Un projet du Programme de Recherches La Bible en ses traditions AISBL
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1 VDISCOURS DE JÉSUS FILS DE SIRAC
Je te rendrai grâces, Seigneur Roi
et je te louerai, Dieu mon sauveur
Gje rendrai grâces à ton nom
1 ...
2 car tu as été pour moi protecteur et secours.
Tu as délivré mon corps de la perdition
du piège de la calomnie de la langue
et des lèvres des fauteurs de mensonge.
Et face à ceux qui étaient présents
tu m'as été un secours, et tu m'as délivré
2 je rends grâces à ton nom
car tu as été pour moi un secours et un protecteur.
2 ...
3 vous avez été mon soutien et vous m’avez délivré, selon la grandeur de votre miséricorde et de votre nom, de ceux qui grinçaient des dents, prêts à me dévorer ; de la main de ceux qui en voulaient à ma vie, de toutes les tribulations dont j’étais assiégé ;
4 de la suffocation du feu qui m’entourait, du milieu d’un feu que je n’avais pas allumé ;
5 de l’abîme profond du schéol, de la langue impure et de la parole mensongère adressée au roi, de la calomnie d’une langue injuste.
6 Mon âme s’approchait de la mort, et ma vie touchait au schéol en bas.
7 Ils m’entouraient de toutes parts, et il n’y avait personne pour me secourir ; je regardais après le secours des hommes, et il n’y en avait aucun.
8 Alors je me suis souvenu de votre miséricorde, Seigneur, et de vos œuvres dans les temps antiques ; je me suis souvenu que vous sauviez ceux qui espéraient en vous, et que vous les délivriez des mains des nations idolâtres.
9 Et, prosterné contre terre, j’ai fait monter ma prière, et je vous ai conjuré de me sauver de la mort.
10 J’invoquai le Seigneur, père de mon Seigneur, pour qu’il ne m’abandonnât point aux jours de ma détresse, au temps des orgueilleux, où il n’y avait pas de secours :
11 « Je louerai sans cesse votre nom, et je le chanterai dans ma reconnaissance. » Et ma prière a été exaucée,
12 car vous m’avez sauvé de la ruine, et vous m’avez délivré au temps du malheur. C’est pourquoi je vous célébrerai et je vous louerai, et je bénirai le nom du Seigneur.
13 Quand j’étais encore jeune, avant d’avoir erré, j’ai recherché ouvertement la sagesse dans ma prière.
14 Je l’ai demandé devant le temple, et je la rechercherai jusqu’à la fin.
15 En voyant sa fleur, comme à la vue de la grappe qui se colore, mon cœur se réjouissait en elle. Avec elle, mon pied a marché dans le droit chemin ; dès ma jeunesse, j’ai suivi sa trace.
16 Je lui ai prêté l’oreille un peu de temps et je l’ai recueillie, et j’ai trouvé pour moi une grande instruction.
17 Grâce à elle, j’ai retiré un grand profit : à celui qui m’a donné la sagesse je veux rendre gloire !
18 Car je me suis résolu à la mettre en pratique, je me suis appliqué au bien, et je ne serai pas confondu.
19 Pour elle mon âme a lutté, et j’ai apporté un grand soin à mes actions. J’ai levé mes mains en haut, et j’ai déploré de l’avoir ignorée.
20 Vers elle j’ai dirigé mon âme, et, dans la pureté de la vie, je l’ai trouvée. Avec elle, dès le commencement, j’ai acquis l’intelligence ; c’est pourquoi je ne serai jamais abandonné.
21 Mes entrailles se sont émues à sa recherche ; aussi ai-je acquis un bien précieux.
22 Le Seigneur m’a donné en récompense le don de la parole, et j’en userai pour le louer.
23 Approchez-vous de moi, ignorants, et établissez votre demeure dans la maison de l’instruction,
24 puisque vous manquez de sagesse, et que vos âmes ont grandement soif.
25 J’ouvre ma bouche et je parle : Procurez-vous-la sans argent ;
26 pliez votre cou sous le joug, et que votre âme reçoive l’instruction ; il n’y a pas à aller loin pour la trouver.
27 Voyez de vos yeux que j’ai peu travaillé, et que j’ai trouvé un grand repos.
28 Prenez part à l’instruction à grand prix d’argent, et avec elle vous aurez acquis de l’or en abondance.
29 Que votre âme se réjouisse de la miséricorde du Seigneur, et ne rougissez pas de sa louange.
30 Accomplissez votre œuvre avant le temps, et, en son temps, il vous donnera la récompense.
6c ma vie était toute proche de l’enfer, en bas (V 9) Épreuves endurées par l’auteur comme allusion aux peines de l’enfer
6c ma vie était toute proche de l’enfer, en bas (V 9) Épreuves endurées par l’auteur comme allusion aux peines de l’enfer
12 (héb. a-o) Psaume authentique ? Quoi qu’il en soit de son origine incertaine (Critique textuelle), ce psaume, à la place que lui confère le manuscrit, pourrait constituer la louange que Ben Sira avait annoncée au v.12cd : il y a pleinement son sens, rejoignant la structure traditionnelle de l’action de grâces qui finit par l’action de grâces proprement dite. Genres littéraires Si 51,1–12-héb ; Genres littéraires Si 51,8–12-héb
1–12 Action de grâces au terme d'une terrible épreuve
Ben Sira rend grâces au Seigneur qui, d’une véritable descente aux enfers, l’a fait remonter à la vie. Une calomnie l’avait mis en péril (v.1-7 décrivent les dangers dont le Seigneur l’a délivré ; v.8-12 rendent grâces au Seigneur sauveur). Il montre que son enseignement de Si 2 est fondé sur sa propre expérience, autant que sur celle des aïeux, tels Josué (Si 46,5), Samuel (Si 46,16-18) et autres.
