305-1306, fresque

Chapelle des Scrovegni, mur sud, tiers inférieur, Padoue (Italie) © Domaine Public→

L'envie est représentée sous les traits d'une vieille femme laide marchant à tâtons dans un berceau de flammes. Cherchant une proie de sa main droite crispée, elle tient fermement une bourse à sa main gauche. De sa bouche jaillit un serpent tordu en arrière, comme pour lui crever les yeux : la médisance se retourne toujours contre son auteur... La queue du serpent entoure les grandes oreilles de la figure. Ouvertes aux vilenies de tout poil, elles rappellent celles des diablotins. L'envie et la médisance sont intimement liées.

Peinture du 15e s.

Bernard l'ermite

Giovanni Bellini (vers 1425-1433 - 1516), Le Mensonge, 1490, huile sur panneau de bois, 32 x 22 cm

Gallerie dell'Accademia, Venise (Italie) Domaine Public→

Un homme — le menteur ? — tient dans ses bras un immense coquillage dont jaillit un homme nu. À la fois coupable et victime, ce dernier est aux prises avec un serpent qui l'enlace. Le mensonge échappe à son auteur, impossible à contrôler et à rattraper, et frappe ici un innocent pèlerin. Le piédestal sur lequel il se tient porte le nom du peintre. 

Pour une fois, le mensonge n'est pas représenté sous les traits d'une femme !