Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
Dirigé par l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem
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1 De David. Mon âme, bénis Yahweh, Et que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom !
2 Mon âme, bénis Yahweh, et n’oublie pas ses nombreux bienfaits.
3 C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes maladies ;
4 C’est lui qui délivre ta vie de la fosse, qui te couronne de bonté et de miséricorde.
5 lui qui comble de biens ta parure
et comme l'aigle se renouvelle ta jeunesse.
5 ...
5 lui qui de biens comble ton désir
(ta jeunesse sera renouvelée comme celle de l'aigle) !
6 Yahweh exerce la justice, il fait droit à tous les opprimés.
7 Il a manifesté ses voies à Moïse, ses grandes œuvres aux enfants d’Israël.
8 Yahweh est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté.
9 Ce n’est pas pour toujours qu’il réprimande, il ne garde pas à jamais sa colère.
10 Il ne nous traite pas selon nos péchés, et ne nous châtie pas selon nos iniquités.
11 Car autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sa bonté est grande envers ceux qui le craignent.
12 Autant l’orient est loin de l’occident, autant il éloigne de nous nos transgressions.
13 Comme un père a compassion de ses enfants, Yahweh a compassion de ceux qui le craignent.
14 Car il sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussière.
15 L’homme ! Ses jours sont comme l’herbe, il fleurit comme la fleur des champs.
16 Qu’un souffle passe sur lui, il n’est plus, et le lieu qu’il occupait ne le connaît plus.
17 Mais la bonté de Yahweh dure à jamais pour ceux qui le craignent, et sa justice pour les enfants de leurs enfants,
18 pour ceux qui gardent son alliance, et se souviennent de ses commandements pour les observer.
19 Yahweh a établi son trône dans les cieux, et son empire s’étend sur toutes choses.
20 Bénissez Yahweh , vous ses anges, qui êtes puissants et forts, et qui exécutez ses ordres, en obéissant à la voix de sa parole.
21 Bénissez Yahweh vous toutes ses armées, qui êtes ses serviteurs et qui exécutez sa volonté !
22 Bénissez Yahweh, vous toutes ses œuvres, dans tous les lieux de sa domination ! Mon âme, bénis Yahweh !
1 V—IUXTA HEBR.
4 V—IUXTA HEBR.
5 V—IUXTA HEBR.
7 V—IUXTA HEBR.
8 V—IUXTA HEBR.
9 V—IUXTA HEBR.
11 V—IUXTA HEBR.
16 V—IUXTA HEBR.
18 V—IUXTA HEBR.
20 V—IUXTA HEBR.
21 V—IUXTA HEBR.
1–22 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Psaume récité dans l'office dit des zemirot, suite de psaumes formant la seconde partie de l'office journalier du matin. Il n'est génralement pas récité dans les communautés israélites non françaises.
20.1 Bénissez le Seigneur Introït
, Introït — Benedicite
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
20.1 Bénissez le Seigneur -Graduel
, Graduel - Benedicite Dominum
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
Graduel chanté pour la fête des saints archanges le 29 septembre.
2.5 Bénis le Seigneur ô mon âme
, Offertoire - Benedic anima mea Domino
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
10 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Ce verset est inclus dans le centon vehu raḥum (qui commence par Ps 78,38), prière d'indulgence lue dans l'office journalier du matin ainsi que lors des fêtes d'expiation.
10 ; 79,8s Seigneur ne nous traite pas selon nos péchés Trait
, Trait — Domine non secundum
Chœur des moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux
14 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Ce verset est cité dans la prière de Abinou Malquenou qui fait partie des rogations des prières du matin et de l'après-midi des jours ouvrés.
19 LITURGIE JUIVE (rite séphardi) Ce verset est inclus dans le centon commençant par Ps 104-31 qui introduit l'office dit des zemirot, suite de psaumes formant la seconde partie de l'office journalier du matin.
11s Grâce de Dieu, qui rapproche les hommes
20 Faire avant d'entendre : un secret angélique
b. Šabb. 88b « Rabbi Éliézer a dit : ‘Lorsque les Israélites se sont engagés à ‘faire’ avant ‘d’entendre’ (Tradition juive Ex 33,6) - une voix du ciel s’écria : ‘Qui a révélé à mes enfants ce secret dont se servent les anges, car il est écrit (Ps 103,20)' » ( Lectures 98).