Les coupes observées dans les versions ne sont pas identiques.
La numérotation des versets en hébreu, grec et latin est différente. La version syriaque suit la numérotation du grec.
Particulièrement claire en hébreu, la structure littéraire reste ferme dans les versions aussi :
12 (héb. 12a-o) Psaume authentique ? Quoi qu’il en soit de son origine incertaine (Critique textuelle Si 51,12), ce psaume, à la place que lui confère le manuscrit, pourrait constituer la louange que Ben Sira avait annoncée au v.12cd : il y a pleinement son sens, rejoignant la structure traditionnelle de l’action de grâces qui finit par l’action de grâces proprement dite (Genres littéraires Si 51,1–12). Son attribution à Ben Sira est discutée. Sa facture et nombre de ses expressions sont empruntés aux Psaumes : Intertextualité biblique Si 51,12.
13–30 Confession et exhortation
En première partie, l'auteur raconte sa propre recherche de la sagesse. Son propos peut être scindé en deux sections :
Cette seconde partie invite les « gens sans instruction », ceux qui n’ont pas encore suivi cet itinéraire de sagesse, à suivre son exemple et son enseignement.
Considéré souvent comme un appendice, ce poème faisant l’éloge de la quête de la sagesse est bien dans la manière de Ben Sira.
L'auteur accumule ici des indices autobiographiques (Milieux de vie Si 51,13–30), exceptionnels dans la Bible.
1–12 Le texte héb. du ms.B est bien transmis, hormis quelques détails. Propositions de lecture Si 51,1–12
1ab Dieu de mon salut + mon Dieu, mon père — (héb. 50,28cd) Vocalisation ?
2b mon pied (héb.) Vocalisation ? raglî « mon pied » ou raglay « mes pieds ». Le texte consonantique permet les deux lectures. Probablement raglî (assonance avec la fin des deux versets précédents : ’ābî, napšî).
2cd (héb.) Glose Ms.B propose en fait trois stiques : « Tu m’as libéré de la calomnie du peuple, / du fouet de la calomnie de la langue / et de la lèvre des fauteurs de mensonge ». Les tristiques sont toujours problématiques chez Ben Sira. L’expression « de la calomnie du peuple », empruntée peut-être à Ez 36,3, est vraisemblablement une glose. Nous l'omettons dans la traduction.
3cd ma chute de la main (héb.) Conjecture Le texte non modifié (sl‘ wmyd) n’a pas de sens : « (ceux qui guettent) un rocher (sl‘) et de la main ». On propose de modifier en çl‘y myd.
4a […] (héb. 4b) Conjecture Un mot de quelques lettres manque dans le manuscrit, déchiré. Il pourrait s’agir du terme sabîb, « tout autour ». Cf. G, V et S, et Lm 2,3.
4b de la brûlure d'un feu (héb. 5a) Conjecture ms.B : mkbwt ’š, « de l’extinction d’un feu », sens qui n’est accepté par personne : ce n’est pas de l’extinction d’un feu que Ben Sira demande d’être délivré mais du feu lui-même. Plutôt que mittôk ’ēš (« du milieu d’un feu ») ou que mibénôt ’ēš (sens analogue), on préférera la proposition mimmikwat ’ēš (mmkwt ’š « de la brûlure d’un feu »), expression attestée en Lv 13,24.
5a abîme (héb. 5b) Conjecture Ms.B préserve seulement la fin du mot : -wm. On propose les consonnes t et h en début du mot, ce qui donne tᵉhôm « abîme ».
5a […] (héb. 5b) Conjectures Le manuscrit, altéré, propose les trois premiers lettres d’un mot inachevé, l’m. Propositions :
6a auprès du roi, de la calomnie Conjecture ? Ainsi les mss. grecs : basilei diabolê (cf. V : a rege iniquo). Ziegler lit kai bolidos « et d'une flèche », conjecture d’après l’héb.
10c au temps où l’arrogance refuse tout secours Variante grecque G : en kairôᵢ huperêphaniôn/huperêphanôn aboêthêsias , litt. « à un moment d’arrogances (huperêphaniôn) de non-assistance » ou « à un moment de non-assistance des arrogants (huperêphanôn) ».
12 (héb. 12a-o) Plus héb. Ms.B insère ici un psaume de louange de quinze versets.
13–30 Présentation générale Du point de vue de la critique textuelle, ce poème final se présente différemment du reste du livre : aucun des manuscrits n’est totalement fiable.
La version grecque, le meilleur témoin, présente plusieurs difficultés : v.15a est difficile à interpréter ; v.26c ne donne qu’un stique ; v.28a semble contredire v.25b (cf. Grammaire Si 51,28a, où la contradiction est levée).
La Vulgate suit le grec. La plupart et les meilleurs manuscrits latins ne s’achèvent pas sur Si 51 mais sur Si 52,1-13, qui reprend la prière de Salomon de 1R 8,22-31 ; 2Ch 6,12-22. V-Si 52 n’est cependant pas le texte de ces deux passages en V mais retraduit le grec.
Les témoins de l’hébreu sont problématiques :
À partir de toutes les versions il est possible de reconstituer le texte héb. original, en respectant le caractère alphabétique du poème (Genres littéraires Si 51,13–30). Néanmoins, en plusieurs versets cette reconstitution demeure conjecturale. La première partie (v.13-17 : Propositions de lecture Si 51,13–30) correspond à 11Q5 (11QPsa), en complétant le v.13b avec « (je l’ai demandée) et j’ai beaucoup prié » (Critique textuelle Si 51,13b).
La version syriaque est une traduction assez libre de l’héb. : elle ne suit pas le caractère alphabétique du poème, saute les v.14-15ab (Comparaison des versions Si 51,13–17) et modifie des pronoms.
13b je l’ai demandée (héb.) Conjecture Le stique est manifestement trop court. Proposition de lire « je l’ai demandée et j’ai beaucoup prié ».
15a De sa fleur, comme d’une grappe de raisins qui mûrit Distique difficilement compréhensible.
17a elle ne cessait de croître : 11Q5 | ms.B : son joug était
17b À qui m’enseigne (héb.) Singulier ou pluriel ? 11Q5 : mlmdy ; l’absence de vocalisation permet de comprendre un singulier (visant Dieu lui-même) ou un pluriel (« à ceux qui m’enseignent »).
17b sa gloire (héb.) Le possessif écrit avec un yod 11Q5 : hwdy ; lire hôdô (« sa gloire ») et non hôdî (« ma gloire »). 11Q5 écrit le yod le plus souvent comme un waw. Ce phénomène apparaît bien plus dans ce ms. que dans les autres mss. hébreux de Ben Sira.
18–22 (héb. reconstitution)
18a prendre plaisir (héb.) Interprétation de la racine 11Q5 : w’śḥqh ou w’šḥqh.
19c persévérais/purifiai (héb.) Conjectures 11Q5 : ṭrty ; hypothèses en présence :
19d en ses hauteurs (héb.) Lacune et hypothèses 11Q5 : brwmyh.
19d et j’ai remarqué (G) Conjecture ? G : epenoêsa ; la conjecture epenthêsa « j’ai déploré » se trouve dans le Codex Venetus (8e s.) et ms. 248 (cf. V : conluctata est).
20b ses secrets (héb.) Lecture ? Dans 11Q5 ne sont lisibles que les lettres ‘rmyh, le ‘ et le h étant en plus hypothétiques. Peut-être peut-on supposer ma‘ărūmméhā (« ses secrets ») ? (Cf. ‘ārôm « nu », ‘ārûm « rusé », « subtil ».)
23–30 (héb. reconstitution)
24a Pourquoi en manquez-vous encore (G) Variante grecque G : ti eti hustereite en toutois. Leçon préférable à ti hoti hustereisthai legete en toutois « pourquoi dites-vous que vous en manquez ? » (cf. V : quid adhuc retardatis et quid dicitis in his « Pourquoi tardez-vous encore et qu’en dites-vous » ; confusion entre dicitis et degitis).
26c C’est tout près qu’on peut la trouver (G V) Lacune ? Verset d’un seul stique ; l’original devait en comprendre deux.
28a Écoutez (S) Variante syriaque Codex ambrosien : « Écoute ».
29a conversion (S) Vorlage héb. ? Ms.B a traduit par yšybty. Le mot yᵉšîbâ étant un terme rabbinique, l’original hébreu devait comporter un autre mot, peut-être tᵉšûbâ, en suivant S : tybwt’ ? Mais le poème ne signale pas de faute dont Ben Sira aurait à se repentir. Supposer yᵉšû‘â « salut », plus proche de la « miséricorde » de G et V : « mon salut » ou « son salut » (c.-à-d. le salut de Dieu) ?
30a à contretemps (S) Vorlage héb. ? S : dl’ b‘dnh, litt. « qui n’est pas en son temps ». Comment comprendre ? Ms.B a traduit bçdqh (biçᵉdāqâ) « dans la justice ». Il est le seul à ne pas mentionner l’idée du temps dans ce stique, par ailleurs parfaitement compréhensible sans changement. Faut-il s’aligner sur les versions ?
30b Béni soit Dieu pour toujours et loué soit son nom de génération en génération (S-30cd) Supplément ? Ce v. n’appartient ni au poème alphabétique ni davantage à la souscription (cf. ms.B : Critique textuelle Si 51,30c).
30c Sagesse de Jésus fils de Sira Ajouts héb. La souscription héb. est ainsi développée :
2a Très-Haut (S) Propre à S Cf. S-10a « mon père d’en haut ».
2b fosse (héb. 2a) Ou : « destruction » Le terme šaḥat a les deux sens. À Qumrân le terme šaḥat est associé à la corruption.
2d fauteurs de mensonge (héb.) ms.B : śṭy kzb. L’expression śāṭé kāzāb « fauteurs de mensonge » est un hapax dans la Bible hébraïque (Ps 40,5). Cf. héb. 5c : « plâtriers de mensonge ».
3b perdition (S) Polysémie S : ’bdn’ (racine « perdre »), également un autre nom du Shéol.
9b la délivrance Sens exceptionnel G : ruseôs ; hapax dans toute la langue grecque (sauf une occurrence dans une inscription trouvée sur l’île de Kos) au sens de « délivrance » (du verbe ruomai « délivrer »). Le sens habituel du substantif rusis est « écoulement ».
10c refuse tout secours Terme rare G : aboêthêsias « manque de secours », deux occurrences dans la langue grecque : ici et chez → Fr. Lam. 4,3 (PL 93,752).