→ Lectures « Ils exécutent avant d’entendre (Tradition juive Ct 2,3) ! Il s’agit d’un secret d’anges et non pas de la conscience enfantine. Israël aurait donc été un autre Prométhée. Il aurait ravi le secret des intelligences pures, des intelligences séparées. ‘Nous ferons et nous entendrons’, qui nous parut contraire à l’ordre logique, est l’ordre de l’existence angélique. [...] Le oui du 'nous ferons' ne peut être un engagement d'un faire en tant que faire, d'une je ne sais quelle praxis merveilleuse, antérieure à la pensée et dont l'aveuglement, fût-il celui de la confiance, mènerait à la catastrophe. Il s'agit au contraire d'une lucidité avertie comme le doute, mais engagée comme le faire — d'un savoir d'ange dont tout savoir ultérieur ne fera que le commentaire ; il s'agit d'une lucidité sans tâtonnement, non précédée d'un savoir-hypothèse, d'une idée, d'un savoir-essai (Philosophie Pr 11,3). Mais un tel savoir est celui dont le messager est, à la fois, le message même » (98-99, 104).
20 La parole comme ses ordres
6 miséricordes (V) FRANÇAIS BIBLIQUE Des œuvres, pas seulement un sentiment En français, le nom miséricorde désigne :
Pour ne pas alourdir la traduction et surtout pour conserver les variations du même terme au singulier et au pluriel, on emploie le terme par métonymie pour désigner les œuvres et les réalisations inspirées par la miséricorde :
Drapeau de la francophonie→© Domaine public
8 commisérant (V) FRANÇAIS BIBLIQUE Quoique rare, le verbe est bien vivant en français contemporain, avec le sens de ressentir, exprimer de la commisération ou pitié miséricordieuse. On l'emploie pour traduire miserator, qui est différent de misericors qui apparaît deux mots après dans le verset.
Drapeau de la francophonie→© Domaine public
20 son verbe + pour que soit entendu le son de ses paroles (V) : FRANÇAIS BIBLIQUE Du Verbe aux verbes et réciproquement L'obéissance parfaite des anges envers le Verbe divin (facientes verbum illius, cf. v. 21 qui facitis voluntatem eius) semble ici décrite comme une condition de possibilité de l'écoute (ad audiendam vocem...) des paroles (... sermonum) qu'il fait entendre à ses créatures.
Le nom verbum, omniprésent dans les Écritures, signifie « mot, énoncé, parole(s) » et beaucoup plus encore. Il assume les significations de dabar et de →logos, cristallisant la méditation sur la présence d'un « langage » transcendant avec le Créateur, participé dans la création. Cet usage culmine dans le Nouveau Testament pour désigner le mystère personnel de Jésus-Christ (cf. V—Jn 1,1.14.17).
L'expression verbum Domini, en particulier, crée donc un fil continu de révélation christique, de livre en livre. Pour les scribes latins :
Autant que possible, nous traduisons donc verbum par « verbe », le plus souvent sans majuscule, parfois avec.
Drapeau de la francophonie→ © Domaine public
1–5 Le Seigneur est miséricordieux : le cas de David Attribué traditionnellement à David, le psaume pourrait faire allusion au grand péché de David (quand il commit l'adultère avec Bethsabée au prix du sang de son mari Urie le Hittie), et, au-delà même du pardon accordé au roi repentant pour cette faute, à la miséricorde insigne que lui fit le Seigneur de choisir comme son successeur le deuxième fils qu'il eut d'elle.
(1584-1651), David présentant le sceptre à Salomon, (huile sur toile, ca. 1601-1650), 174 x 243 cm
Collection privée, Domaine public © Wikicommons→, 1R 2
Le Seigneur ne retient pas les fautes : c’est Salomon, le deuxième fils que David eut avec Bethsabée, qui succède finalement au roi.
5 jeunesse sera renouvelée comme celle de l'aigle (V) Bestiaires anciens Dans le bestiaire médiéval, l'aigle est céleste et solaire, élevé au-delà du regard humaine et... capable de se régénérer et de se rajeunir. Lorsque l'aigle vieillit, ses ailes s'alourdissent et il commence à devenir aveugle. Pour retrouver sa jeunesse, l'oiseau s'envole dans l'atmosphère du soleil, brûlant ses vieilles plumes et ses yeux fatigués, puis plonge trois fois dans une fontaine, dont il ressort entièrement renouvelé. en cela, il ressemble à ceux qui sont aveugles à la parole du Christ et qui doivent se baigner dans sa lumière et plonger dans la fontaine spirituelle du Seigneur pour naître de nouveau par le baptême.
, Aigles (détail), (détrempe sur parchemin, ca 1225-50), 30,8 x 23,2 cm, enluminure dans le Bestiaire, Harley Ms. 4751, fol. 35v., The British Library,
© Domaine public, photo numérique Bristish Library→
20 vous ses anges (V) Entre le siège céleste de Dieu et ses opérations sur la terre : médiations angéliques entre Créateur et créatures L'iconographie d'inspiration biblique s'est plu à figurer les créatures spirituelles qui assurent la communication continuelle entre le Verbe créateur et les créatures.