12 louanges (héb. 12b) Terme rare ms.B : htšbḥwt. Le terme tišbaḥôt n’est pas biblique, mais se trouve à Qumrân (→1QM 4,8) et dans le Rituel de prières (avant la récitation du Šᵉma‘ le matin).
13a m’égarer (héb.) Moralement 11Q5 : t‘yty ; le verbe tā‘â signifie l’errance morale et non pas spatiale. Ni dans ce poème ni ailleurs dans le livre l’auteur n’a signalé une telle errance morale. Malgré les voyages qu’il signale, les siens (Si 34,12) ou ceux du scribe en général (Si 39,4), il semble quand même préférable de ne pas opter pour une errance spatiale.
13a mes errances (G) Moralement et spatialement G : planêthênai me. En s’inspirant probablement des voyages de Ben Sira, G emploie le verbe planaômai, qui évoque à la fois la pérégrination spatiale et l’errance morale. Ceci élargit l’idée : il conçoit les voyages comme des expériences morales (cf. Si 39,4).
19d pour les siècles des siècles (S-20d) Expression figée
20c commencement Ou « principe » pour G : archês et S : ršyt’.
5b.6a lèvres méchantes + langue trompeuse — (héb. 5cd) Génitifs de qualité Litt. « lèvres de méchanceté » et « langue de tromperie » (états construits).
8cd : Il (héb.) w explicatif ms.B : wyg’lm, rendu par nos deux points ( : ).
10ab J’ai supplié + de ne pas m’abandonner — (G) Construction classique G : epekalesamên... mê me egkatalipein ; le verbe epikaleomai + un infinitif a le sens de « supplier… de... » dans toute la littérature grecque classique, biblique (koinè) et patristique ; cf. 2M 3,15. L’infinitif qui suit n’est donc pas à comprendre comme un ordre (« ne m’abandonne pas »).
11c fut entendue (G V) Passif théologique Cf. ms.B et S : « YYY/le Seigneur entendit ».
12 car (héb. 12a-n) Explication ou exclamation ? Selon l’interprétation donnée à la conjonction kî,
12 gloire à tous ses fidèles (héb. 12o) Apposition ou objet direct ? ms.B : thlh lkl ḥsydyw. Autre traduction possible : « la gloire de tous ses fidèles », comme 2e complément du verbe « il élève » (et non comme apposition du substantif « corne »). Intertextualité biblique Si 51,12 (héb. 12o)
21b ai-je acquis une bonne acquisition Accusatif d'objet interne G : ektêsamên agathon ktêma (cf. V : possidebo bonam possessionem), rendant l’héb. (ms.B : qnytyh qnyn ṭwb) à la suite de S (qnyth qnyn’ ṭb’), pour insister.
23b maison de l’instruction Sémitisme G : oikôᵢ paideias a respecté la construction périphrastique de l’hébreu (bét midraš ou, plus sûrement, bét mûsar : Vocabulaire Si 51,23b.
28a elle vaut beaucoup d’argent L'argent : moyen ou valeur ? G : en pollôᵢ arithmôᵢ arguriou. On peut comprendre :
30a Accomplissez votre œuvre Accusatif d’objet interne G : ergazesthe to ergon humôn ; V : operamini opus vestrum, litt. « œuvrez votre œuvre » ; comme en ms.B : m‘śykm ‘św ; S : ‘bdw ‘bdkwn.
1s.6 (héb.) Inclusions qui soulignent le péril mortel encouru : « ma vie » (héb. 1a.6b), « mon âme » (héb. 1b.6a), « la mort » (héb. 1b.6a »), « shéol » (héb. 2b.6b).
1ab (héb. 50,28cd) Parallélisme ? Lire « Mon Dieu, mon salut… mon Dieu, mon père » ou « Dieu de mon salut… Dieu de mon père » (Critique textuelle Si 51,1ab) soulignerait un parallélisme de structure entre les deux stiques. Néanmoins,
1ac Je te rendrai grâces + Je rends grâces — Anaphore G : exomologêsomai... exomologoumai, caractéristique du rythme oratoire et de l’amplification propres à une prière d’action de grâces.
2–5 (G) Anaphore G : ek / apo, caractéristique du rythme oratoire.
2a .2f Chiasme G : boêthos egenou… egenou boêthos.
2b.12a destruction (G) Inclusion.
2cd.5b–6a de la calomnie de la langue + de mensonge + de mensonge + de la calomnie d’une langue — (G) Échos en chiasme v.2cd : diabolês glôssês… pseudos ; v.5b-6a : pseudous… diabolê glôssês. Critique textuelle Si 51,6a
2e présents (G) Nuance adversative ? Peut-être avec une nuance d’opposition, comme en héb.
3a tu m’as libéré Soulignement du verbe « libérer » par accumulation des compléments d'objet Le verbe commande les neuf stiques qui suivent : immense fut la libération !
4b qui ne fut pas allumé (héb. 5a) Désignation métonymique du résultat par le processus ? Litt. « qui ne fut pas soufflé » (lᵉ’én pūḥâ) ; cf. Jb 20,26 ; Sg 17,6 ; →Sem. 47b. On souffle sur un feu pour le faire démarrer. L’expression signifie « un feu qui ne fut pas allumé » par l’homme, un feu immaîtrisable, terrible, peut-être la foudre. Intertextualité biblique Si 51,4b ; Tradition juive Si 51,4b
6bc Mon âme + ma vie — Chiasme.
10c de catastrophe et de cataclysme (héb. 10d) Allitération ms.B : šw’h wmšw’h (šô’â ûmᵉšō’â). Intertextualité biblique Si 51,10c
12 corne (héb. 12h, o) Métaphore de la vigueur. Intertextualité biblique Si 51,12 (héb. 12h, o)
12 car pour toujours est son amour (héb. 12a-n) Refrain Répétition de kî caractéristique du style hymnique.
12 (héb. 12c-i et m) Parallélisme étendu Construction parallèle dans 8 versets : préposition l- + une participe (celui qui garde, qui façonne, qui rachète, qui rassemble, qui bâtit, qui fait pousser, qui choisit [2x]).
14a sanctuaire (G) Thème du Temple
La version grecque du v.14a situe la prière de Ben Sira face au Temple (naos). Dans le livre de Ben Sira, ce serait la seule mention du Temple ou sanctuaire où aurait prié Ben Sira.
Le Temple est encore mentionné :
16a j’ai accueilli (G) Élision Pas de complément : probablement la sagesse, ou l'instruction mentionnée au 2e stique. L’absence de complément, que l’on rencontre dans d’autres textes bibliques, élargit le sens du verbe : « j’ai été enrichi ». Comparaison des versions Si 51,16a
20c l’intelligence (G V) Échos de l'anthropologie sémitique G : kardian et V : cor, litt. « le cœur ». En héb., le cœur (lēb) est le siège de la sagesse, du discernement, de l’intelligence. « Acquérir le cœur », c’est acquérir l’intelligence (de la sagesse). Ce sémitisme et cette anthropologie sémitique se retrouvent dans la version syriaque mais aussi dans les versions non sémitiques, grecque et latine.
20c le commencement Ambiguïté : le commencement de qui ou de quoi ? L'absence d'un possessif (« le commencement ») laisse ouvertes deux lectures. Il acquit la sagesse :
23 gens sans instruction + de l’instruction — Figure de dérivation G : apaideutoi... paideias : répétition de la même racine (seulement en G).
27 peu peiné + bien du repos — Antithèse entre les deux stiques. Comparaison des versions Si 51,27b
30 Verset de clôture : composition savante Le verset précédent (Tav = v.29) clôt le poème alphabétique de 22 lettres (Critique textuelle Si 51,13–30).
30a avant le temps fixé G : pro kairou ; V : ante tempus.
L’expression est obscure. Faut-il comprendre « pour le temps fixé » ? ; ou que « le temps fixé » dont il s’agit soit celui de la mort ? (cf. Si 11,28 pro teleutês). Critique textuelle Si 51,30a
entre les deux stiques : « avant le temps fixé... en son temps ».
1–12 (heb.) Action de grâces individuelle — inversée En commençant par l’action de grâces adressée à Dieu proprement dite, la structure normale de ce genre littéraire (connue surtout par Ps 116 ; 118 ; Is 38,10-20) est inversée. Généralement elle se présente ainsi :
Ben Sira en bouleverse le cadre énonciatif et l'ordre :
L’auteur s’adresse d'emblée au Seigneur pour le remercier de l'avoir libéré.
Ben Sira ne s’adresse pas au Seigneur mais plutôt à des tiers, quitte à citer sa prière dans la détresse. En inversant les sections « tu » et « il » (Propositions de lecture Si 51,1–12), Ben Sira opère un choix : non plus une liturgie, mais une action de grâces privée.
Le Ps de louange qui suit, quelle que soit l’hypothèse rédactionnelle retenue, rejoint la 2e partie de la structure traditionnelle (cf. Ps 118,29).
13–30 Poème alphabétique Le livre se conclut, comme le livre des Proverbes, par un poème alphabétique, c'est-à-dire un poème dont la première lettre de chaque verset (ou strophe selon le cas) suit l’ordre de l’alphabet. Ce procédé poétique est considéré comme recherché. On trouve d’autres poèmes alphabétiques en Ps 9-10 ; 25 ; 34 ; 37 ; 111-112 ; 119 ; 145 ; Pr 31,10-31 ; Lm 1-4 ; Na 1,2-8. Ici,
Le caractère alphabétique du poème avait déjà été détecté sur la base de G et S, avant la découverte des mss. hébreux du Caire et de Qumrân.
12 Çadoq (héb. 12i) Prosopographie Le prêtre désigné par Salomon après la destitution d’Ébyatar (1R 2,27-35).
1–12 Anthropologie Les mentions « ma vie », « mon âme », « ma chair », « mon pied » n’impliquent pas une anthropologie dualiste. C’est la personne même de Ben Sira qui est sauvée de la mort, comme l’atteste le pronom personnel 1e pers. sg. (les expressions « tu m’as libéré », « tu m’as protégé », « tu m’as sauvé »). Au v.6 « mon âme » et « ma vie » sont parallèles.
13–30 Traits autobiographiques exceptionnels La pointe du poème est une invitation à se mettre à l’école du maître, ce qui n'est pas sans parallèles : Intertextualité biblique Si 51,23–28. Il est remarquable ici que pour justifier cette invitation, les deux premières strophes soient une auto-présentation de celui qui parle. Ben Sira parle souvent de lui-même dans son livre :
Aucun sage de la Bible avant lui n’avait agi de la sorte.
1a Roi : G V S | héb. : Ø
1ab rendre grâces et louer : G V S | héb. : louer et rendre grâces L’ordre des deux premiers stiques est renversé.
2a G V | héb. G et V sont plus courtes que l’héb. :
2b destruction : G V S | héb. : fosse La polysémie du terme hébreu šaḥat (Vocabulaire Si 51,2b) est supprimée dans G : apôleias ; V : perditione ; S : ḥbl’ « destruction ».