Fidelis (1813–1874), La création des anges, Plafond intérieur, caisson juste en avant de l'orgue
Stiftskirche Saint-Jacques le Majeur, Hechingen (Allemagne)
photo : Ralf Roletschek © Domaine public→
Au conseil divin, les ministres sont assimilés aux anges, naïvement présenté ici.
La Tradition a identifié leur hiérarchie, sur la base des textes bibliques. L'ensemble des Écritures évoque, en effet, 9 catégories différentes de créatures angéliques, organisées en trois ordres, selon leur systématisation chrétienne due en particulier au
, Vision de la hiérarchie angélique, (détrempe sur parchemin, fin 12e s.), enluminure, dans , Sci vias [Domini], 1, vision 6, Codex géant de Rupertsberger, Handschrift Nr.1, f.1-135., fol. 38r.
Hochschul- und Landesbibliothek RheinMain, Wiesbaden (Allemagne) © Domaine public→
La miniature présente en 9 cercles concentriques les 9 chœurs des « anges » (c’est-à-dire des créatures spirituelles envoyés par Dieu comme médiatrices entre lui et la création), réunis en une parfaite unité (« Einheit »), autour du centre blanc symbolisant l’irreprésentable simplicité (perfection et pureté) divine (dans l’iconographie postérieure, on montrera le chef du Christ).
montrent Anges et Archanges, symbolisant l’aide surnaturelle apportée au corps et à l’âme humains :
figurent les 5 légions d’anges (Vertus, les Puissances, les Principautés, les Dominations et les Trônes). Ces 5 légions soutiennent les 5 sens de l’homme : les Vertus aident aux bonnes œuvres, les Puissances à la clarté resplendissante, les Principautés qui sont les Princes des hommes dans le siècle, les Dominations casquées, les Trônes qui n’ont pas forme humaine, mais symbolisent la divinité s’abaissant vers l’humanité.
Incandescents, Chérubins et Séraphins, figurent le rayonnement double de l’Amour, pour Dieu et pour le prochain. Les Chérubins, remplis d’yeux et d’ailes, figurent la science et la sagesse divines. Les yeux sont le symbole de la connaissance divine. Les séraphins, dont le nom signifie « le brûlant », sont les plus proches du rayonnement divin. Ils ont six ailes : deux pour voler, deux pour se voiler la face devant l’Eternel, deux pour se couvrir les pieds, afin d’adoucir le feu d’amour qui les dévore :
, Hiérarchie angélique (tempera sur parchemin, ca 1460), enluminure de , Postilles sur l’Ancien et le Nouveau Testament Paris, Bibliothèque nationale de France, Lat.11972, fol.1r
Comm. inspiré de : Collectif OMCI-INHA/Marjolaine Massé « Hiérarchie angélique » in Ontologie du christianisme médiéval en images→(16.05.2022) © CC-BY-SA-4.0
Les Postilles de Nicolas de Lyre sont des commentaires de la Bible. Ce manuscrit a été enluminé par le maître du missel de Troyes vers 1460. Le Paradis est représenté au centre de la page sous la forme conventionnelle d’un jardin peuplé d’animaux dans lequel se trouvent Adam, Ève et les quatre fleuves. Cette vision paradisiaque est entourée d’une série de cercles concentriques représentant le ciel et l’univers. Au-dessus, dans la sphère du divin, sont disposés les neuf chœurs angéliques, dominés par Dieu le Père, sortant de l’image et esquissant un geste de bénédiction.
En haut de l'image, les chœurs des anges forment une assemblée compacte, hiérarchisée par leur disposition en rangs.
Tous participent de la diffusion de la lumière en tant qu'instrument du pouvoir divin. Plus ils sont proches de Dieu, plus ils sont représentés de manière abstraite ; plus ils s'en éloignent, plus ils sont incarnés, et donc proches des hommes. La place des anges dans l'image est conforme à leur rôle d'instruments du pouvoir divin : le grec aggelos signifie « messager ». « Vicaires » de Dieu, ils sont envoyés en mission et participent à la Révélation du Verbe aussi bien dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament.
Sous la hiérarchie céleste, l'univers comme somme de toutes les choses est représenté par une série de sphères au centre desquelles se trouve la Terre entourée d'eau, selon la tradition aristotélicienne. On observe aussi un parallèle entre la structure chromatique des chœurs et celle du cosmos. Cette image montre l'organisation du pouvoir divin, et insiste sur son ordonnancement rigoureux. Elle met en avant les principes d'ordre et de cohésion au sein de l'univers chrétien, servant à l'expression de l'autorité divine en dehors de toute temporalité.