2e–3b Et face à ceux qui étaient .... et de ton nom — G V | héb. G (v.2e-3b) et V (v.3d-4a) étendent sur trois stiques le distique de l’héb. (v.3ab) et ajoutent « de ton nom ».
3e nombreuses : G | V : des portes Plutôt que pleionôn (« nombreuses »), V a dû lire pulônôn (« des portes » de l’adversité ; gén. pl. de pulôn « porte », « portail »).
4b je n’ai pas brûlé : G | V : je n’ai pas été consumé | héb. : qui ne fut pas allumé Alors que G et V soulignent la façon dont l’énonciateur a surmonté le mal qui l’affligeait, l'héb. souligne le caractère terrible et immaîtrisable du feu.
6b s’approcha : G héb. | V : loua | S : arriva
7 G V heb. | S : Simplification G, V et l'héb. mentionnent dans chaque stique l’absence de secours, tandis que S ne le fait qu’au v.7b.
8–12 Cadre énonciatif À partir du v.8, l'héb. et S désignent le Seigneur à la 3e pers. du sg., tandis que G et V, conservant le système d’énonciation précédent, continuent de lui adresser le discours à la 2e pers., sauf aux v.10a et v.12d.
9a ma supplication : G | V : ma demeure En raison de iotacisme, le latin a compris « J’exalterai sur terre ma demeure » (le grec oiketia pour iketeia).
10 Cadre énonciatif
11b chanterai : G | V : le glorifierai | héb. S : me souviendrai de toi
11c G V | héb. S (11cd) — Versification G et V réduisent à un stique le distique de l'héb. et de S, en retenant le mot du début du premier stique et celui de la fin du second.
13–17 Abrègement dans ms.B et S La 1e partie de la confession (Propositions de lecture Si 51,13–30) est réduite d’un tiers dans ms.B et S :
13b la sagesse dans ma prière : G V | héb. S : Ø — Explicitations dans G et V
14a Elle est venue (héb.) Particularité héb. C’est la seule version à mentionner la venue de la sagesse.
15c mon Seigneur (S-15a) Ou « Seigneur » La mention de Dieu au vocatif dans S est absente de G, V et 11Q5. Elle est toutefois reprise par le ms.B (’dny).
16a j’ai accueilli : G | V : je l'ai accueillie V : excepi illam supplée le complément : illam = sapientiam « la sagesse ». Procédés littéraires Si 51,16a
18a mettre en pratique : G V | S : faire le bien | héb. : prendre plaisir G et V insistent sur la mise en pratique, aussi bien de la sagesse (v.17b) que de la Loi (v.19b).
19ss (S-20-21) Allusion à Dieu S parle de « lui » et « le », c’est-à-dire de Dieu. Le phénomène est-il lié à l’introduction de « mon Seigneur » au v.15 ? S est la seule à le faire, et ms.B ne l’a pas suivie.
19cd G V | héb. Le caractère alphabétique du poème en 11Q5 indique que G et V ont interverti les deux stiques.
20d ne serai-je pas abandonné : G V | S : je ne l’abandonnerai pas G et V soulignent l’idée de la récompense des efforts, alors que S prolonge le développement autour de l’idée de persévérance depuis le début jusqu’à la fin.
22a m'a donné pour salaire une langue : G V | S : a donné à ma langue une récompense Dans G et V la langue est le salaire ; en S la langue a une récompense.
25b la sagesse : S | G V : Ø Curieusement G et V ne précisent pas l’objet de l’acquisition, mais ils ont déjà mentionné la sagesse avant (v.13b.17b et V-22b). Comparaison des versions Si 51,13b
27b bien du repos : G V | S : beaucoup d'elle
30c Sira Orthographe du nom propre En héb. et S, le nom de Sira s’achève par la gutturale aleph (Sîra’). G l’a translittérée par la consonne khi (Sirach), et V lui a emboîté le pas (Sirach).
1–12 Scenario du juste en détresse Bien des citations ou des références à l’Écriture renvoient à des situations de détresse critique et exemplaire : Job, le psalmiste en péril (Ps 25 et autres psaumes de détresse), Jérémie persécuté, Jonas dans le ventre du grand poisson, Sophonie devant le Jour de YHWH, etc. Références en marge
4–5a feu + enfer — (V-6-7a) Le feu de l'enfer Le NT présente le lieu destiné aux personnes coupables d’injustice comme la géhenne « dans le feu qui ne s’éteint pas » (Mc 9,43) où « seront les pleurs et les grincements de dents » (Mt 13,42 ; cf. Mt 25,30.41). L’Apocalypse représente de façon expressive dans un « étang de feu » ceux qui se soustraient au livre de la vie, allant ainsi à la rencontre de la « seconde mort » (Ap 20,13-14). Tradition chrétienne Si 51,6c ; Arts visuels Si 51,3–6
4b qui ne fut pas allumé (héb. 5a) Motif du feu inextinguible Le sens de l’expression (Procédés littéraires Si 51,4b) — non sa référence — rejoint celui d’expressions plus usuelles dans la Bible :
5a ventre de l’Hadès Allusion à Jonas ? Cf. M-Jon 2,3 mibbeṭen šᵉ’ôl « du ventre du shéol ».
8d Il les rédime (héb.) La racine g’l ms.B : wyg’lm ; pour le Dieu-gō’ēl, voir Jb 19,25 ; pour le gō’ēl, Nb 35,12-27.
10a Mon père, c’est toi (héb.) Expression davidique Dans Ps 89,27 déjà, Dieu place l’expression sur les lèvres du jeune David. La royauté faisait de lui le fils du Seigneur à un titre particulier (2S 7,14 ; Ps 2,7). L’invocation au Dieu-Père d’un simple individu au v.10 marque une évolution spirituelle. Le passage souligne l’intimité de la relation entre Dieu et l’orant : Références en marge Si 51,10a ; Critique textuelle Si 51,1ab ; Théologie Si 51,1b.10a.
10c au jour de catastrophe et de cataclysme (héb. 10d) Citation ms.B : bywm šw’h wmšw’h ; cf. M-So 1,15 yôm šô’â ûmᵉšō’â ; M-Jb 30,3 ; 38,27 šô’â ûmᵉšō’â. Procédés littéraires Si 51,10c
12 Rendez grâce à YYY car il est bon (héb. 12a) Citation Ce premier verset est une citation littérale de l’ouverture des Ps 106-107 ; 118 ; 136.
12 (héb. 12a-o) Centon des Ps 132 et Ps 136
12 (héb. 12a-n) Titulature Pratiquement tous les titres de Dieu dans ce poème sont une expression biblique ou ont un ancrage biblique : Références en marge.
12 qui rassemble les dispersés d’Israël + qui bâtit sa ville et son temple — (héb. 12f-g) : Citation ? Dans Ps 147,2 Dieu bâtit Jérusalem et rassemble les dispersés d’Israël.
12 corne (héb. 12h, o) Symbole de vigueur (Procédés littéraires Si 51,12 [héb. 12h, o]) Ben Sira invite à louer Celui qui « fait pousser » ou « élève » la corne, c’est-à-dire la vigueur, qu'elle soit celle de la maison de David (héb. 12h) ou du peuple (héb. 12o). Dieu en assure la pérennité. Au temps passé, il a fait pousser la corne de David en lui assurant une lignée, mais même au temps de Ben Sira où le trône a échappé à la lignée davidique, Dieu est celui qui par principe vivifie cette « vigueur ». L’expression « celui qui fait pousser la corne de la maison de David » (héb. 12h) est directement inspirée du Ps 132,17 « là je ferai pousser la corne de David » (cf. Ez 29,21). Cf. « faire lever (rûm) la corne » dans 1S 2,10 ; Ps 148,14.
12 rocher d’Isaac (héb. 12k) Innovation à partir d'un motif connu Le titre « rocher d’Isaac » n’est pas biblique mais le titre divin de Rocher est bien usité : Dt 32,4.15.18.30-31 ; Ps 18,3 ; Is 30,29 ; etc.
12 (héb. 12o) Citation littérale de Ps 148,14. Grammaire Si 51,12 (héb. 12o)
12 roi des rois des rois (héb. 12n) Titre divin Dans la Bible, Dieu est « roi » (Si 50,15 ; Ps 98,6 ; 145,1), « roi de gloire » (Ps 24,7-10) et « grand roi » (Ps 47,3). Selon Dt 10,17, Dieu est « le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs » (’ĕlōhé hā’ĕlōhîm wa’ădoné hā’ădōnîm). Nabuchodonosor II est déclaré « roi des rois » (Ez 26,7). Tradition juive Si 51,12 (héb. 12n)
13b dans ma prière Topos biblique de la prière pour obtenir la sagesse, p. ex. le jeune Salomon (1R 3,9 ; Sg 8,21).
17a Un progrès m’est advenu Croissance de la sagesse Si 24,13-14.
18a prendre plaisir avec elle (héb.) Écho de Pr ? Selon Pr 8,30-31, la Sagesse jouait (même verbe śḥq), se plaisait avec Dieu comme avec les hommes.
23–28 Invitations de/à la Sagesse Deux poèmes peuvent être rapprochés de celui-ci : Pr 8,4-36 et surtout Si 24,3-22 font parler la Sagesse qui, pour inviter ses auditeurs à se mettre à son écoute, se présente elle-même.
26a joug
Alors que l’AT (surtout les prophètes) présente le plus souvent le joug comme un signe négatif d’asservissement dont le Seigneur délivre (Is 10,27 ; 58,6 ; Jr 27,2 ; 28,14 ; 30,8 ; Os 10,11 ; Na 1,13), Ben Sira présente le joug de la sagesse du Seigneur comme positif (cf. Si 6,30 ; déjà So 3,9 « servir sous un même joug »).
En Mt 11,29 (« Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école »), Jésus se présente en maître de sagesse. En Ac 15,10, le joug de la Loi (expression rabbinique) est présenté comme trop lourd.
1bc mon Dieu, mon père. Je veux raconter ton nom (héb. 50,28d-51,1a) Prière du patriarche Joseph
10c jour de catastrophe et de cataclysme (héb. 10d) À Qumrân
12 fils de Çadoq (héb. i) À Qumrân Expression proche d’expressions qumrâniennes, ce qui, selon certains, conforterait l’hypothèse d’une origine qumrânienne de cette pièce. Les « fils de Çadoq » apparaissent en →CD-A 3,21-4,3, citant Ézéchiel.
13–30 et 11Q5 : Une composition énigmatique On s’interroge sur la fonction que pouvait remplir le florilège d’extraits de psaumes et de ce poème alphabétique découvert à Qumrân.
1–8 Lectionnaire sanctoral romain : victoire du martyr
12–20 Lectionnaire quotidien romain : la joie dans la sagesse
13–19a.20.27 Lectionnaire sanctoral romain
4b un feu qui ne fut pas allumé (héb. 5a) La géhenne Le traité Semaḥot, consacré à la mort et aux funérailles, raconte l’histoire d’un rabbin condamné à mort par le feu. Celui-ci, se basant sur Jb 20,26 (reprise ici en Si), dit préférer être consumé par un feu allumé (par l’homme) plutôt que par un feu non allumé, c'est-à-dire celui de la géhenne :
12 (héb. 12a-o) Les Dix-huit bénédictions Le psaume héb. est proche du rituel juif, en particulier de la prière des Dix-huit bénédictions (Šᵉmōnê ‘eśré) ou ‘ămîdâ, dont la mise en forme remonterait, selon le Talmud de Babylone (→b. Meg. 17b ; →b. Ber. 28b), à la fin du 1er s. (à la demande de Gamaliel). Les finales (eulogies) des bénédictions sont proches de plusieurs versets du psaume, sans que l’on puisse déterminer l’origine de cette proximité. Ainsi :
12 gardien d’Israël + créateur de tout — (héb. 12c-d) La liturgie du Šema‘
12 roi des rois des rois (héb. 12n) Superlatif sémitique Le titre divin « roi des rois des rois » n’est pas biblique (Intertextualité biblique Si 51,12 [héb. 12n]) mais se retrouve dans →m. ’Abot 3,1 ; 4,22 et dans la liturgie juive (office de Mussaf pour la fête de Rosh Hashana). La formule doublée ou triplée est une forme de superlatif sémitique.
13–30 Deux œuvres appelées l’Alphabet de Ben Sira La première œuvre appelée Alphabet de Ben Sira est un opuscule qui se compose d’une liste de 22 sentences en araméen, rangées selon l’ordre alphabétique et agrémentées d’un commentaire en hébreu. Listes de sentences (au plus tôt fin de la période des amoraïm ou même la période des gaonim) et commentaire (11e s. ?) ne relèvent pas de la même composition. Il ne semble pas que l’origine de l’opuscule soit liée au poème alphabétique qui clôt le livre de Ben Sira. Il n’est même pas certain que les auteurs de ce pseudépigraphe aient lu l’œuvre de Ben Sira, même si l’on peut trouver une communauté d’esprit entre le livre et la liste. En revanche, cet Alphabet de Ben Sira atteste que la tradition juive attribuait à Ben Sira une série de sentences qui lui étaient plus ou moins étrangères, comme le montre également le Talmud de Babylone (→b. Sanh. 100b). Le commentateur de la liste alphabétique des sentences attribue à Ben Sira la paternité de cinq livres, dont la →Pesiq. Rab.
Le second Alphabet de Ben Sira (liste alphabétique de 22 sentences en hébreu et commentaire), postérieur au premier, rapporte une série de légendes relatives à Jésus Ben Sira, dont le récit de la naissance virginale, dans une sorte de parodie de la naissance d’un autre Jésus, de Nazareth.
26a Mettez votre cou sous le joug de la Tora
1–30 Le premier commentaire chrétien sur le livre de Ben Sira est le commentaire édifiant de , évêque de Mayence au 9e s. (→Comm. Eccl.).
3c de ceux qui rugissent prêts à dévorer (V-4b) Topos V : a rugientibus praeparatis (/paratis) ad escam ; expression reprise fréquemment pour évoquer les menaces, avec ou sans l’idée de délivrance.
3e–4a et des portes de la tribulation qui m’ont entouré de la suffocation d’un feu qui m’a entouré (V 5b-6a) Citation
6c ma vie était toute proche de l’enfer, en bas (V-9) Épreuves endurées par l’auteur comme allusion aux peines de l’enfer
7b Je cherchais du regard mon secours et il n’y en avait pas (V 10b) Citations
8c car tu délivreras ceux qui t’espèrent (V-12a) Citation
10a le Seigneur, père de mon seigneur Polémique christologique Guillaume de Bourges, un juif converti au christianisme, dans un ouvrage daté d’environ 1235, mène une polémique anti-juive en prenant à témoin les Écritures, dont deux versets de Ben Sira (en latin), compris dans une lumière christologique :
17b En me procurant la sagesse je rendrai gloire (V-23) Citations
22 La Pentecôte
23b la maison de l’instruction Interprétation ecclésiologique
25 Interprétation intertextuelle : l'Eucharistie
26a Mettez votre cou sous le joug
27s Disproportion entre effort terrestre et récompense céleste
1b.10a mon Dieu, mon père + Mon père, c’est toi — (héb. 50,28d ; 51,10a) Innovation théologique : Dieu, Père des personnes individuelles ? Une lecture ’Ĕlōhay, ’ābî « mon Dieu, mon père » (ms.B : ’lhy ’by) dans héb. 50,28d (Critique textuelle Si 51,1ab) permet de voir ici l’idée de Dieu comme père non plus seulement du roi (cf. 2S 7,14) ni du peuple mais de la personne privée ; cf. héb. 51,10a « Et j’ai exalté YYY : Mon père, c’est toi » ; Si 4,10 (surtout héb.) ; Si 23,1.4. Intertextualité biblique Si 51,10a
3–6 Imagerie traditionnelle des peines dans l’au-delà Des expressions comme « ceux qui rugissent prêts à dévorer » (V-4b), « mains de ceux qui cherchent mon âme » (V-5a), « portes de la tribulation » (V-5b), « suffocation d’un feu tout autour » (V-6a) trouveront des échos dans la représentation traditionnelle de l’enfer. Intertextualité biblique Si 51,4–5a ; Tradition chrétienne Si 51,6c